Eugène Cornuel, né le à Wizernes et mort pour la France à Courcelles-le-Comte dans le département du Pas-de-Calais, le , est un poète, chroniqueur et professeur de lettres français du . Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.

Biographie

Jeunesse et formation Eugène Henri Augustin Cornuel, né le à Wizernes, est le fils de François Albert Cornuel (1839-1915), instituteur et d'Eugénie Joseph Delbarre (1842-1925). Il est le troisième fils d'une famille de quatre garçons. Son frère Paul Cornuel (1882-1915), professeur agrégé d'anglais au lycée Voltaire sera porté disparu le près de Souain.

Il commence sa scolarité à Wizernes où son père est instituteur et directeur de l'école publique. À neuf ans, il entre à l'internat du collège de Saint-Pol et y reste jusqu'au baccalauréat qu'il décroche brillamment. Il prépare le concours d'admission à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en classe de rhétorique supérieure au lycée de Lille et le réussit en 1894.

À sa sortie de l'École normale supérieure de Saint-Cloud en 1896, il est nommé professeur de lettres pour enseigner dans les Écoles normales primaires qui forment les instituteurs.

Homme de lettres et professeur engagé auprès des instituteurs de la République Il commence sa carrière de professeur à Bourges (1896-1897). À la rentrée des classes de 1897, il cède son poste à l'École normale de Bourges pour faire son service militaire au 8 régiment d'infanterie, d'où il sort avec le grade de caporal en .

Revenu à la vie civile, il enseigne à l'École normale de Beauvais (1898-1899), de Caen (1899-1900) et d'Auteuil avant d'être nommé surveillant général à l'École normale supérieure de Saint-Cloud en .

Attiré par les lettres, il participe en 1895 au concours de poésie des Rosati (Artois, Flandres, Picardie) et reçoit plusieurs prix. Il continuera toute sa vie à écrire des poèmes.

Dès 1901, il écrit des articles engagés sur l'enseignement, puis les critiques littéraires de la revue hebdomadaire de l'enseignement primaire, L'École nouvelle. Pastouriaux rapporte qu'il signe chaque semaine quelques lignes aux instituteurs, notamment « ses merveilleux Placide, si étonnants par la diversité des sujets traités, leur psychologie profonde, l'esprit libéral qui les animait ». Il signe pour L'École nouvelle des articles en son nom propre et du pseudonyme Léon Placide, étant ainsi « un des piliers » de la revue.

Sur l'initiative de M. Meunier, directeur de l'École primaire supérieure de Caen, il est vice-président du conseil d'administration de La Nomade, société de tourisme qui organise des voyages en France et à l'étranger. Pendant les vacances de Pâques 1903, il fait partie d'une « caravane » qui sillonne l'Algérie. Durant l'été 1904, il organise avec Meunier une nouvelle « caravane » et conduit un groupe de quarante personnes à travers la Suisse, l'Italie et l'Allemagne.

En 1905, il est nommé professeur de lettres à l'École Colbert à Paris et publie un livre sur la vie du général de La Fayette destiné à être remis comme prix aux élèves des écoles. Il épouse Joséphine Irma Rouest (1869-) le à la mairie du 3 arrondissement de Paris. La même année, il rédige avec Régis Jalliffier un manuel scolaire d'histoire pour les élèves des écoles normales.

En 1909, il est professeur de lettres à l'école Turgot à Paris et donne des conférences publiques dans le cadre de l'Université populaire, comme celle de Bourges le sur le thème de La Neutralité scolaire. À la sortie de cette conférence, sur le chemin du retour vers L'École normale de Bourges, deux élèves instituteurs se font tirer dessus au revolver et sont blessés. Les journaux parlent d'un « attentat contre les normaliens ». La prestation d'Eugène Cornuel est critiquée par le jeune Maurice Guérin, future personnalité politique qui assite à la conférence, et fait l'objet d'une réponse par voie de presse.

Mort pendant la Première Guerre mondiale À la mobilisation d', il est rappelé comme sergent au 16 régiment d'infanterie territoriale. Sa division va jusqu'en Belgique et bat en retraite fin aux bords de la Somme. Son ami Louis Pastouriaux rapporte que « trois semaines après, il était grièvement blessé , entre Albert et Bapaume. Les Allemands le recueillirent sur le champ de bataille. Mais ils le gardèrent — pour quelles raisons ? — dans une ambulance voisine des premières lignes, à Courcelles-le-Comte. C'est là qu'il mourut à une date inconnue ».

Sa dernière lettre à sa famille est datée du et son acte de décès, après jugement du tribunal de la Seine, indique qu'il est mort le .

Œuvres principales

Ouvrages Histoire populaire d'un homme de la Révolution. La vie et les aventures du général La Fayette, 1905 Histoire (deuxième année) : ouvrage rédigé conformément aux programmes officiels du 4 août 1905, avec Régis Jalliffier, 1907

Poésies

Articles

Distinctions , à titre posthume, arrêté du

, arrêté du

Hommages Le nom d'Eugène Cornuel est inscrit au Panthéon dans la liste des 560 écrivains morts pour la France. Son nom figure sur les plaques commémoratives 1914-1918 du lycée Turgot à Paris, de l'École normale supérieure à Lyon, sur le monument commémoratif du 3 octobre 1914 à Courcelles-le-Comte, sur les monuments aux morts de Wizernes et de la mairie de Saint-Cloud et l'Anneau de la Mémoire du Mémorial international de Notre-Dame-de-Lorette.

Bibliographie

Références

Liens externes

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