La famille de Damas (d'abord appelée Dalmace ou Dalmas) est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction chevaleresque, originaire du Forez et répandue en Bourgogne, Nivernais, et Bresse.

La famille est admise douze fois aux Honneurs de la Cour, mais les différentes branches ducales [duc à titre personnel et duc et pair] sont toutes éteintes. Elle se divise en deux grandes lignées dont les relations de parenté très probables n'ont pu être établies avec certitude : la lignée des Damas, barons de Cousan (ou Couzan), qui doit avoir pour origine Geoffroy II de Semur, et celle qui descend de Robert Damas, seigneur de Vandenesse et de Coulanges. Elle a donné trois branches : Marcilly, Antigny, et Cormaillon, dont le point de jonction reste également inconnu, et qui formèrent chacune plusieurs rameaux. Seule subsiste la lignée de Cormaillon, devenue Damas d'Anlezy dont la filiation prouvée remonte à 1315.

Origine Plusieurs généalogistes ont avancé sans preuves que la famille de Damas descendait des anciens sires de Beaujeu. La plupart des auteurs, d'accord avec le rapport officiel de Chérin, lui attribuent pour premier auteur connu Elziran ou Elzéar Damas qui était en 1063 seigneur de Cousan, en Forez..

Régis Valette mentionne une filiation noble prouvée remontant à 1315Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 71..

Arbre des branches de la famille de Damas D'après le tableau généalogique contenu dans le Grand Armorial de France (1935) : « La famille de Damas aurait donné Elziran Damas, vivant en 1063. Robert Damas, chevalier, se croisa en 1106, ses armes figurent à la Salle des Croisades du Palais de Versailles, sa descendance se serait divisée en deux branches représentées au XIIIe siècle l'une par Guy, l'autre par Jacques Damas, seigneur de Chanvigny »}Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome 3, pages 138 et 139. vignette|upright|Portrait de Marie-Rossoline d'Arcy de La Varenne épouse de Claude-Mathieu de Damas par Carmontelle.

Branches Ligne de Couzan (ou Cousan) (éteinte en 1423) L'origine de la maison de Damas, seigneurs de Cousan, a été discutée. Le général de Chazeille a rappelé dans le Bulletin de la Diana de 1990, , quatre études généalogiques, celles de Louis Lainé, de Marcel Canat de Chizy, du chanoine Maurice Chaune reprise par Édouard Parroy, et de Jean Richard. Selon Louis Lainé, cette branche a pour origine Dalmas, troisième fils de Guichard II de Beaujeu, qui a hérité de son père plusieurs terres que la maison de Beaujeu possédait en Forez, en Auvergne, dans le Charolais et le diocèse de Mâcon. Le principal fief était la seigneurie de Cousan, première baronnie du Forez. Son frère aîné, Humbert de Beaujeu a conservé certains droits sur le château de Cousan. Ce partage a été fait vers 1060. Édouard Perroy, reprenant les études du chanoine Chaume, donne pour fondateur de la maison de Damas de Couzan, Hugues Damas, fils cadet de Geoffroy II de Semur (1025 - 1090) et neveu de saint Hugues.

Comme le note les différents auteurs cités ci-dessus, les origines des Damas, seigneurs de Cousan, est difficile à établir car l'interprétation des premières chartes où ils sont cités sont imprécises quant à leur filiation. Hugues Damas ou Dalmace est cité comme seigneur de Cousan dans un plaid tenu en 1110 au château de Couzan trouvé dans les archives de l'abbaye de Savigny concernant les droits sur les églises de Randan et de Feurs. Certains témoins cités dans ces chartes portent le nom de Cousan sans que cela signifie qu'ils en soient les seigneurs comme le rapportent des généalogistes. Marcel Canat de Chizy fait des Damas seigneurs de Cousan les héritiers de Jeanne Liéras. Samuel Guichenon, dans son manuscrit sur l’Histoire de la Souverainété de Dombes fait d'Elziran Damas la souche des Damas de Cousan. Un Elziran Damas, ou Elzéar Damas, est le témoin d'une charte donnée par Almodis, comtesse de Rodez et de Nîmes, à l'abbaye de Cluny de 1066 et serait l'arrière-grand-père d'Hugues Dalmace (ou Damas) cité en 1110, seigneur du château de Couzan d'après Marcel Canat. La charte, reproduite par Claude Devic et Joseph Vaissète dans Histoire générale de Languedoc, montre qu'elle ne permet pas de justifier cette filiation. La seigneurie de Cousan a été l'objet d'affrontements entre les sires de Beaujeu et le comtes de Forez, en 1188-1192 et 1222. Le chanoine Chaume fait remonter les Damas à Damas de Centarben. Jean Richard admet qu'il y a deux familles de Damas, une issue des Centarben, seigneurs de Collange, avec Robert et Hugues Damas, et l'autre ayant été les Damas de Cousan issus des seigneurs de Semur. Les chartes semblent montrer que ces deux familles avaient des liens de parenté difficiles à préciser. Le général de Chizelle a présenté un arbre généalogique montrant comment les Damas de Cousan descendant de la famille de Semur est apparentée aux Damas de Collange descendant des Centarben. Le choix des Damas de Cousan issus des Semur est renforcé par le fait que Geoffroy II de Semur avait possédé le prieuré de Sail-sous-Couzan et qu'Hugues Damas avait des propriétés en Brionnais. La lignée n'est assurée qu'à partir de Hugues II (ou suivant les auteurs) Dalmace (Dalmas ou Damas).

Renaud II Damas, chevalier, seigneur de Cousan et Lugny, trouvé en 1263, qui épousa Beatrix de Montaigny. Elle s'est éteinte en 1423 avec Guy V de Damas, seigneur de Couzan, . Sa sœur, Alix de Damas, héritière de sa branche en 1424, porta par mariage en 1428 la terre de Couzan dans la maison de Levis, souche des Lévis-Couzan.

Ligne de Marcilly (éteinte en 1846) L'origine de cette branche remonte à Hugues de Damas qui, selon Samuel Guichenon, épousa en 1208 Jeanne de Bourgogne, dame de Marcilly, fille et unique héritière du vicomte Robert III de ChalonAnselme de Sainte Marie, Honoré Caille Du Fourny, Pol Louis Potier de Courcy, Histoire Généalogique Et Chronologique De La Maison Royale De France, tome VIII, 1733, page 318.Gilles Auloy, Essai de Synthèse — L'habitat médiéval fortifié en chalonnais (Saöne-et-Loire), dans Chastels et Maisons fortes - Actes des journées de castellologie de Bourgogne 1994-1998, CECAB, 2008, , ..

Selon Henri Jougla de Morenas, la filiation de cette ligne est prouvée depuis Guy Dalmas, chevalier, baron de Couzan, seigneur de Marcilly, vicomte de Chalon, trouvé en 1247, mort avant 1260 et marié à Dauphine de Lavieu. Elle s'éteignit en 1813, et en 1846 pour la branche de Damas-Crux. D'après Louis Lainé, la branche de Marcigny commence avec Robert Dalmas, fils puiné de Guy de Dalmas, sire de Cousan, marié à Dauphine de Lavieu (1215-1287), dame de Saint-Bonnet et Miribel en Forez, frère de Renaud II Dalmas, qui a reçu du partage des terres de sa maison, les terres de Marcilly, de Monestay en Bourbonnais, de Saint-Bonnet et de la majeure partie de la vicomté de Chalon. Il a donné une charte de franchise aux habitants de Marcilly en 1266.

Ligne ducale de Crux (éteinte en 1846) La branche de Damas-Crux, fut titrée duc-pair héréditaire de Damas-Crux, par lettres patentes de 1816.

En reprenant les généalogies données par Jean Richard et le général de Chizelle pour les premiers Damas, seigneurs de Cousan :

Ligne ducale d'Antigny (éteinte en 1908) Les auteurs ne sont d'accord sur la filiation de celle-ci qu'à partir du , date à laquelle Jean Damas, seigneur de Vanoise, épousa Jeanne de Nagu par contrat passé à Villefranche, en Beaujolais. Chaix d'Est-Ange précise à ce sujet : « On a longtemps cru que ce gentilhomme était fils d'un Philibert Damas, seigneur de la Basole, qui avait épousé Catherine de Chaugy et que ce Philibert Damas était le troisième fils de Robert Damas, seigneur de Marcilly, vicomte de Chalon, marié vers 1340 à Isabelle de Montagu, il est aujourd'hui démontré, grâce aux travaux de Chérin, du chevalier de Courcelles et de Lainé, que ce système de filiation est tout à fait erroné ».

Charles-César de Damas d'Antigny (1758-1829), lieutenant-général des armées du roi et pair de France en 1814, fut créé duc de Damas d'Antigny à titre personnel en 1825. Son frère Roger de Damas d'Antigny, second de Potemkine et conseiller de l'impératrice Catherine de Russie, et ministre-généralissime de la reine de Naples Marie-Caroline d'Autriche (sœur de la reine de France), avait épousé Pauline de Chastellux.

Ligne subsistante de Cormaillon L'origine des Damas de Cormaillon a été discutée par les généalogistes en interprétant les chartes des abbayes de Cluny, de Paray et de Savigny. Bien que les liens de parenté entre les Damas de Cousan et les Damas de Cormaillon soient certains, ils n'ont pas pu être précisés de manière certaine à cause des imprécisions sur les noms et les filiations. Pierre-Louis Lainé fait des deux branches de Damas des descendants de Geoffroy II de Beaujeu, Jean Richard, fait des Damas de Cousan les descendants de Geoffroy II de Semur. Les Damas de Cormaillon descendent des Damas de Morande.

Chérin fait remonter la filiation de cette ligne à Jacques Damas, chevalier, trouvé en 1296, qui était seigneur de Chanvigy dans la paroisse de Saint-Bonnet de Vieillevigne, en Charolais, dont il fournit un dénombrement le .

La lignée de Damas de Cormaillon fut maintenue noble le , et créée baron-pair en 1827. Elle est la seule lignée subsistante de la famille de Damas.

Personnalités vignette|upright|Diane de Damas d'Antigny, comtesse de Simiane. vignette|upright|Ange Hyacinthe Maxence de Damas. Guy IV de Damas, Seigneur de Cousan (né vers 1330, décédé vers 1407), grand échanson de France en 1385, grand maître de France en 1386, grand chambellan de France en 1401. En il organisa la défense de Bourges contre les troupes anglaises du prince noir Histoire de Bourges 17. La bataille de Bourges (1356) CROIX MOULT JOIE DE BOURGESJean Froissart : Chroniques de Froissart Tome 5 (1356-1360) Chapitre LXXVIII - Sommaire page III et page 3 §372. Jean de Damas-Cozan, abbé de Cluny (1383-1400). Jean de Damas (ap.1423-1481), seigneur de Digoine, Clessy et Saint-Amour, conseiller et chambellan de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Gouverneur et bailli du Mâconnais en 1446. le duc Charles le Téméraire le fit chevalier de la Toison d'or en 1468, il fut retranché de la liste des chevaliers en 1481P. Louis Lainé, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, 1836, page 141.. Jeanne de Damas, prieure en 1440 du Prieuré de la Sainte-Trinité de Marcigny-lès-Nonnains, fille de Robert de Damas, seigneur de Bœuvrai, Clessy, etc.et de Marie de DigoineHistoire de Marcigny dans monographie des communes du Charolais et du Brionnais, vol II, par le frère Maxime Dubois, 1904 Catherine Antoinette de Damas d'Anlezy, grand-mère d'Alexis de TocquevilleAlexis de Tocqueville : son ascendance, une très prestigieuse famille, consulté le 09/01/2014.. Elle fait bâtir l'actuel château de Tocqueville, prenant un soin particulier à l'édification de la bibliothèque dans une tour selon le modèle de la bibliothèque de Montaigne. Alexandrine de Damas d'Antigny, fille de Joseph-François de Damas d'Antigny, marquis d'Antigny, brigadier du régiment de Boulonnais, et mère de Talleyrand dont elle accélère la carrière en le faisant nommer abbé de Saint Denis de Reims, puis en l'envoyant étudier en Sorbonne. Alexandrine est une proche parente d'Émilie du Châtelet, par l'entremise de laquelle Talleyrand est présenté à Voltaire. Diane-Adélaide de Damas d'Antigny, comtesse de Simiane. où elle devient l'égérie de La FayetteLa Fayette et les femmes, consulté le 09/01/2014.. Elle hérite avec son frère Roger de sa tante Émilie du Châtelet le Château de Cirey, résidence de VoltaireVoltaire et Du Châtelet à Cirey: une découverte exceptionnelle, consulté le 09/01/2014., ainsi que de la très importante bibliothèque et manuscrits. Charles de Damas de Cormaillon, lieutenant général des armées de Christian V, roi de Danemark et de Norvège, gouverneur de Copenhague.