Pierre Pouble, né à Pau le et mort à Paris le , est un chirurgien exerçant à Ferney, connu tout d'abord pour être victime d'une maladie singulière ramollissant ses os, puis en raison d'une estampe qui interroge les spécialistes du au .

Biographie Pierre Pouble est né le à Pau de Jean Pouble, cordonnier, et Jeanne BordenaveActe de naissance, Archives des Pyrénées-Atlantiques, 1727-1732, vue 150 sur 176..

Il est chirurgien à Ferney. Il épouse Louise Callas en 1766 à Lancy. Elle a cinq enfants d'un premier mariage avec Jean Favette et le nouveau couple en aura neuf de plus. À la fin des années 1770 ou début 1780, il quitte Ferney pour Paris en espérant trouver « quelque soulagement à son état & à sa misere ».

Les derniers jours de la vie de Pouble font l'objet d'une importante couverture médiatique. Dans son numéro du , le Journal de Paris évoque les graves problèmes de santé et d'argent du chirurgien :

Suite à ce récit, plusieurs donateurs contactent le journal pour venir en aide financièrement à la famille Pouble. Pierre Pouble meurt le à son domicile situé rue des Deux-Portes, près de la rue de la Harpe à Paris. Son épouse décède deux mois plus tard à l'Hôtel-Dieu. Selon l'acte notarié de tutelle, le couple décède « dans la plus affreuse indigence » et laisse deux enfants mineurs, Pierre Pouble âgé de 15 ans et Pernette Pouble âgée de 11 ansRegistre des tutelles, Archives nationales, cote AN Y5087B, vue 573 sur 782, 29 novembre 1781 .Archives nationales, minutes du notaire Michel-Guillaume Giroust, cote MC/ET/LXX/545, 29 novembre 1781..

Une décennie plus tard, Camille Desmoulins fait référence à Pierre Pouble dans le numéro 23 des Révolutions de France et de Brabant du . :

Un siècle plus tard, l'Intermédiaire des chercheurs et curieux se demande à deux reprises en 1881 et 1888 qui est ce fameux « chirurgien de Voltaire », sans y apporter de réponse.

Cas médical

La veille du décès de Pierre Pouble, le médecin Charles-Jacques Saillant présente, lors d'une séance publique de la Faculté de médecine de Paris, son mémoire sur la maladie singulière de Pouble. Saillant détaille l'affection médicale qui touche ce patient depuis dix ans :

L'autopsie de Pierre Pouble est réalisée le , le lendemain du décès, en présence de Joseph Philipp, doyen de la faculté de médecine de Paris ; Jean-Augustin Coutavoz, Jean-Jacques Nollan et Saillant, docteurs-régents de la faculté de médecine de Paris ; Verdet, Dupuits, Soapp, chirurgiens ; et Moignon, étudiant en médecine. Dans la foulée, les travaux de Saillant font l'objet de deux publications dans les éditions de la des 16 et :

Afin de mieux comprendre les problèmes de santé de Pierre Pouble, ceux de sa sœur aînée, Jeanne PoubleActe de naissance, Archives des Pyrénées-Atlantiques, 1727-1732, vue 46 sur 176. sont évoqués dans la littérature médicale en 1782. Le cas médical traverse les époques. Un siècle après sa mort, Pierre Pouble est évoqué par Félix Regnault dans les Bulletins de la Société anatomique de Paris..

Le fémur, le tibia, le péroné et une partie du pied droit, et d'autre part que l'humérus, le cubitus, le radius et une partie de la main gauche de Pouble sont entrés sous le descriptif : « 442a. Atrophie des humérus, cubitus, radius et main de Pouble, médecin de Voltaire » au sein des collections du Musée Dupuytren (dénommées désormais « Collections médicales et d’anatomie pathologique » de Sorbonne Université). Ces pièces anatomiques figurent ainsi dans l'inventaire réalisé par Denonvilliers et Lacroix en 1842 et dans le catalogue de Houel en 1877 et se trouvent sur la base de données des collections scientifiques et patrimoniales de Sorbonne UniversitéBras droit atteint d’atrophie et d’ostéoporose sénile (SU.MD.P.2019.0.63) conservé dans les collections médicales et d'anatomie pathologique de Sorbonne Université..

Estampe

Une curieuse estampe intitulée « Mort de Pouple, Chirurgien de M de Voltaire » a traversé les époques et questionné bon nombre de personnes. Qui est l'auteur de l'estampe ? Qui est ce « Pouple, chirurgien de Voltaire » ? Comment interpréter la scène représentée ?

La gravure est anonyme, mais attribuée à Claude Fessard (1740-c. 1803).

Elle figure dans l'Iconographie voltairienne de Gustave Le Brisoys Desnoiresterres publié en 1879 ainsi que dans un catalogue de vente aux enchères de 1912. Paris médical reproduit l'estampe en 1925 en décrivant précisément la scène représentée :

Le docteur Édouard-Cyr Callamanda fait des recherches complémentaires et déclare au journal médical qu'« il est invraisemblable qu'on apporte la solution de cette plaisanterie aussi inepte que compliquée, rébus indéchiffrable et parfaitement idiot ». Un autre lecteur a plus de réussite :

Une décennie plus tard, la Chronique médicale relance le sujet sans arriver à identifier la bonne personne. Au , le sujet est à nouveau évoqué, d'une part lors d'un colloque consacré à Voltaire et la médecine et d'autre part dans la Revue Voltaire.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Anne-Élisabeth Queriau (c. 1716-1752), victime d'une forme grave d'ostéomalacie.

Liens externes

Notice des collections scientifiques et patrimoniales de Sorbonne Université

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