TEACCH sigle signifiant : « » (Traitement et éducation des enfants autistes ou atteints de troubles de la communication associés), également nommé éducation structurée, est un programme universitaire d'État développé dans les années 1970 en Caroline du Nord. Ce programme s'adresse aux personnes autistes pendant toute leur vie.

Historiquement, ce programme d'enseignement et de formation a été créée en 1966 dans l'université de Caroline du Nord à Chapel Hill.

Historique Au début des années 1960, en Caroline du Nord aux États-Unis, un groupe organise pour les parents d’enfants atteints d’autisme et leurs enfants, une série d’interventions fondées sur des principes psycho-dynamiques avec pour hypothèse causale « une anomalie cérébrale inconnueHistorique du programme TEACCH. »

Un professeur de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill, Eric Schopler, participe à ce programme qui consistait alors en une thérapie de groupe pour les enfants qui pouvaient exprimer leurs sentiments en totale liberté et une thérapie de groupe intensive pour les parents, désignés comme responsables des troubles de leurs enfants. Ce programme se solde par un échec cuisant, puisque les troubles dont souffraient les enfants s’aggravaient, les comportements anormaux se multipliant et empirant, et les enfants ne s’exprimant pas pour autant.

Schopler et son collègue, Robert Reichler, comprennent que cette approche thérapeutique n’est pas la bonne. Leurs recherches s’orientent alors dans une autre direction : grâce à leurs observations répétées et objectives des comportements des enfants, ils formulent une hypothèse selon laquelle l’autisme n’est pas provoqué par un dysfonctionnement de la relation entre parents/enfants mais par une anomalie cérébrale organique d’origine inconnue.

Si aujourd’hui, les données épidémiologiques sont concordantes pour souligner le rôle des facteurs génétiques dans l’étiologie de l’autisme, c’est à la base, par une recherche empirique et ses implications cliniques que Schopler et Reichler modifient leur approche de la pathologie et de son traitement.

Projet de recherche En 1966, ils préparent un dossier de demande de subvention fédérale qu’ils présentent au NIMH () ; ils proposent un vaste projet de recherche fondé sur : la collaboration parents/professionnels de santé pour mutualiser toutes les informations concernant l’enfant autiste ; le développement et la mise en application d’un programme de traitement individualisé pour chaque enfant ; la formation indispensable des parents à des techniques d’intervention spécifiques dans le but de faciliter les échanges et la communication avec leurs enfants. Les parents sont reconnus alors comme cothérapeutes auprès de leurs enfants.

Succès Ce plan de soins fondé sur des pratiques d’intervention novatrices eut un succès qui dépassa les espoirs de ses concepteurs si bien qu’en 1972, l’État de Caroline du Nord fit de la « Division TEACCH » le premier programme d’état américain de diagnostic, de traitement, de formation de recherche et d’éducation des enfants autistes et de leurs familles. Leur objectif, qui consistait en une amélioration de la qualité de vie des personnes concernées au sein de l’environnement familial et scolaire et en une intégration de ces personnes dans la communauté sociale était atteint et les résultats des recherches concluants.

Aujourd’hui,

Questionnement - Limite Par refus de s’incliner devant l’extrême difficulté relative à la prise en charge d’un handicap si déconcertant, par volonté courageuse de faire face en se donnant pour finalité d’améliorer la vie des enfants autistes et leurs familles, les auteurs du programme relèvent un défi permanent (l’autisme est un handicap définitif et aucun traitement médicamenteux n’a pour l’instant été découvert) et déclarent développer une philosophie en ce sens que les principes qui sous-tendent leur action sont durablement appuyés sur la raison et la sagesse, dans un souci d’honnêteté scientifique et morale au service des enfants porteurs d’autisme et de leurs parents. Ce qui signifie qu’ils adoptent une attitude intellectuelle définie par :

la reconnaissance de l’origine organique du handicap et les concepts-clefs de l’approche sont ; la collaboration parents/professionnels qui va de soi, puisque les professionnels (qui sont les spécialistes du syndrome) prennent conscience que les parents sont détenteurs d’un savoir efficace sur leur enfant : ce sont les parents qui côtoient l’enfant au jour le jour. Le développement du jeune est donc lié à l’action des parents qui deviennent cothérapeutes. Ce principe est dicté non seulement par la légitimité du rôle d’éducateur que chaque parent est conduit à jouer avec son enfant mais aussi pour des raisons purement techniques : continuité et cohérence dans l’approche éducative et généralisation des acquis du lieu familial aux autres lieux ; l’optique généraliste qui permet une vision globale de l’enfant quelles que soient les situations ou contextes dans lesquels il est placé, y compris et surtout la vie familiale ; l’offre de services complets, coordonnés et communautaires assurés pendant toute la vie : la gravité du handicap est telle que les personnes qui en souffrent ont non seulement un problème de communication et d’intégration sociale, mais aussi de nombreuses difficultés intellectuelles, sensorielles, comportementales, conceptuelles et organisationnelles. Le programme et les services rendus se doivent d’être exhaustifs. La mission de TEACCH dure le temps que dure la vie de la personne ; la prise en charge individuelle : c’est la garantie de son pouvoir et de la force de son succès. En outre, la compréhension de chacune des personnes autistes se fait à partir de l’observation et non par référence à une théorie. On comprend donc mieux pourquoi l’on parle de philosophie dans le cadre de ce programme : il s’agit de considérer la personne autiste dans l’identité de son altérité, de s’intéresser à elle et de dévouer ses forces (altruistes dans ce cas) à son développement optimal, par l’utilisation de stratégies éducatives visant à améliorer sa vie.

Le but de toute éducation, rappelle , est de « porter le développement de chaque individu à son plus haut point ».

Scolarisation des élèves avec autisme Cette approche n’exclut pas la scolarisation des enfants porteurs d’autisme :

Si l’enfant bénéficie d’une intégration scolaire en milieu ordinaire, un suivi est organisé pour évaluer ses progrès et s’assurer qu’il tire effectivement profit de cette pratique normalisatrice.

Organisation de la classe Le programme TEACCH est un programme éducatif structuré spécialisé.

« Le recours à l’enseignement structuré dans le cadre d’une stratégie d’intervention est au centre du programme TEACCH depuis sa création au milieu des années 1960. », « L’organisation physique, les emplois du temps, les systèmes de travail individuels, le repérage visuel, et d’autres procédures sont les éléments de l’enseignement structuré qui se sont montrés utiles dans les classes des élèves autistes de tous âges et de toutes aptitudes fonctionnelles. »

L’organisation physique permet de faciliter la compréhension de l’environnement : des zones spatiales sont dévolues à des activités spécifiques : zone dévolue aux apprentissages indépendants de chaque élève ; zone de jeux ; zone de travail individuel et autonome ; zone de déjeuner ; zone de goûter ; zone de temps libre ; zone d’apprentissage des gestes de la vie quotidienne : toilette par exemple ; zone d’apprentissage des activités domestiques ; zone de travail personnel et bureau de l’enseignant ; zone de transition où sont affichés les emplois du temps individuels et personnalisés. Toutes ces zones sont limitées clairement au moyen de matériel et de mobilier adéquats (paravents, tapis, étagères écrans, adhésifs de couleur sur le sol) : la lecture et la compréhension de l’espace sont immédiates et aisées (un des points forts des personnes porteuses d’autisme est l’intégration de l’information visuelle).

Et comme les instructions verbales sont difficilement compréhensibles pour l’enfant porteur d’autisme, l’élément essentiel de l’organisation de la vie dans la classe consiste à visualiser la succession des activités de l’enfant sur un support visuel, l’aidant à se repérer, se situer dans le déroulement du temps, les événements distincts qui le jalonnent et les liens entre eux.

Les systèmes de travail individuels comportent obligatoirement quatre types d’information : l’élève doit savoir quelle est la nature de l’activité sous forme de planification, dessins, photographies, schéma de montage, consignes écrites pour les lecteurs, permettant une identification facile des gestes et procédures à accomplir ; la quantité de travail qui est demandé, évaluable grâce à la planification de la tâche par le schéma construit en fonction du degré de compréhension de l’enfant ; un repère clair qui indiquera que la tâche est terminé ; l’indication concernant ce qui se passe immédiatement après l’exécution de la tâche. La structuration de l’activité ou de la tâche à accomplir est par conséquent conditionnée par : une planification minutieuse ; une lisibilité et une clarté visuelle dans la composition et l’agencement des différentes étapes ; la réflexion concernant l’ordre d’exécution gestuelle : aucun détail de la procédure ne doit être oublié. Les expériences et les observations de Schopler ont montré que les enfants autistes travaillent mieux lorsqu’ils ont à disposition permanente des repères visuels qui présentent une division lisible du temps, un découpage fractionné de la façon dont on va occuper ce temps, une indication sur ce qui suit l’activité, dans le but de rendre toute action prévisible.

Il s’agit pour l’enseignant de la classe TEACCH de tracer en contours nets ce qui fait le quotidien d’un être humain, dans ses rapports à l’espace, au temps, à l’apprentissage, au jeu, au souci de soi, aux autres, bref à ce qui compose l’existence d’un être en perpétuel développement et enrichissement personnel. Car les personnes autistes sont submergées par les informations sensorielles et n’ont pas la capacité de traiter les informations parvenues au cerveau en vue d’en appréhender le sens ou de les organiser en les maîtrisant. Les repères visuels les aident à traiter l’information plus efficacement.

Acquérir une habitude d’agir de façon appropriée dans des circonstances ou des contextes destinés à se répéter est aussi un objectif dans l’organisation de la classe TEACCH. En effet, l’enseignant s’ingénie à créer des routines car « des routines productives peuvent constituer des manières systématiques d’accomplir des missions. Contraints à lutter pour comprendre ce que la situation nécessite et incapables de s’organiser facilement et efficacement ou efficacement, les élèves autistes tirent bénéfice des comportements systématiques.

La routine enseignée est celle qui doit avoir des conséquences durables, dans la mesure où elle est commune à de nombreux types de travaux. Par exemple, note Mesibov :

Le « mainstreaming » Par ce terme anglais, on désigne le processus d’intégration des enfants porteurs d’autisme dans des classes pour enfants neurotypiques. Bien que conscients des difficultés inhérentes à la pratique du (hostilité de certains enseignants à l’égard de l’enfant vivant d’autisme, mauvaise acceptation sociale de l’enfant ayant une problématique autistique et risque d’interactions négatives entre lui et les enfants neurotypiques du même âge), les concepteurs du programme TEACCH posent en principe que l’insertion des enfants autistes dans les écoles pour non-handicapés leur permet d’accroître leurs possibilités d’acquérir des comportements sociaux appropriés.