Jacques Darbellay, né le à Orsières et mort le à Martigny, est un enseignant et écrivain suisse de langue française.

Biographie

Famille & formation Jacques Darbellay est le fils de Paul Darbellay (1901-1969), d’Orsières, en Valais, instituteur, qui fut aussi député au Grand Conseil valaisan, et de Jeanne (1906-2003), née Rausis, d’Orsières elle aussiFaire-part in Le Nouvelliste, volume 2, n° 274, 26 novembre 1969, Lire en ligne et « Orsières: mort subite de M. Paul Darbellay » in La Tribune de Genève, n° 277, 26 novembre 1969, Lire en ligne (articles consultés le 25 juillet 2025).. Jacques a quatre frères et trois sœurs : Madeleine (née en 1930), Laurent (né en 1932), Michel (né en 1934), Christiane (née en 1936), Alphonse (né en 1938), Daniel (né en 1941) et Marie-Jeanne (née en 1943)Cf. Faire-part in Le Nouvelliste, numéro 213, 14 septembre 2017, Lire en ligne (consulté le 24 juillet 2025).. Jacques passe son enfance à Orsières, où il fréquente l’école primaire. Il apprend aussi à connaître la montagne dès son plus jeune âge, d'abord chez ses grands-parents paternels dans le hameau de La Rosière ( d’altitude) au-dessus d'Orsières, ensuite à La Fouly ( d’altitude) dans le val Ferret, où son père a acquis une parcelle en La vente à Paul Darbellay de la parcelle n° 651 sise à La Fouly a été inscrite au Registre foncier de Martigny en date du 12 janvier 1935. et fait construire l'année suivante un grand chalet, qu'il nomme « Les Bonnes Vacances »section Maya-Joie in « Chemin de La Fouly » dans le site Pays du Saint-Bernard Lire en ligne (consulté le 23 octobre 2025)., afin d'offrir des vacances saines à des enfants de la plaine« A La Fouly, il avait construit un chalet si joliment dénommé « Les Bonnes Vacances » où chaque été des enfants de la plaine, retrouvaient santé et joie de vivre. » (cf. « À mon instituteur, Paul DARBELLAY » in Le Nouvelliste, 28 novembre 1969, Lire en ligne (consulté le 25 juillet 2025).. La famille Darbellay passe les longs mois d’été dans ce chalet« Educateur dans l'âme, M. Darbellay se plut à construire à La Fouly, il y a environ 30 ans, le home « Les bonnes vacances », permettant à ses dons de pédagogue de s'épanouir encore durant les trop longues vacances forcées de ce temps-là. » (cf. « La très riche personnalité de M. Paul Darbellay » in Le Nouvelliste, 27 novembre 1969, Lire en ligne (consulté le 24 juillet 2025). Les quatre frères de Jacques – et notamment son frère Michel – deviendront d'ailleurs tous guides de montagne« Décès de Monsieur Paul DARBELLAY père de nos quatre camarades Laurent, Michel, Alphonse et Daniel » (cf. Faire part du Bureau des guides et Ecole d'alpinisme de La Fouly in Le Nouvelliste, 26 novembre 1969, Lire en ligne - consulté le 25 juillet 2025)..

Jacques poursuit ses études secondaires au collège Sainte-Marie de Martigny pendant un an, puis à l’école normale de Sion afin de devenir instituteur, suivant la voie paternelle. Son diplôme obtenu, en raison de ses dons il est poussé par son père à poursuivre ses études. Il s’inscrit donc en 1955 à la Faculté des lettres de l’Université de Fribourg, où il obtient en 1958 son diplôme de capacité pour l’enseignement secondaire« Distinctions » in Journal de Sierre, 11 avril 1958, Lire en ligne (consulté le 21 juillet 2025)., puis en 1959 la licence ès lettres après la soutenance d’un mémoire sur Paul Valéry L'humanisme de Monsieur Teste« Succès universitaire » in Journal et feuille d’avis du Valais, 1er juillet 1959, Lire en ligne ; « UNIVERSITAS FRIBURGENSIS - Faculté des lettres / Licenses » in La Liberté, 10 août 1959, Lire en ligne (articles consultés le 22 juillet 2025)..

Le , à Orsières, il épouse Charlotte, née Faval (en 1937), fille du peintre Pierre Faval (1899-1962, originaire d’Aoste)« Les Fresques de Pierre Faval » sur le site de Fully Tourisme: Lire en ligne (consulté le 21 juillet 2025). et de son épouse Aline, née Darbellay, de Liddes (1910-1994). Le couple aura trois enfantsFaire-part in Le Nouvelliste, numéro 213, 14 septembre 2017, Lire en ligne (consulté le 22 juillet 2025)..

Les dernières années de sa vie sont ternies par une maladie neurodégénérative, qui le prive peu à peu de la paroleJean-François Lovey, « À Jacques Darbellay » in Le Nouvelliste, n° 221, 23 septembre 2017, Lire en ligne (consulté le 12 octobre 2025).. Il décède le à Martigny.

Enseignement & pédagogie En 1959, René Gabioud et Jacques Darbellay fondent à Orsières l'école publique secondaire du val d'Entremont, couvrant les communes de Bourg-Saint-Pierre, Liddes, Sembrancher et Orsières ; il va enseigner au sein de cette école jusqu'en « Les auteurs » in Le Nouvelliste, 6 mars 2002, Lire en ligne (consulté le 22 juillet 2025).. Pensant aux loisirs de la jeunesse, il lance en 1963 le Ciné-Club d'Orsières« Excellente initiative à Orsières » in Le Nouvelliste, 12 novembre 1964, Lire en ligne (consulté le 24 juillet 2025).. Il participe aussi aux activités de la chorale mixte Saint-Nicolas d'Orsières, qu'il lui arrive de dirigerPar exemple une pièce de Roland de Lassus lors d'un concert à l'église de Martigny, dimanche 19 avril 1964 (cf. « Après un beau concert spirituel » in Le Nouvelliste, volume 4, numéro 95, 25 avril 1964, Lire en ligne - consulté le 24 juillet 2025)..

En outre, dès 1965, il organise chaque été des cours de vacances (études et alpinisme) pour adolescents dans le chalet familial de La Fouly, cours auxquels collaborent des enseignants et des guides de montagne, notamment certains de ses frères« MAYA-JOIE, CENTRE D'ETUDE ET D'ALPINISME — La Fouly - Au cœur du val Ferret, […] Maya-Joie, institut d’étude et d’alpinisme […] dirigés avec beaucoup de compétences par M. Jacques Darbellay, professeur, cette école de vacances reçoit une trentaine de jeunes gens de douze à vingt ans. […] professeurs dispensent chaque matin leurs connaissances soit en français, en allemand, en anglais, en mathématiques ou en musique. […] Chaque après-midi, sous la direction d’excellents guides qui ont noms : Michel Darbellay, Laurent Darbellay, Gérard Tornay, les jeunes gens se mettent à l’école de l’alpinisme par groupes de huit à dix. Puis, chaque semaine, les principes sont appliqués dans une grande course de deux jours en cabane. […] Un soin tout particulier est accordé aux loisirs de ces adolescents. En effet, les soirées sont organisées de façon à créer une ambiance de famille: jeux en commun, discussion générale sur la culture ou l’alpinisme, animée par un professeur ou un guide, projection de dias ou de films sur la montagne, audition de musique. » (Journal et feuille d’avis du Valais, 5 août 1967, Lire en ligne, consulté le 21 juillet 2025) ; il change le nom de ce chalet et lui donne celui de « Maya-Joie », la Maye (ou Maya) étant une montagne dominant La Fouly.

Puis, en 1965-66 la route entre le hameau de Som-la-Proz et La Fouly étant désormais praticable en hiver« Le Val Ferret s'ouvre au tourisme hivernal », Le Nouvelliste, 4 novembre 1965, Lire en ligne (consulté le 2 août 2025)., il y ouvre l'école privée Maya-Joie, dont le premier élève est un jeune Anglais, Andrew (André) Yule (16 ans), futur enseignant lui-même qui sera le père de Daniel Yule, spécialiste du slalom et membre de l'équipe suisse de ski. À partir de , l'école accueille des élèves de 11 à 16 ans poursuivant le cycle secondaire en internat ; Jacques Darbellay y met en pratique ses idées pédagogiques : classes peu nombreuses, développement du goût de l'effort, du sens de la responsabilité et de la camaraderie pour former le caractère et la personnalité des adolescents, au moyen d’un travail scolaire exigeant, équilibré par la pratique d’activités sportives quotidiennes en plein air« Au pays des Dranses - LES DIX ANS DE MAYA-JOIE » in Le Nouvelliste, 15 juin 1978, Lire en ligne (consulté le 24 juillet 2025). ; il est en effet « convaincu que le savoir est d'abord un désir, puis une conquête et enfin un apaisement ». Un ancien élève écrira que Jacques Darbellay a été un « éveilleur […], curieux de faire apparaître chez les autres ce qu'ils ignoraient ».

Un incendie détruit le vieux chalet en « L'école « Maya- joie, études et sports » de la Fouly détruite par un incendie » in L'Express, 8 mai 1971, Lire en ligne; et « L’école des frères Darbellay détruite par le feu » in Le Courrier de Genève, 8 mai 1971, Lire en ligne (articles consultés le 29 juillet 2025). ; Jacques Darbellay transfère alors l'école dans un hôtel de Champex durant cinq mois, pendant qu'il fait construire à la place même du chalet incendié, en quelque 8 mois, un nouveau bâtiment pour abriter l'école« Plus beau qu'avant! » in Le Nouvelliste, volume 5, numéro 11, 13 janvier 1972, Lire en ligne (consulté le 29 juillet 2025).. Il dirige Maya-Joie jusqu’à ce qu’il prenne sa retraite en tant qu’enseignant en 1990« Ecole Maya-Jote: la clôture - Jacques Darbellay, directeur-fondateur passe la main » in La Gazette de Martigny, 28 juin 1990, Lire en ligne ; « Le message du président » in La Gazette de Martigny, 28 juin 1990, Lire en ligne (articles consultés le 21 juillet 2025)..

Activités annexes Entre 1962 et 1967, Jacques Darbellay est le correspondant du journal genevois Le Courrier pour la page valaisanne« Ils écrivent nos billets romands » in Le Courrier de Genève, 9 novembre 1963, Lire en ligne (consulté le 22 juillet 2025).

Dès 1965, il s’engage aussi pour le développement du village de La Fouly et du val Ferret, notamment en participant à la création de pistes de ski et à la gestion de ses remontées mécaniques (téléskis)« L’inauguration du téléski de la Fouly » in Journal et feuille d’avis du Valais, 13 décembre 1965, Lire en ligne; « La Fouly sera prête pour la saison d'hiver » in Journal et feuille d’avis du Valais, 4 septembre 1967, Lire en ligne; « Harmonieux développement du Val Ferret » in Le Nouvelliste, 4 septembre 1967, Lire en ligne; « Le deuxième téléski de La Fouly - petite station dans la neige et le soleil » in Le Nouvelliste, 12 décembre 1967, Lire en ligne; « La Fouly inaugurera son nouveau téléski » in Journal et feuille d’avis du Valais, 12 décembre 1967, Lire en ligne (articles consultés le 21 juillet 2025)..

En 1968, il est élu à l’exécutif (Conseil communal) de la commune d’OrsièresFaire-part in Le Nouvelliste, 26 novembre 1969), Lire en ligne (consulté le 25 juillet 2025)., chargé de la gestion des eaux. Il conserve cette fonction jusqu’en 1972.

À partir de 1979, lorsque l'écrivain Maurice Chappaz s'installe dans l'abbaye de Châbleancienne résidence des abbés de Saint-Maurice, acquise par Maurice Troillet, oncle maternel de Maurice Chappaz (cf. « Abbaye Maurice Chappaz » Lire en ligne)., Jacques Darbellay fait avec lui de longues randonnées en montagneJean-Paul Paccolat rapporte que Jacques Darbellay a souvent vu Maurice Chappaz, soit chez celui-ci à l'abbaye du Châble, soit en l'accompagnant dans ses randonnées en montagne (cf. Jean-Paul Paccolat, Avant-propos au livre Maurice Chappaz à la trace, de Jacques Darbellay, Ed. Zoé, Genève, 1986, p 8)., puis il l'aide activement à créer en 1985 et à faire vivre la « Fondation de l'Abbaye : Maurice Troillet - Corinna Bille - Maurice Chappaz », qui a pour but de conserver l'abbaye de Châble et les archives concernant Maurice Troillet, Corinna Bille et Maurice Chappaz, et de faire rayonner leur œuvreCf. Mission de la Fondation de l'Abbaye: Maurice Troillet - Corinna Bille - Maurice Chappaz, Lire en ligne. Jacques Darbellay a fait partie du conseil de la Fondation de l'Abbaye du Châble« Une vocation, un chemin, un destin - Les activités actuelles de Maurice Chappaz », in Le Nouvelliste, volume 30, n° 26, 1er février 1997, Lire en ligne (consulté le 10 octobre 2025)..