Le sanctuaire de Loubers est un site antique dans la commune de Loubers, dans le département français du Tarn, en région Occitanie.
Trois bâtiments, dont au moins deux temples, se succèdent dans la même enceinte de la fin de l'époque gauloise au . Après son abandon, le site est temporairement réoccupé au comme abri de fortune.
Les fouilles partielles réalisées entre 1968, date de découverte du sanctuaire, et 1975 sont les seules conduites sur ce site.
Localisation
Le site occupe, au sud-ouest du territoire communal de Loubers, un plateau calcaire recouvert, à l'époque contemporaine, de chênes des garrigues. Il est protégé au nord par un épaulement ; à l'est et à l'ouest, le plateau se termine par des pentes abruptes. La pente naturelle du terrain, vers le sud-ouest, est compensée par un nivellement la partie nord-est du site, surcreusée dans le substrat.
Dans l'Antiquité, il est rattaché au territoire des Rutènes..
Historique Un établissement laténien à la fonction indéterminée est identifié. Un premier temple semble édifié au début du ; il lui succède au même emplacement et occupe le centre d'une enceinte. Un second fanum, accompagné d'un bâtiment annexe, est construit vers le milieu du alors que le premier temple est détruit ; dans le même temps, l'enceinte est agrandie vers l'ouest. Le sanctuaire semble volontairement détruit, peut-être par un incendie, au . Le site est réoccupé de manière temporaire, sans doute au : un abri sommaire (fosses et trous de piquets) est aménagé dans l'angle nord-est de la galerie mais cette occupation n'a probablement plus rien à voir avec des activités cultuelles..
Le site est signalé en 1968. Dégagé de la végétation, il est partiellement fouillé jusqu'en 1975.
Description Architecture Le site est circonscrit par une enceinte maçonnée qui affecte dans sa configuration finale la forme d'un trapèze rectangle allongé de l'ouest à l'est. Mesurant , elle possède une entrée au nord et une autre au sud. Une galerie couverte est reconnue dans l'angle nord-est de cette enceinte qui bénéficie par ailleurs de l'abri naturel constitué par l'épaulement naturel de la roche. Elle mesure environ de large et sa toiture, en tuiles, repose sur une charpente supportée côté extérieur par le mur de l'enceinte et côté intérieur par des colonnes cylindriques en grès ; un caniveau recueille les eaux de pluie.
Plusieurs bâtiments prennent place dans cette enceinte.
Peu de choses subsistent du premier édifice. Seuls un hérisson de pierres liées avec de la terre et une bordure maçonnée au mortier témoignent de son existence. Il semble être construit, au moins partiellement, avec des matériaux périssables. Ni ses dimensions ni son utilisation ne sont connues.
Un temple est édifié au même emplacement, mais selon une orientation légèrement différente. Il mesure ; un mur de refend transversal le sépare en deux espaces. Ses parois sont larges de et leurs fondations recoupent le hérisson du tout premier bâtiment.
Le second temple se compose d'une entouré d'une galerie, l'ensemble mesurant . Ses murs sont parementés en petit appareil régulier et il s'ouvre à l'est par un porche ou un auvent dallé dont la couverture est supportée par deux colonnes ; ce porche précède une porte à deux vantaux. Un aménagement prend place au centre de la ; de forme carrée, mesurant de côté, son sol est rose et ses parois sont épaisses de . La découverte de tuiles (antéfixes et ) et de très nombreux clous de fixation laisse peu de doutes sur le type de toiture de ce temple.
Un autre bâtiment accompagne le second temple. Utilisant la même architecture que le temple, il mesure . Il s'ouvre au sud.
Décor et mobilier Le mur de la galerie couverte est revêtu de panneaux uniformément rouge sombre séparés par des filets clairs. L'intérieur du premier temple est certainement décoré de lambris peints ; sur un fond de couleur sont représentés des personnages difficilement identifiables mais deux d'entre eux pourraient être des choreutes ou des musiciennes. mais cette interprétation reste incertaine. Les parois de l'aménagement occupant le centre de la du second temple portent extérieurement un décor géométrique.
De très nombreux tessons de céramique sont retrouvés. Parmi eux, la production de céramique sigillée issue d'ateliers régionaux à Montans (Tarn) ou La Graufesenque (Aveyron) tient une place importante.
Des fragments d'une statue en bronze sont retrouvés dispersés ; cette statue trônait certainement au centre de la du second temple. Les figurines en terre blanche sont nombreuses. L'un d'entre elles est vraisemblablement un chien courant, type exceptionnellement représenté sur ce type de statuettes..
Les monnaies, nombreuses, peuvent être réparties en deux séries. La première concerne celles déposées accidentellement ou déposées à titre d'offrande dans le sanctuaire ; ces monnaies couvrent la période allant de la seconde moitié du à la seconde moitié du . La seconde série comprend les monnaies liées à la réoccupation de l'angle nord-est de la galerie ; ces pièces sont pour le plus grand nombre des imitations de types connus, émis entre 330 et 402. Tous types de monnaies confondus, les ateliers les plus représentés sont ceux d'Arles, Lyon et Trèves.
Le site livre une douzaine de fibules, entières ou cassées. Leur ornementation est très variée ; certaines d'entre elles sont datables de ou III..
La plus grand partie du matériel archéologique retrouvé lors des fouilles est déposée au musée Charles-Portal à Cordes-sur-Ciel ; les objets les plus significatifs sont exposés..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie . . . .
Articles connexes Histoire du Tarn
Liens externes
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