Le sanctuaire de Ruitz est un site antique dans la commune de Ruitz, dans le département français du Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France.

Constitué d'une enceinte et de trois bâtiments, dont au moins un temple, il semble n'avoir été fréquenté que pendant un siècle environ : construit dans la seconde moitié du , il est déjà abandonné à la fin du . Il est découvert et fouillé dans les années 2000 à la faveur de la création d'une déviation routière.

Localisation Le site se trouve à au sud-ouest du chef-lieu communal de Ruitz, à la pointe sud-ouest du territoire de la commune. L'ancienne fosse de Bruay-la-Buissière se trouve à moins d'un kilomètre du sanctuaire. Sur un promontoire, le site est établi à une altitude allant de vers l'ouest à vers l'est.

Dans la géographie antique le sanctuaire est rattaché au territoire des Atrébates mais il est proche de la limite estimée entre ce territoire et celui des Morins. La chaussée Brunehaut reliant Arras à Thérouanne, d'orientation sud-est — nord-ouest, passe à moins de du site. Les témoignages d'activité à l'époque antique sont nombreux dans le secteur : et pôle funéraire, atelier de poterie de Labuissière dans l'environnement du site.

Historique Le site du sanctuaire est occupé, probablement dès la première moitié du : une zone d'habitats est suggérée par la présence de fossés dont la trame est conservée..

Le temple, les autres bâtiments et l'enceinte paraissent édifiés dans la seconde moitié du ou au début du . Le démantèlement semble précoce, peut-être un siècle seulement après la construction.

Dans les siècles qui suivent, et notamment au Moyen Âge, le terrain est largement bouleversé avec des activités d'exploitation du fer et d'extraction du grès. Un chemin, difficile à dater mais qui figure sur le cadastre napoléonien en 1812, est percé. Tous ces événements aboutissent à l'arasement complet des ruines du sanctuaire jusqu'au niveau de ses fondations et le chemin emporte tout le côté oriental de l'enceinte

Dans le cadre de l'aménagement de la déviation routière entre Béthune et Bruay-la-Buissière, des diagnostics archéologiques sont conduits par l'Institut national de recherches archéologiques préventives entre 2003 et 2005, ce qui amène la réalisation de fouilles préventives à Ruitz entre septembre et .

Description Au terme des fouilles de 2009, le sanctuaire de Ruitz se compose d'un péribole clos par un mur et de trois édifices. Deux se trouvent à l'intérieur de l'enceinte dans sa partie orientale et ce décentrage n'est pas explicable par les informations recueillies. Le troisième est situé à l'extérieur, au sud.

Les fondations du mur du péribole sont constituées de calcaire pilé. Elles sont généralement larges de mais leur profondeur est variable, sans doute en raison de l'hétérogénéité du sous-sol : par endroits, le substrat naturel de craie est presque affleurant. Même si le mur oriental a disparu, il est possible d'estimer que la surface enclose par cette enceinte est d'environ ; son entrée n'est pas localisée.

Le bâtiment situé dans l'angle sud-et de l'enceinte est un temple à plan centré de type fanum. Il se compose d'une de de côté et d'une galerie périphérique. L'ensemble mesure de côté pour une surface de . Il n'en subsiste que la base des fondations mais il est possible d'affirmer qu'il était couvert en tuiles et que certains de ses murs comportaient un décor peint.

L'édifice qui prend place au nord de l'enceinte pose un problème d'interprétation, lié comme souvent aux incertitudes architecturales et à la méconnaissance de la chronologie fine du sanctuaire.. De plan carré de de côté, il ne semble pas doté d'une galerie. Il peut s'agit d'un second temple, simple ou temple pourvu d'une galerie qui aurait disparu, auquel cas il formerait avec le premier un ensemble symétrique dédié à au moins deux divinités. Dans ce cas, il faudrait envisager, pour des contraintes de plan, que les deux temples et l'enceinte s'ouvrent vers l'ouest, à l'opposé de configuration la plus courante.

Il n'est pas possible de savoir le bâtiment hors de l'enceinte situé est contemporain des autres édifices du sanctuaire, ni de lui attribuer une fonction. Il mesure de côté et ne semble pas doté d'une galerie périphérique.

Le mobilier archéologique issu du site est rare et ne permet pas de reconstituer l'évolution du site. La céramique, très fragmentée en raison de l'érosion, est retrouvée dans les fondations ; issue d'ateliers du centre ou du sud de la Gaule, elle est datable des années 40 à 120. Une fibule représentant un poisson, date du ou du .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . .

Articles connexes Histoire du Nord-Pas-de-Calais

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