vignette|upright=1.1|Monument « Vivre libre ou mourir » sur le plateau des Glières. Le bataillon espagnol du maquis des Glières a fait partie de la Résistance, ayant opéré entre le et le , durant l'occupation allemande, sur le plateau des Glières. Sous les ordres du lieutenant Tom Morel, 56 Espagnols regroupés dans la section Ebro ont combattu dans le maquis.
Contexte Pendant la seconde guerre mondiale, de nombreux réfugiés espagnols se trouvaient internés dans les camps d'internement du sud de la France. Début 1940, le gouvernement français, pour vider les camps, crée des Compagnies de Travailleurs Etrangers (C.T.E.). Plusieurs centaines de ces réfugiés arrivent à Annecy le . Ils sont regroupés dans trois C.T.E. La 514 est répartie dans le département pour aider aux travaux de l'agriculture. La 515 est affectée aux travaux d'assèchement du marais d'Epagny, et la 517 est employée pour faire la route du Semnoz et produire du charbon de bois. Ces compagnies sont encadrées par des officiers de Vichy.
En 1942, Vichy réquisitionne des hommes de ces compagnies pour aller travailler en Allemagne. Les Espagnols commencent alors à organiser une certaine résistance, au sein des compagnies où ils sont employés. Miguel Vera-Navas, qui est dans un camp de travail à Doussard avec la CTE 517, organise les maquis espagnols. Ils commencent par faire des doubles des clés du bureau de la compagnie, pour pouvoir y entrer la nuit, consulter les ordres venant de Vichy, et utiliser les tampons et imprimés qui vont leur permettre de fabriquer de faux documents. C'est ainsi que si le nom d'un camarade apparaissait sur un ordre de Vichy, les résistants s'organisaient pour l'aider à rejoindre le maquis. Ils constituèrent ainsi un réseau très bien organisé. Les Espagnols prennent une part active à la résistance, en organisant des sabotages, par exemple à la SRO (usine de roulements située à Annecy)..
Ils s'intégrèrent d'abord à des maquis existants, aux Villards-sur-Thônes en 1942, et aux Dents de Lanfon en 1943. Puis ils constituèrent des maquis d'espagnols, en 1943 : ceux du Mont Veyrier, du Col de la Colombière, de la Combe d'Ire, du Semnoz et du Bouchet de Serraval. Parmi les résistants du département, ils sont vite connus et appréciés pour leur discipline, leur efficacité et leur loyauté. C'est en que Miguel Vera rencontre Tom Morel ; ils se lient d'amitié et se font une totale confiance.
Le maquis des Glières Lorsque, le , Tom Morel est nommé chef des maquis de Haute-Savoie et chargé de monter au Plateau des Glières réceptionner des armes, il fait appel à Miguel Vera, qui dirigeait les maquis espagnols. Miguel Vera accepte, mais fait part à Tom Morel d'une restriction : vignette|upright=1|Panneau indiquant la nécropole de Morette et le musée de la Résistance. Dès le lendemain, sur le plateau, Tom Morel demande à Miguel Vera d'organiser ses hommes militairement. Vera crée alors la section Ebro, en hommage à la célèbre bataille de l'Ebre, qui est divisée en deux : Ebro et Renfort Ebro, et en nomme les responsables. Les deux sections sont placées sous les ordres de Tom Morel, qui leur confie un site difficile à défendre : la montée du Petit Bornand, seul chemin d'accès au plateau.
Ils sont un grand atout pour Tom Morel : contrairement à beaucoup de jeunes résistants, réfractaires au STO, dont la plupart n'ont même pas fait le service militaire, les Espagnols sont des combattants aguerris, ayant combattu dans la guerre d'Espagne.
Le résistant Julien Helfgott leur a rendu hommage ainsi : « Ils formèrent la section EBRO qui fut l’une des meilleures grâce à sa discipline. De longues années de souffrance en exil leur avaient donné une extrême endurance. Ils avaient l’art de vivre avec peu de choses, de s’installer avec presque rien. Leur conduite exemplaire ne fut qu’un des nombreux témoignages de leur loyalisme ».
Les combattants Autour de Miguel Vera, commandant, la section Ebro regroupait au total 56 combattants espagnols, auxquels s'ajoutaient quatre étrangers issus des Brigades Internationales, deux italiens et deux allemands. vignette|upright=1|Monument aux résistants espagnols du Bataillon des Glières. Après le repli, qui leur coûta six tués et cinq prisonniers, ils reformèrent deux maquis sous le commandement de Miguel Vera, au Semnoz et au Veyrier.
Miguel Vera est arrêté le et interné aux Vieilles Prisons, d'où il est libéré par ses hommes. Les Espagnols rejoignent ensuite le maquis du plateau des Bornes. Le , Vera est arrêté à La Roche-sur-Foron, en compagnie de Manuel Martinez. Ils sont emprisonnés à Bonneville et torturés, puis transférés à Annecy. Quelques jours avant d'être fusillés, ils réussissent à s'évader grâce à la complicité d'un soldat.. Ils prirent une part active à la libération.
Hommage Les Espagnols tués au maquis des Glières sont inhumés dans la Nécropole militaire nationale de Morette, sur la commune de La Balme-de-Thuy, à côté de Thônes, au pied du plateau des Glières.
José Ángel Valente, poète espagnol, a consacré à ces hommes un beau poème, qui figure sur la plaque commémorative du « Monument aux espagnols » à Annecy. En voici la traduction en français :
Le , France Bleu Pays de Savoie, dans le cadre d'une série pour le 80e anniversaire des combats du Plateau des Glières, consacre un épisode aux combattants espagnols.
Références
Glieres Catégorie:Résistant espagnol en France durant la Seconde Guerre mondiale