La famille Ribier est une famille éteinte de la noblesse française, originaire de Sologne, puis qui s'est établie en Blésois et en Île-de-France.

Issue de la noblesse de robe, la famille s'est particulièrement illustrée avec Guillaume Ribier, magistrat élu député du Tiers état aux États généraux de 1614 lors desquels il a soutenu le système de la monarchie de droit divin à la faveur de Louis XIII, alors âgé de seulement .

Histoire Origines Le plus ancien membre connu se nomme Guillaume Ribier, cité comme seigneur acquéreur de Villebrosse, en SologneSur le territoire de l'actuelle commune de Saint-Viâtre ., et capitaine du château de Blois pour le compte du roi (probablement Louis XII), au début du . En remerciement de ses services rendus, il est anobli par lettres patentes de au début de son règne, dès le .

Si l'on ignore la date d'acquisition de Villebrosse par Guillaume Ribier, achetée à un certain Jacques de Guierlay., il serait mort en 1522 puisque son fils homonyme prêta hommage pour cette terre le de cette année-là.

Branche de Villebrosse Son fils Guillaume, qui hérite de Villebrosse, est quant à lui mentionné comme écuyer. Dans sa jeunesse, il servit dans l'armée en tant qu'archer dans la compagnie de l'amiral de Bonnivet, jusqu'à sa capture avec suite à la défaite de Pavie de 1525. À son retour en France, il suit la Cour qui s'établit en région parisienne où il devient capitaine du château de Madrid et gruyer du bois de Boulogne. Guillaume finit également nommé trésorier de la vénerie (ou chasse à courre), et se retrouve ainsi chargé de la gestion des finances de la chasse royale, incluant les chiens de chasse, les oiseaux de fauconnerie et les autres accessoires de chasse de la Cour.

Marié à Jeanne du Val, fille du trésorier de l'Épargne Jean du Val, Guillaume (II) Ribier laissa deux fils et une fille. Cette dernière, Marguerite, finit par se marier avec Louis Vachot, premier président de la cour des Monnaies.

Si le cadet Guillaume (III) fut parmi les cent gentilshommes de la Maison du roi sans que l'on ne lui connaisse de descendance, l'aîné Louis hérita de la charge de capitaine du château de Madrid et, de Philipe Le Bossu, laissa postérité avec à son tour deux fils et une fille. Le mémorialiste Pierre de L'Estoile rapporte notamment qu'il aurait été tué en par son valet.

Parmi les fils de Louis, l'aîné, Olivier, hérita naturellement de Villebrosse. Son frère cadet Abraham est quant à lui mentionné comme seigneur de Cherbourg et du Martrai, et fut par ailleurs homme d'armes de la compagnie d'ordonnance du prince François de Bourbon-Conti. Les deux frères épousèrent chacun une fille issue de la famille de Pomereu, tandis que leur sœur Marie fut la deuxième femme de Philippe de La Mothe, seigneur de Houdancourt et père du maréchal de La Mothe-Houdancourt. Décédée jeune, Marie est néanmoins la mère du marquis Antoine de La Mothe-Houdancourt, qui laissa à son tour postérité..

D'Anne de Pomereu, Olivier aurait un unique fils, François-Olivier, qui servit dans le régiment de Houdancourt en tant que capitaine, avant d'être muté au régiment de Bretagne puis de devenir officier dans la compagnie des gendarmes du Grand Dauphin. Marié à Anne de Biez, Olivier laissa deux fils, tous deux engagés dans l'armée.

L'aîné Antoine commença sa carrière en devenant garde du corps du roi en 1666 avant d'intégrer le régiment de Dragons-Dauphin où il commandait le troisième escadron en 1692, lorsqu'il perdit la vie lors de la bataille de Steinkerque. De son côté, son frère Abraham (II) fut notamment lieutenant-colonel au sein du régiment de Dragons de Saint-Frémont. Encore vivant au moment de la grande enquête de noblesse souhaitée par Louis XIV, il est nommé comme seigneur de Villebrosse en 1697, signifiant qu'il a possiblement géré la seigneurie durant la minorité de son neveu.

Fils unique d'Antoine avec son épouse Agnès Le Noir, Antoine II () se fit capitaine réformé dans le régiment de Poyanne, engagé dans la guerre de Succession d'Espagne. Il épousa en 1717 demoiselle Marie de La Porte, de qui on lui connaît une fille, Marie-Madeleine, admise en 1728 à l'internat de la maison royale de Saint-Louis de Saint-Cyr, puis mariée en 1739 à un Nicolas Lehirat.

Branche cadette

Premières générations Fils cadet du premier Guillaume, Michel Ribier puisqu'il resta à Blois où il est mentionné comme receveur des tailles en l'élection de Blois et apparaît comme un des administrateurs de l'hôtel-Dieu dans les années 1540.. Résignant à son premier office en 1552 à la faveur d'Antoine de Loynes, il est nommé l'année suivante par , d'où son surnom de par ses contemporains.. Particulièrement apprécié de ses supérieurs, à commencer par Paul de Termes, lieutenant général de l'île qui l'estime Paul de Termes au connétable Anne de Montmorency, 6 mars 1554 (Moscou, Archives d'État des actes anciens, coll. Lamoignon, vol. 28, fol. 175–176), cité par ., il reçoit également les honneurs de ministres importants comme le connétable Anne de Montmorency ou le cardinal Jean de Lorraine.. Cependant, la paix du Cateau-Cambrésis d' met fin à la mission de Ribier en Corse puisque le roi s'engage à rendre l'île à la république de Gênes. De retour sur le continent, il est contraint de se retirer de la vie publique en raison de la mort d'Henri II en juillet de la même année et de sa conversion au protestantisme.. Il se réfugie alors dans sa seigneurie de la GuillonnièreSur le territoire de l'actuelle commune de Cour-Cheverny (d'après le Centre de Recherches Généalogiques du Perche-Gouët - CRGPG). où il élève ses douze enfants en compagnie de son épouse, Marie Vaillant de Guélis, descendante d'une famille de conseillers au parlement de Paris. Devenu en 1557 secrétaire de la chambre du roi., il participa néanmoins aux États généraux de 1560, réunis à Orléans, en tant que député du clergé, Blois étant encore dépendant du diocèse de Chartres, avant de mourir entre 1578 et 1579.

L'un de ses fils, Michel II, devient conseiller puis, vers 1575, lieutenant particulier au bailliage de Blois... L'an 1600, il devient parrain du jeune Michel Reneaulme, fils du médecin et botaniste Paul Reneaulme (). Marié à demoiselle Marguerite Perault, il fut père de deux fils et d'une fille. Celle-ci, aussi prénommée Marguerite, épousa en 1599 Valentin II Belot, conseiller et avocat du roi.

Guillaume Ribier, l'illustre blésois attaché à son pays

vignette|275x275px|Dessin de Guillaume Ribier (1768). Né en 1578 dans le quartier du Puits-Châtel du centre-ville de Blois., Guillaume Ribier fait ses études dans sa ville natale avant d'être envoyé en Italie par son père. Trilingue en espagnol et italien, il revint en 1605, et son père lui céda, grâce au système de la paulette, son office de lieutenant particulier du bailliage. C'est d'ailleurs dans le cadre de cette fonction qu'il rencontre son épouse, qui n'est autre que la fille du lieutenant général, Jean Daguier., qui lui cède à son tour son office en 1609., avant d'en hériter la charge de président du présidial de Blois en 1613.. L'année suivante, à l'occasion des États généraux convoqués par Louis XIII, il est élu député du tiers état pour le bailliage de Blois., à 111 voix sur 115..

Déjà célèbre depuis la publication de son Discours au Roy, suivi d'une Apologie pour le Discours au Roy sur la réunion de ses subjects en une mesme et seule religion qui déclenchent une vive polémique nationale en 1607, l'audace du lieutenant général Ribier se confirme après la fin des États généraux, en , lorsqu'il insista, en tant que porte-parole désigné des autres députés du tiers-état, auprès du chancelier Brulart de Sillery afin d'obtenir une séance avec le roi et la reine-mère, Marie de Médicis, alors régente.. Bien que débouté de ses requêtes par le roi, son comportement fut finalement récompensé puisqu'au lieu d'une disgrâce, Louis XIII voulut qu'il participe à ses conseils et le nomma conseiller du roi, charge qu'il n'a cependant pas exercé à cause de ses prérogatives en Blésois., preuve d'un fort patriotisme pour sa terre natale, d'après Alexandre Dupré..

D'ailleurs, n'ayant pas envie de se mêler des oppositions politiques des années 1620, Guillaume prit soin de ne pas accepter d'offre de la reine-mère., qui voulait lui concéder la charge de secrétaire de ses commandements., lors de son exil au château de Blois. De même, son contemporain Jean Bernier rapporte que le cardinal de Richelieu, alors de passage à Blois lors de son retour du siège de La Rochelle contre les protestants, en 1628, invita Guillaume à rejoindre la Cour et de servir le roi en ses conseils, mais resta surpris face au modeste refus de Ribier. Néanmoins, au niveau local, sa charge de lieutenant général le mène à régulièrement être appelé auprès du frère cadet de Louis XIII, le prince Gaston d'Orléans, apanagé du duché d'Orléans augmenté du comté de Blois, qui séjourne au château blésois à partir de 1626.

Guillaume avait épousé en 1609 Anne DaguierContrat de mariage entre Guillaume Ribier et Anne Daguier (), conservé aux Archives départementales du Loir-et-Cher (Blois), 3E 19 837., fille du lieutenant particulier Jacques. Vers 1620, Guillaume hérite par sa femme du château des Grotteaux, sis entre Vineuil et Huisseau-sur-Cosson, où il prend sa retraite en 1646. et réunit une formidable bibliothèque de à . Cependant, son épouse meurt en 1654, sans qu'ils aient eu des enfants.

Veuf, Guillaume Ribier meurt à l'âge de , le ., dans sa maison natale à Blois.. Décidé par délibération municipale, un hommage public a tout de même été rendu en sa mémoire au début du mois suivant..

À sa mort, Guillaume légua également une rente perpétuelle de et une somme unique de afin de fonder une messe perpétuelle quotidienne au sein de l'église blésoise..

Signe de la proximité avec les Ribier, les Belot choisirent d'adopter le caveau de Guillaume, au sein de la chapelle Saint-Michel de l'actuelle cathédrale Saint-Louis de Blois, comme sépulture ordinaire.. En complément, la famille perpétua le financement d'une messe de la fondation, prononcée chaque jour à , jusqu'en 1793.

Rameau de Villeneuve, ou les Ribier du Vair-Aleaume Fils aîné du second Michel Ribier, Jacques () est mentionné comme conseiller au parlement de Paris.

Il épousa demoiselle Françoise Aleaume (), sœur cadette de l'évêque-comte de Lisieux, Guillaume (), et tous deux fils de Nicolas II Aleaume et d'Antoinette du Vair. Cette dernière était d'ailleurs la sœur de Guillaume du Vair (), garde des sceaux de France et évêque-comte du même diocèse, dont elle devint la légataire universelle.. Ainsi, en vertu du testament des deux évêques, la descendance du deuxième fils de Françoise Aleaume et de Jacques Ribier doit hériter de la terre de Villeneuve et de leurs armes, mais aussi relever le nom plutôt que ..

Le couple eut au moins trois fils, dont le deuxième, Louis, fut seigneur de CottereauxLa localisation de ces fiefs n'est pas certaine. et lui aussi conseiller au parlement de Paris, mais finit criblé de dettes à tel point que ses biens sont saisis en 1652. Il finit assassiné en dans la forêt de Compiègne, laissant sa femme Jeanne Huault veuve et sans enfants. Le benjamin, Guillaume (V), hérita de Lissy et occupa le même office au parlement. Marié en 1644 à Louise de Fresnoy de Neuilly, sa descendance n'est pas connue.

Quant à leur aîné, Jacques Ribier du Vair-Aleaume (ou Jacques II Ribier, ), il fut lui aussi conseiller au parlement de Paris. De son épouse Geneviève Bouvard naquirent un fils et une fille. Celle-ci, Anne, fut mariée à Étienne Charlet, seigneur de Noyan, mais n'eut pas de descendance avec..