Le Liberia ou LibériaMinistère français des Affaires étrangères et européennes, « Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires : JORF no 0223 du 24 septembre 2019 [archive] », Journal officiel de la République française, 24 septembre 2008, sur Légifrance., en forme longue la république du Liberia ou république du Libéria (en anglais : Republic of Liberia), est un pays d'Afrique de l'Ouest bordé au sud-sud-est et à l'ouest-sud-ouest par l'océan Atlantique, au nord-ouest par la Sierra Leone, au nord par la Guinée et à l’est par la Côte d'Ivoire. La population de la république du Libéria est de 5 819 593 en 2026.

En 1822, l commence à coloniser le territoire, sous l'hypothèse que les personnes noires auraient des meilleures chances à la liberté et à la prospérité en Afrique qu'aux États-Unis. Le pays déclare son indépendance en 1847, reconnue par les États-Unis en 1862, et est donc la première nation d'Afrique à avoir, à l'époque contemporaine, obtenu son indépendance. Entre 1822 et le début de la guerre de Sécession en 1861, des milliers d'Afro-Américains et d'Afro-Caribéens, anciens esclaves et nés libres s'y installent. Les nouveaux colons développent leur propre culture américano-libérienne et n'ont pas de bonnes relations avec les peuples indigènes. Les Américano-Libériens deviennent une petite élite, et dominent la vie politique du pays pour plusieurs décennies en tant que dirigeants du parti dominant, le True Whig Party, tout en défavorisant les peuples indigènes. Un coup d’État en 1980 met fin à la domination Américano-Libérienne et marque la prise de pouvoir de Samuel Doe, le premier président indigène. Instaurant un régime dictatorial, il est assassiné en 1990 dans le contexte de la première guerre civile libérienne qui éclate en 1989 et dure jusqu'en 1997 avec l'élection du chef rebelle Charles Taylor comme président. En 1999, la deuxième guerre civile libérienne se déclenche contre sa propre dictature et Taylor est renversé à son tour à la fin de la guerre en 2003. Depuis, le pays est relativement stable et démocratique, bien que l'économie du pays soit toujours dévastée par les deux guerres civiles.

Le Liberia, qui compte parmi les vingt pays les moins développés du monde avec un indice de développement humain de 0,487 en 2022, le classant sur , fait partie de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Histoire

En 1822, le Liberia est fondé par une société américaine de colonisation (l', « la Société américaine pour la colonisation des gens de couleur libresJean-Baptiste Say, « De la première Colonie formée par les Américains en Afrique », in Revue encyclopédique, tome xxiv, soixante-dixième cahier, Paris, octobre 1824. »), pour y installer des esclaves noirs libérés. Pour cela elle a acquis en 1821, à l'Est du cap Mesurado, un territoire où sont installées trente familles. L'établissement reçoit le nom de Monrovia en l'honneur du président James Monroe. L'immigration de Noirs américains fait prospérer la colonie, mais des tensions apparaissent avec les populations indigènes. Le pays s'accroît par l'acquisition du territoire des Gallinas au nord-ouest en 1848, absorbe en 1857 la république du Maryland fondée aussi pour des anciens esclaves au cap Palmas en 1834, puis le territoire du Cassa en 1862 ; enfin le royaume de Medina est annexé en 1882, ce qui double la population.

Entre-temps, le , le Liberia devient une république indépendante. Le suffrage censitaire permet à l'élite américano-libérienne, représentée par le , de conserver le pouvoir durant un siècle.

Les frontières du pays sont modifiées plusieurs fois au , notamment en 1902, lorsque la France rattache le tiers oriental de son territoire à la Côte d'Ivoire.

Au début du , près d'un tiers du budget de l’État libérien provient de la taxe des travailleurs africains, dont l'élite elle-même ne s’acquitte pas. Cette situation entraîne des soulèvements réprimés avec violence. Lourdement endetté, le Libéria reste aligné sur Londres, Paris et Washington pour les questions de nature diplomatique. Le pays connaît une reprise économique dans les années 1920 grâce à la vente des propriétés allemandes confisquées pendant la guerre..

En 1931, la Société des Nations (SDN) condamne les conditions de travail forcé imposé aux autochtones par les Américano-Libériens pour le compte de multinationales de l’industrie du caoutchouc. Le scandale contraint le gouvernement à la démission. En 1936, le nouveau gouvernement interdit le travail forcé. Néanmoins, les autochtones, privés du droit de vote, restent des citoyens de seconde zone. Il faut attendre pour que le président William Tubman le leur accorde.

En 1960, le Liberia entre dans une période de vingt années de prospérité, grâce à des concessions offertes à des multinationales étrangères (principalement américaines et allemandes) pour l’exploitation des gisements de minerai de fer du pays.

En 1971, William Richard Tolbert, vice-président depuis 1951, accède à la présidence à la mort du président Tubman. La politique économique qu’il mène accroît le clivage entre Américano-Libériens et autochtones.

Le , le gouvernement du True Whig Party est renversé lors d'un coup d'État mené par Samuel Doe, un autochtone qui prend le pouvoir. Le président Tolbert est assassiné ainsi que plusieurs ministres. Doe instaure rapidement une dictature.

En 1989, le National Patriotic Front of Liberia (NPFL), un groupe d'opposition sous l’autorité de Charles Taylor, s'organise. La révolte gagne rapidement l'ensemble du pays sans rencontrer de résistance sérieuse de la part des forces gouvernementales. Néanmoins, l’avancée est stoppée aux portes de Monrovia. Dans le même temps, les membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) décident l’envoi de sa force d’interposition, l’ECOMOG, composée de .

En 1990, un désaccord au sein du NPFL conduit Prince Johnson à faire sécession et à créer l’Independent National Patriotic Front of Liberia (INPFL) avec un millier de dissidents. Le , le président Doe est assassiné par Prince Johnson lors d’une visite aux troupes de l’ECOMOG. En 1992, le NPFL tente un nouvel assaut sur Monrovia qui se solde par un échec. La situation s'enlise. Des chefs de guerre créent de nouvelles factions dissidentes. Les tentatives de résolution du conflit par la CEDEAO restent vaines. En 1996, l'ensemble des factions acceptent la tenue d'un vote sous l'égide de la CEDEAO. Entre 1989 et 1997, la guerre civile a coûté la vie à près de , des civils pour la plupart, et provoqué un effondrement total de l'État.

Le , Charles Taylor est élu président de la république du Libéria avec 75 % des voix. Son slogan, durant la campagne politique qui a précédé l'élection, est resté célèbre: , signifiant ainsi son intention en cas d'échec de remettre le pays à feu et à sang.. En 1998, l'Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group (ECOMOG) quitte le Libéria. La deuxième guerre civile libérienne commence quelques mois plus tard.

En 2003, après le départ de Charles Taylor, une transition politique est organisée, sous contrôle étroit de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le , Ellen Johnson Sirleaf sort victorieuse du second tour de l’élection présidentielle avec 59,4 %, contre 40,6 % pour George Weah. Elle devient ainsi la première femme élue démocratiquement présidente d’un pays en Afrique. Elle prête serment le et entre ainsi officiellement en fonction. Elle est réélue le avec un score de 90,7 %. Le pays est touché par la fièvre Ebola, en particulier durant les années 2014-2015. Cette épidémie fait des milliers de morts..

Le , George Weah est élu avec 61,5 % des voix au suffrage universel face au vice-président sortant, Joseph Boakai, qui en obtient 38,5 %..

Politique

vignette|Carte topographique et administrative du Liberia. La plus longue présidence est celle de William Tubman, en fonction de 1944 à sa mort en 1971. La plus courte est celle de James Skivring Smith, qui ne dure que deux mois, du au . Après la dissolution du Parti républicain en 1876, le True Whig Party devient le parti unique de facto, et les Américano-Libériens, exercent le pouvoir jusqu'au coup d'État de 1980. Le , Samuel Doe prend le pouvoir. Les , les autochtones, sont pour la première fois à la tête du pays. Samuel Doe favorise les membres de son ethnie, les Krahns. Le pays dispose de ressources naturelles, comme l'or, le fer, le bois, le caoutchouc, ou encore le diamant, mais est déchiré par deux guerres civiles successives, la première de 1989 à 1997, et la deuxième de 1999 à 2003. Depuis la fin de ces guerres civiles, le Liberia est une république multipartite à régime présidentiel, qui redevient une démocratie. Après les courtes présidences de Moses Blah puis de Gyude Bryant, Ellen Johnson Sirleaf leur succède, élue sur deux mandats, de à , puis George Weah. Ces changements à la tête de l'État se font pacifiquement et démocratiquement..

Le gouvernement est basé sur le modèle des États-Unis avec trois branches égales , bien que le président occupe en réalité une place prépondérante dans le paysage politique..

Armée

Les Forces armées du Liberia (AFL) sont créées en 1962 à partir de la « Force de la frontière libérienne » établie en 1908. Pour la quasi-totalité de son histoire, l'AFL a reçu des États-Unis un matériel considérable et de l'aide pour sa formation. Pour la plus grande part de la période 1941-89, la formation était principalement fournie par des conseillers américains. Cette assistance n'a pas permis de relever le faible niveau d'efficacité militaire, fait courant dans la plupart des forces armées des Pays en développement.

Pour la plus grande partie de la guerre froide, l'AFL a mené peu d'action, excepté l'envoi d'un groupe armé à la république démocratique du Congo dans des années 1960 pour l'Opération des Nations unies au Congo. Cela a changé pendant la première guerre civile libérienne en 1989. L'AFL s'est empêtrée dans le conflit qui a duré de 1989 à 1996-97, puis dans la Deuxième guerre civile libérienne, qui a duré de 1999 à 2003.

Après avoir été complètement démobilisée après la deuxième guerre civile, l'AFL est en train d'être réformée et subit une nouvelle réorganisation. Elle est composée de deux bataillons d'infanterie. La reconstitution de la Garde côtière libérienne et une escadre aérienne est prévue.

Au cours de la période de transition démocratique, le gouvernement libérien a demandé à un officier de l'Armée nigériane, le général de division Suraj Alao Abdurrahman, d'occuper les fonctions de chef de l'armée.

Organisation administrative

Le Liberia est réparti en 15 comtés : Bomi, Bong, Gbarpolu, Grand Bassa, Grand Cape Mount, Grand Gedeh, Grand Kru, Lofa, Margibi, Maryland, Montserrado, Nimba, River Cess, River Gee et Sinoe.

Ces 15 comtés sont divisés en 68 districts.

Géographie vignette|En 2019, Le Libéria avait un score moyen de l'indice d'intégrité du paysage forestier de 4.79, le classant 116 sur ..

Le Liberia est bordé par l'océan Atlantique au sud-sud-ouest et à l'ouest-sud-ouest, et limitrophe de la Sierra Leone au nord-ouest, de la Guinée au nord et de la Côte d'Ivoire à l'est.

Doté d'un climat tropical, le Liberia possède trois types de ce climat : climat tropical de mousson, climat équatorial et climat tropical de savane. vignette|Climats du Liberia selon la classification de Köppen.

Économie vignette|gauche|redresse|États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Le Liberia est un paradis fiscal dont l'une des particularités est de ne jamais faire apparaître le nom des personnes physiques sur ses registres du commerce. Le Liberia fait partie des pavillons de complaisance.