Les élections législatives thaïlandaises de 2026 ont lieu le , afin de renouveler les 500 membres de la Chambre des représentants de Thaïlande. Un référendum constitutionnel est organisé simultanément.
Alors qu'une dissolution de la fut en effet prévue avant , conformément à l'accord signé entre le Parti du peuple, principal parti d'opposition, et la Fierté thaïe, formation conservatrice ayant participé aux précédents gouvernements favorable aux militaires, Anutin Charnvirakul, Premier ministre et chef de cette dernière, annonce le la dissolution pour convoquer des élections anticipées, sur demande de Natthaphong Ruangpanyawut, chef du Parti du peuple. Elle se tient sur fond de crise politique, à la suite d'un conflit avec l'Assemblée nationale sur une réforme constitutionnelle, mais aussi sous le contexte de la reprise du conflit frontalier avec le Cambodge.
Les résultats du scrutin voient l'arrivée surprise en tête de la Fierté thaïe avec 192 sièges, soit 121 de plus qu'en 2023, tandis que le Parti du peuple, contrairement à ce qu'annonçait les sondages, n'est finalement pas parvenue à se positionner comme grand parti favori, restant ainsi dans l'opposition avec 120 sièges, soit 31 de moins qu'en 2023. Le Pheu Thai perd également son effervescence des dernières élections de par les précédentes crises des gouvernements Thavisin et Shinawatra, et passe en dessous des 100 sièges remportés. La participation reste néanmoins forte (71,42 %, soit 4 points de moins qu'en 2023). Les médias étrangers voient en ces résultats une victoire pour le conservatisme et nationalisme thaïlandais, la Fierté thaïe ayant bénéficié de ces idéologies lors du conflit avec le Cambodge, et le Parti du peuple et le Pheu Thai ayant dispersé les votes des centristes et des libéraux.
La gestion de ces élections par la Commission électorale donne lieu à de larges critiques et à un mouvement, également soutenu par plusieurs personnalités politiques, réclamant un , à la suite de la découverte de nombreuses irrégularités dans de nombreuses circonscriptions et provinces.
Contexte Élections législatives de 2023
gauche|vignette|Pita Limjaroenrat le , au lendemain des élections législatives. Les élections législatives de 2023 voient l'arrivée en tête des principaux partis d'opposition que sont Aller de l'avant et le Pheu Thai, qui défont les partis conservateurs et militaristes du gouvernement précédent... Dès lors, Pita Limjaroenrat revendique la victoire de sa formation politique dont il est chef et fait signer un accord de coalition avec sept partis.. La coalition doit dépendre cependant du vote d'une soixantaine de sénateurs, la Constitution de 2017 prévoyant en effet le vote d'un Premier ministre par la totalité des membres de la Chambre des représentants et du Sénat, réunis en Assemblée nationale..
Lors d'une session conjointe le , le parlement bicaméral rejette finalement la candidature de Pita Limjaroenrat, n'ayant obtenu que 325 voix, dont 13 sénateurs, soit loin des 376 nécessaires... Il est aussitôt déchu de son mandat de député quelques jours suivants et sa candidature est déclarée illégale à la suite d'un vote de l'Assemblée nationale..
Voyant ainsi la tentative échouée d'Aller de l'avant de former une coalition, le Pheu Thai rompt son alliance pour présenter l'un de ses candidats, Srettha Thavisin., et parvient à obtenir le ralliement des partis conservateurs et militaristes, dont le Palang Pracharat et la Fierté thaïe, arrivée pour sa part en position de faiseur de roi.. Le , Srettha Thavisin est élu Premier ministre avec 482 voix pour, dont 152 sénateurs, et est investi le jour suivant...
Gouvernements successifs Gouvernement Thavisin Le , le gouvernement de Srettha Thavisin est formé, mais se voit rapidement changé plus d'un an plus tard, en , en raison de la nomination de au poste de ministre auprès du Cabinet qui avait auparavant été condamné en 2008 à une peine d'emprisonnement, démettant ainsi Srettha Thavisin de ses fonctions par la Cour constitutionnelle le ...
Gouvernement Shinawatra Un nouveau vote, cette fois-ci sans les voix du Sénat à la suite de la fin de la douzième législature de celle-ci, se tient par la suite le , à l'issue de laquelle Paethongtarn Shinawatra, cheffe du Pheu Thai et fille de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, est élue avec 319 voix.. Elle est investie Première ministre le et son gouvernement, le .
Elle est cependant fragilisée en par le conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande qui s'accentue, suivi d'une divulgation dans la presse d'un appel à Hun Sen, ancien Premier ministre du Cambodge. Anutin Charnvirakul, alors vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, se range dans l'opposition avec son parti, faisant ainsi perdre au gouvernement de Paethongtarn Shinawatra l'un des principaux partenaires de sa coalition. Elle est suspendue par la Cour constitutionnelle le , puis est démise officiellement de ses fonctions près d'un mois plus tard, le .
Gouvernement Charnvirakul Avant un énième vote pour élire un nouveau chef de gouvernement, Anutin Charnvirakul annonce sa candidature au poste de Premier ministre au détriment de Chaikasem Nitisiri du Pheu Thai. Des négociations sont alors lancées avec le Parti du peuple, successeur d'Aller de l'avant dissous en et principal parti ayant le plus de sièges à la Chambre des représentants, pour obtenir sa confiance aux investitures : celui-ci choisira finalement la Fierté thaïe, à la suite d'un accord qui lui promet ses voix s'il dissout la législature actuelle de la Chambre dans les quatre mois suivant la prise de ses fonctions et qu'il est favorable à une réforme constitutionnelle. Ainsi, il est élu le avec les voix d'un soutien sans participation du Parti du peuple, puis est investi le .
Son gouvernement, nommé le , réunit les principaux partis militaristes. Il s'agit du premier gouvernement minoritaire depuis le deuxième gouvernement de Seni Pramot, formé en 1975.
Dissolution Le , dans le cadre d'un examen d'une réforme de l'article 256 alinéa 28 de la Constitution, l'Assemblée nationale (Chambre des représentants et Sénat réunies) vote en faveur de la mise en place de l'utilisation d'un tiers des voix du Sénat pour permettre un vote sur un amendement constitutionnel. Contraire à l'accord passé entre le Parti du peuple et la Fierté thaïe, Natthaphong Ruangpanyawut, chef de l'opposition, demande ainsi immédiatement la dissolution, ce que Anutin Charnvirakul fait en soumettant un projet de décret de dissolution au monarque. Celui-ci l'accepte le jour suivant.
Mode de scrutin La Thaïlande est dotée d'un parlement bicaméral composé d'une chambre basse, la Chambre des représentants, et d'une chambre haute, le Sénat. Jusqu'en 2024, les de ce dernier sont intégralement nommés par un panel d'une dizaine de grands électeurs choisis par la junte militaire dans le contexte du Coup d'État de 2014.. Les élections sénatoriales de juin 2024 ont mis fin à cette période de transition. Des élections au scrutin indirect ont ainsi été organisées dans le cadre de la Constitution de 2017.
La Chambre des représentants est composée de 500 sièges pourvus pour quatre ans selon un mode de scrutin mixte. Sur ce total, 400 sont ainsi pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales, tandis que les 100 sièges restants le sont au scrutin proportionnel plurinominal de liste selon un système parallèle. Les électeurs votent ainsi en remplissant deux bulletins séparés, le vote pour un candidat choisi au niveau d'une circonscription pouvant être différent de celui envers un parti pour les sièges à la proportionnelle au niveau national[.
Candidats au poste de Premier ministre Conformément à la Constitution, le Premier ministre ne peut être choisi que parmi une liste préétablie de candidats. Chaque parti peut ainsi présenter jusqu'à trois candidats, à condition d'avoir obtenu au moins 25 sièges (soit au moins 5 %) à la Chambre des représentants.
Forces en présence Principales formations NomPositionnementTête de listeRésultats en 2023Sièges à la dissolutionParti du peuple (PP)Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme, libéralisme, réformismeNatthaphong Ruangpanyawut36,54 % des voix143Pheu Thai (PT)Centre à centre droitLibéral-conservatisme, libéralisme économique, populismeYotchanan Wongsawat27,74 % des voix140Fierté thaïe (FT)Centre droit à droitePopulisme de droite, localisme, conservatisme, royalisme, libéralisme économiqueAnutin Charnvirakul2,88 % des voix71Nation thaïe unie (NTU)Centre droit à droite, voire extrême droiteUltraconservatisme, nationalisme, monarchisme, militarisme, autoritarismePhiraphan Salirathawiphak12,06 % des voix36Parti démocrate (DEM)Centre à centre droitLibéral-conservatisme, royalisme, néolibéralismeAphisit Wetchachiwa2,34 % des voix25Palang Pracharat (PPR)DroiteRoyalisme, conservatisme, militarisme, autoritarisme, populisme de droite1,36 % des voix20
Autres formations Nouvelle Démocratie (ND), mené par Parti économique (ECO), mené par Parti libéral thaïlandais (LT), mené par Seripisut Temiyavet Prachachart (PCC), mené par Klatham (KT), mené par Thammanat Prompao Thai Sang Thai (TST), mené par Sudarat Keyuraphan
Candidats au poste de Premier ministre Le , la Commission électorale publie les noms des 94 candidats au poste de Premier ministre, issus de 43 partis. +Liste non exhaustive des candidats au poste de Premier ministre aux élections législatives thaïlandaises de 2026 Klathamalt=|centré|221x221px53x53pxThai Sang Thaialt=|centré|200x200pxalt=|centré|213x213pxalt=|centré|199x199px50x50pxParti du peuplealt=|centré|200x200pxalt=|centré|200x200pxalt=|centré|200x200px50x50pxPrachachartalt=|centré|199x199pxalt=|centré|199x199px50x50pxParti démocratealt=|centré|192x192pxalt=|centré|230x230pxalt=|centré|198x198px50x50pxPalang Pracharatalt=|centré|197x197pxalt=|centré|197x197px50x50pxPheu Thaialt=|centré|205x205pxalt=|centré|197x197pxalt=|centré|193x193px81x81pxFierté thaïealt=|centré|201x201pxalt=|centré|197x197px81x81pxNation thaïe uniealt=|centré|223x223pxalt=|centré|200x200pxalt=|centré|197x197px
Sondages centré|vignette|1111x1111px|Moyenne lissée des sondages depuis les élections législatives de 2023.
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