Mridula Koshy est une écrivaine et militante indienne née en . Autrice de nouvelles et de romans, elle se fait connaître avec son premier recueil, , récompensé par le Shakti Bhatt First Book Prize en . Son œuvre, qui comprend notamment les romans () et (), se distingue par l’attention portée aux classes populaires de Delhi. En , elle cofonde The Community Library Project, un réseau de bibliothèques gratuites à Delhi, et s’engage en faveur de l’accès à la lecture.

Jeunesse et formation Mridula Koshy naît en Inde en .. Elle grandit à Delhi, où elle réside jusqu’à l’âge de quinze ans.. Elle émigre aux États-Unis dans les années et étudie au Occidental College, près de Los Angeles, où elle obtient son diplôme. Durant ses premières années aux États-Unis, elle s’insère dans une société qu’elle décrit comme marquée par des tensions autour des questions raciales, sociales et migratoires.

Après une vingtaine d’années passées aux États-Unis, Mridula Koshy retourne vivre en Inde et s’installe à New Delhi, où elle poursuit une carrière littéraire, qu’elle décrit comme étroitement liée à son parcours de militante syndicale.

Activisme Après l’obtention de son diplôme universitaire, Mridula Koshy devient organisatrice syndicale à plein temps s'engage dans le travail communautaire tout en occupant divers emplois, notamment ceux de serveuse ou d’habilleuse. Elle rejoint d’abord le syndicat radical Local 11, venu recruter sur son campus, avec lequel elle est arrêtée pour la première fois dans le cadre de son activité syndicale. Par la suite, elle travaille pour le puis pour l’Union internationale des employés des services à Portland, où elle mène des actions pour l’organisation de travailleurs pendant six ans. Son expérience syndicale inclut le travail auprès de salariés du secteur public, du secteur de la santé et de professions peu représentées au niveau syndical.

L’expérience de Mridula Koshy dans les milieux ouvriers et migrants influence ultérieurement sa vision politique, notamment dans l’analyse des rapports de genre, de classe et des dynamiques migratoires aux États-Unis.

En , de retour en Inde, Mridula Koshy cofonde (TCLP), une initiative visant à créer des bibliothèques gratuites et ouvertes à tous. Le projet ouvre trois bibliothèques gratuites dans la région de Delhi.. TCLP organise chaque année une levée de fonds afin d’acquérir des ouvrages pour ses bibliothèques. En , en tant que responsable du projet, Mridula Koshy porte un appel public pour la création de bibliothèques gratuites accessibles à tous, présenté lors du organisé par le ministère de la Culture indien..

Carrière littéraire Mridula Koshy commence sa carrière littéraire par l’écriture de nouvelles, contribuant notamment à des anthologies publiées par Penguin Books India ainsi qu’à des revues américaines et européennes. Son premier recueil de nouvelles, , est publié par Westland/Tranquebar Press et paraît en . Ce recueil remporte le Shakti Bhatt First Book Prize en , et est également finaliste du Vodafone Crossword Book Award... L’ouvrage rassemble des récits ancrés dans différents lieux de Delhi, et met en scène des tranches de vie dans un cadre citadin. Plusieurs nouvelles du recueil sont commentées dans la presse, parmi lesquelles , centrée sur un domestique confronté au fossé social entre son milieu et celui de ses employeurs, et , qui raconte l’histoire d’une femme souhaitant disperser les cendres de ses fils. La nouvelle suscite une analyse universitaire portant sur la représentation du désir féminin et sur l’exploration de thématiques lesbiennes dans la littérature indienne contemporaine..

Son premier roman, , est publié en 2012 et est finaliste du Crossword Book Award en . L’œuvre, également publiée sous le titre , met en scène deux trajectoires parallèles : celle d’Annakutty Verghese, une femme du Kerala ayant été contrainte d’abandonner son fils pour adoption, et celle de Madhu/Asa Gardner, cet enfant devenu adulte aux États-Unis. Le roman est centré autour du thème de l’abandon, et marqué par une tonalité sombre qui évoque la perte et la recherche de l’identité personnelle..

Son second roman, , paraît en .. L’ouvrage suit Noor, une adolescente dont la vie familiale est bouleversée lorsque son père perd son emploi et doit se reconvertir dans la récupération de déchets. Le roman explore également la relation de Noor avec Ajith, un garçon dalit, ainsi que ses tentatives pour trouver sa place dans un environnement urbain précaire.

Mridula Koshy déclare décider, au cours des années , de réduire puis d’interrompre son travail d’écriture créative afin de se consacrer prioritairement aux actions menées au sein de The Community Library Project, qu’elle a cofondé.

Analyse de l'œuvre La critique souligne que Mridula Koshy se concentre sur des personnages issus de classes populaires et sur la représentation de vies ordinaires au sein de Delhi.. Ses nouvelles, notamment celles réunies dans , mettent en scène des interactions entre individus de classes sociales différentes et privilégient des situations marquées par la vulnérabilité, la mobilité sociale limitée ou les tensions quotidiennes du monde du travail.

Dans , Mridula Koshy représente une protagoniste qu’elle qualifie elle-même de , refusant les approches fondées sur l’héroïsation ou un traitement destiné à un lectorat de classe moyenne. Les analyses universitaires de Lisa Lau et Vanessa Guignery identifient ce roman comme une œuvre qui refuse les récits d’ascension sociale individuelle et qui brouille les frontières entre victimisation et agentivité des personnages, en particulier dans sa description des travailleurs et des collectivités marginalisées de Delhi...

est rapproché du roman d’, les deux œuvres portant sur des travailleurs précaires de Delhi et interrogeant les transformations urbaines de la ville dans un contexte néolibéral.. La chercheuse Vanessa Guignery considère que la représentation du travail manuel et de la pauvreté dans le roman de Mriula Koshy s’éloigne des modèles littéraires dominants en langue anglaise, caractérisés soit par l’exotisation des conditions de vie défavorisées, soit par la mise en scène de récits d’émancipation individuelle.

L’œuvre de Mridula Koshy fait également l’objet d’analyses écocritiques, notamment en ce qui concerne sa représentation des récupérateurs de déchets et des pratiques de recyclage informel dans , décrites comme essentielles au maintien d’un environnement urbain vivable mais marquées par une grande précarité sociale et professionnelle..

Publications . . .

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