Adila Bayhum-al-Jazairi, née en 1900 et morte en 1975 est une féministe, militante pour l'indépendance et philanthrope syrienne (d'origine libanaise). Elle est une pionnière du mouvement des femmes syriennes et partisane de l'indépendance de la Syrie vis-à-vis de la France.
Biographie Elle nait dans une famille aisée de Beyrouth. Elle travaille comme journaliste pour le magazine Fata al-Arabi. En 1922, elle épouse un membre de la famille Jaza'iri et s'installe à Damas, en Syrie.
Elle est cofondatrice de la Société d'éveil des femmes de Damas en 1927. Elle fonde la Société Dawhet al-Adab en 1928, qui crée une école nationaliste arabe pour filles du même nom. Pour son engagement, elle reçoit la médaille d'honneur de l'Éducation. Elle est également cofondatrice de l'Union des femmes syriennes en 1928 et présidente de l'Union des femmes arabes de Damas de 1933 à 1967, puis présidente honoraire de 1967 à 1975. Elle est la déléguée syrienne à la Conférence des femmes orientales pour la défense de la Palestine au Caire en 1938.
Durant cette période, le mouvement féministe syrien milite pour l'abolition du voile, considérant le hijab en Syrie comme une forme de ségrégation des sexes propre à l'islam. Adila Bayhum ne participe pas activement à cette campagne, mais se retrouve néanmoins en conflit avec les conservateurs sur cette question. Féministe, elle est la cible de conservateurs musulmans qui prônent une vie recluse pour les femmes, voilées et tenues à l'écart de la vie publique. En 1943, le mouvement islamique al-Gharra est informé d'une manifestation contre le voile prévue lors d'un bal organisé par Adila Bayhum, où les participantes devaient se dévoiler. Al-Gharra menaça alors d'attaquer la maison et d'y mettre le feu. En réponse à cette menace, Adila Bayhum interrompt pendant sa distribution gratuite de lait aux quartiers pauvres de la ville, provoquant des émeutes parmi les populations défavorisées. Ces dernières manifestèrent avec succès contre al-Gharra, exigeant qu'on laisse Adila Bayhum tranquille.
Adila Bayhum défend le droit des femmes à ne pas porter le voile, à voter et à être élues à des fonctions politiques. Cependant, comme militante pour l'indépendance nationale, elle privilégie l'indépendance de la Syrie sur les droits des femmes. En , elle organise la plus grande marche de femmes de l'histoire de Syrie pour protester contre le refus français de discuter de l'indépendance du pays. Elle apporta son soutien à Husni al-Zaim, qui lui promet d'instaurer le suffrage féminin en Syrie, une réforme finalement adoptée en 1953. En 1960, le président syrien la nomme présidente de l'Association des femmes arabo-africaines.
En 1971, elle est nommée députée par le président de la Syrie.
Bibliographie . .
Références
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