vignette|Wang Fuk Court en 2009. vignette|Wang Fuk Court la veille de l'incendie. L’incendie de Wang Fuk Court débute le dans le district de Tai Po dans les Nouveaux Territoires à Hong Kong. Il touche sept des huit immeubles d'habitationL'incendie s'est bien propagé à la huitième tour (la tour H), mais cet incendie a été maîtrisé en quelques minutes et ne s'est pas propagé au reste de l'édifice. du quartier de Wang Fuk Court pendant 43 heures et demie. 161 personnes (dont un pompier) meurent dans l'incendie, qui fait également 79 blessés. La plupart des décès ont eu lieu dans les appartements des résidents.
Les murs extérieurs du complexe résidentiel étaient en pleine rénovation lorsque l'incendie s'est déclaré. Des échafaudages en bambou entouraient les huit tours sur toute leur hauteur et étaient enveloppés de filets et bâches de protection. L'incendie démarre à 14 h 00 heure locale (UTC+08:00) dans la tour F à partir du filet de sécurité de ses premiers étages. Des planches en polystyrène extrudé (styrofoam) recouvraient les fenêtres et ont contribué à la rapide propagation de l'incendie. En quelques dizaines de minutes, l'incendie se propage à la tour voisine, et ainsi de suite, ainsi que dans les appartements.
Cet incendie est le premier de niveau 5 (le plus haut pour un incendie) à Hong Kong depuis l'incendie de Cornwall Court en 2008, et le plus meurtrier depuis celui de l'entrepôt Wing On en 1948, qui avait causé 176 morts.
Contexte
Wang Fuk Court est un quartier résidentiel du district de Tai Po (Hong Kong) construit grâce à des subventions accordées par le gouvernement central chinois dans le cadre de son programme d'accession à la propriété. Le complexe est composé de huit tours d'habitation de 31 étages construites en 1983, composées de près de 2 000 appartements au total. Elles font partie des plus hauts bâtiments de Tai Po. D'après le recensement de population conduit en 2021, 4 643 individus résidaient dans le complexe. Près de 40 % de ces résidents étaient alors âgés de 65 ans ou plus.
Une inspection des bâtiments menée en 2016 a permis de recommander une importante rénovation du complexe. En , l'assemblée des propriétaires présente trois plans de rénovations distincts, avec des coûts estimés entre 150 millions de dollars hong-kongais (environ 16,46 millions d'euros) et 330 millions de dollars hong-kongais (environ 36,21 millions d'euros)Taux de conversion en vigueur au 20 décembre 2025 à 16h27 (1 HK$ = 0,10973 €).. Les deux premiers plans, chacun estimés à 150 millions de dollars hong-kongais, réparaient uniquement les parties visiblement endommagées de l'extérieur des bâtiments avant de les recouvrir de tesselles ou de peinture hydrophobe. Le troisième plan, qui est finalement retenu, est estimé à 330 millions de dollars hong-kongais et prévoit la reconstruction complète de tous les murs extérieurs avant de les recouvrir de tesselles. L'entreprise de construction mandatée pour le chantier est la Prestige Construction and Engineering Company. L'expertise en génie structurel est fournie par la Will Power Architects Company, dont les deux dirigeants ont été arrêtés après l'incendie par la Commission indépendante contre la corruption en raison d'une suspicion de corruption pendant les travaux. En , Prestige Construction ne disposait pas des tesselles initialement prévues et les a remplacées par des tuiles en céramique.
Par le passé, Prestige Construction avait enfreint de nombreuses règles de sécurité. L'entreprise a été condamnée pour deux infractions à la sécurité sur un chantier des Niveaux intermédiaires en et a reçu trois amendes en 2023 pour des violations distinctes des règles de sécurité pour un montant total de 30 000 dollars hong-kongais (environ 3 291 €). Un actionnaire de l'entreprise avait été emprisonné en 2009 pour avoir corrompu des responsables hong-kongais du logement. Avant l'incendie de Wang Fuk Court, le département du Travail avait réalisé 16 inspections des travaux depuis , la dernière ayant eu lieu la semaine précédant l'incendie. Trois procédures pénales avaient été engagées et six notices d'amélioration de la conduite des travaux avaient été présentées pendant cette période. Parmi les procédures pénales se trouvaient une enquête pour suspicion de corruption dans le cadre de la rénovation.
Au moment de l'incendie, les huit tours d'habitation du complexe étaient enveloppées d'échafaudages en bambou couverts de filets de protection verts. De plus, les fenêtres intérieures de la pièce de l'ascenseur de chaque étage avaient été scellées à l'aide de polystyrène inflammable.
Échafaudages en bambou et filets de protection En 2025, plusieurs incendies se sont déclarés à Hong Kong sur des chantiers où s'utilisent des échafaudages en bambou enveloppés de filets de protection, notamment un dans le quartier de Tsuen Wan en février et deux autres en octobre dans le quartier de Central et au dortoir de l'université de Hong Kong.
Les échafaudages en bambou sont largement utilisés dans le secteur de la construction à Hong Kong. D'après une estimation réalisée en par des représentants de l'industrie, près de 80 % des échafaudages utilisés dans les chantiers hong-kongais sont en bambou. Le président de l'Institut des professionnels de la sécurité, Lee Kwong-sing, a déclaré qu'il n'était pas facile de mettre de feu au bambou et aux filets traités pour retarder les incendies, et que la cause vraisemblable de ce type d'incendie était probablement plutôt la présence d'une grande quantité de débris de construction inflammables qui auraient pris feu après être entré en contact avec une source de chaleur comme des étincelles. À l'occasion de ses inspections du chantier, le département du Travail a relevé que les filets de protection respectaient les normes incendie en vigueur.
Bien que le département du Travail ait émis des règles de sécurité stipulant que les filets de protection devaient être traités pour retarder la propagation d'un éventuel incendie, ces règles n'étaient pas contraignantes pour les entreprises et ne pouvaient donc pas faire l'objet de poursuites en cas de non-application. Un filet traité en ce sens coûtait 90 dollars hong-kongais (près de 10 €) pour un rectangle de 18 mètres par 2 et devait impérativement être remplacé après tout chantier en raison de la dégradation des propriétés du filet après une exposition au soleil. Un filet ordinaire coûtait quant à lui 50 dollars hong-kongais (environ 5,50 €) pour les mêmes dimensions en plus d'être réutilisable. Par conséquent, certaines entreprises privilégient les filets non-traités pour des raisons purement économiques.
Le , les autorités gouvernementales annoncent leur volonté de remplacer tous les échafaudages en bambou par leur équivalent en métal, argumentant que le bambou se dégradait au fil du temps, qu'il avait contribué à la mort de 23 ouvriers depuis 2018 et qu'il était inflammable. Après l'incendie survenu dans le quartier de Central, le département de la Construction a publié un communiqué appelant à l'établissement d'une réglementation anti-incendie plus performante que celle actuellement en vigueur, notamment en ce qui concerne l'obligation du traitement au retardant des filets.
Autres facteurs potentiels de l'incendie D'après plusieurs résidents et au moins depuis , certains ouvriers fumaient et jetaient leurs mégots dans le vide depuis tout le chantier. Un ancien membre de la sécurité du chantier a également déclaré qu'en , il avait trouvé le système d'alarme incendie volontairement débranché pour que les ouvriers puissent franchir les issues de secours sans la déclencher. Les autorités suspectaient aussi une partie des matériaux utilisés de ne pas être conformes aux règles anti-incendie, permettant à un éventuel feu de se propager plus rapidement. De plus certaines fenêtres situées au niveau des cages d'escalier avaient été remplacées par les ouvriers par des planches de bois, également pour leur permettre de se déplacer plus rapidement dans le bâtiment.
Le jour de l'incendie, Hong Kong était en pleine saison de mousson. Le climat était sec et avec de forts vents. L'humidité de la zone a été mesurée dans l'après-midi à des taux avoisinant les 40 à 50 %. Une notice de risque d'incendie accru avait été communiquée la veille par l'observatoire de Hong Kong le pour ces raisons. Elle était toujours en vigueur le jour de l'incendie.
Chronologie
L'incendie de Wang Fuk Court est le deuxième incendie aussi important depuis la rétrocession de Hong Kong en 1997 et le premier en ... Il est également l'incendie d'immeuble le plus meurtrier au monde depuis 1980..
Premiers signes L'incendie serait parti du filet de protection des premiers étages de la tour F. Dès 14 h heure locale (UTC+08:00) le , les premiers signes d'un départ d'incendie se manifestèrent, notamment une odeur de brûlé sentie par une résidente de la tour G. À travers les mailles du filet, elle remarqua une petite flamme s'échappant d'un appartement de la tour F. Elle tenta alors de contacter le bureau de gestion de la propriété -- en vain. Elle descendit ensuite jusqu'au rez-de-chaussée, où elle rencontra un agent de sécurité qui l'informa d'un incendie. Elle regagna son appartement et s'y abrita en attendant les secours. À 14 h 45, de nombreux témoins observèrent l'échafaudage en bambou en feu. D'après une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par l'un d'entre eux, aucune alarme incendie n'était déclenchée malgré les flammes et la fumée.
Propagation vignette|L'incendie en cours et la mobilisation des pompiers. Les pompiers sont avertis de l'incendie à 14 h 51. Les premiers d'entre eux arrivent sur place en dix minutes, mais le feu était déjà hors de contrôle. La police est également alertée par des témoins vers 15 h et une grande quantité d'appels aux numéros d'appel d'urgence sont passés par des témoins de l'incendie, dont un grand nombre de résidents du quartier déjà bloqués dans leurs appartements. Certains déclarent ne pas avoir entendu l'alarme incendie se déclencher après avoir pressé le bouton. Après l'incendie, il a été déterminé qu'aucun des huit systèmes d'alarme incendie n'était actif dans le complexe. En conséquence, les résidents se sont avertis entre eux de la propagation du feu en toquant aux portes voisins.
L'incendie passe du niveau 1 au niveau 4 à 15 h 34, et atteint le niveau le plus haut, 5, à 18 h 22. Sur place, 128 fourgons d'incendie, 57 ambulances et 767 pompiers sont mobilisés. L'incendie se propage rapidement sur l'échafaudage, pénétrant au sein des appartements par les fenêtres puis s'étendant à tous sauf un des huit immeubles du complexe. À 20 h 15, les pompiers font savoir que les conditions sur place continuent à empirer, avec des débris chutant de l'échafaudage et un nombre croissant d'appels à l'aide. Des renforts sont mobilisés. De nombreux résidents sont restés coincés dans leurs appartements. Les pompiers ne pouvaient pas entrer dans les bâtiments en raison de l'intensité de la chaleur. Les autorités ont demandé aux résidents bloqués de rester à l'abri, de fermer hermétiquement les fenêtres et les portes en attendant que les pompiers viennent les secourir. Les pompiers ont déployé sept grandes échelles afin d'arroser les façades des bâtiments en feu. Au même moment, les pompiers sont entrés dans le huitième bâtiment, non-impacté par l'incendie en cours sur les tours voisines, afin de réactiver l'alarme incendie et de prévenir tout départ d'incendie dans l'immeuble. Tout au long de la nuit, des explosions ont été entendues dans différents appartements.
Un petit incendie s'est également déclenché de l'autre côté de la rivière Tai Po, à proximité d'un collège. Celui-ci est maîtrisé vers 23 h.
Contrôle et extinction de l'incendie vignette|L'incendie dans l'après-midi du 27 novembre.