Jean Verdier, né le à Lacroix-Barrez (Aveyron) et mort le à Paris (Seine), est un évêque catholique français, archevêque de Paris de à sa mort et cardinal.

Biographie

Jean Verdier est le fils de Jean Baptiste Verdier, aubergiste, et de Julie Caumel. Il étudie la théologie et la philosophie au séminaire de Rodez et entre en chez les Sulpiciens. En , il est ordonné prêtre et enseigne ensuite au séminaire de Périgueux qu'il dirige de à . De à , il appartient à la faculté de théologie de Paris et est supérieur du séminaire des Carmes. Il est nommé en chanoine honoraire de Notre-Dame de Paris et, de à , dirige sa congrégation en tant que supérieur général.

En , il est nommé vicaire général du diocèse de Paris et protonotaire apostolique puis, la même année en novembre, archevêque de ParisLe gouvernement français est surpris de cette nomination. L'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège estime qu'il s'agit de briser l'influence de l'Action française, cf .. Le le pape le crée cardinal-prêtre avec le titre de Sainte-Balbine. Il lui confère lui-même la consécration épiscopale, assisté d'Emmanuel Chaptal et d'Alfred Baudrillart, évêques auxiliaires de Paris, pour témoigner de l'importance de ce choix personnel. Comme légat, le cardinal Verdier représente le pape à de nombreuses occasions, soit en France, soit à l'étranger. En , il lance l'œuvre des Chantiers du Cardinal, créant alors de nombreuses paroisses en région parisienne.

De 1936 à 1940, il préside l'Assemblée des cardinaux et archevêques.

L'Action catholique

Le cardinal Verdier est avant tout un évêque de l'Action catholique selon les directives de . Lorsqu'il se rend en à Rome en , le pape le presse dans ce sens. Il désire que l'épiscopat français structure les différentes organisations, comme la Fédération nationale catholique, la Jeunesse ouvrière chrétienne, la Fédération nationale des patronages, etc., qui échappent, en fait, à la direction de la hiérarchie, . Dès , l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France s'emploie à restructurer les mouvements de l'Action catholique, à qui des statuts sont donnés, avec l'abbé Stanislas Courbe comme coordinateur. C'est l'un des six cardinaux français à participer au conclave de 1939 à l'issue duquel est élu.

thumb|285px|Le monument du cardinal Verdier dans la cathédrale de Paris.

Il meurt le à Paris et est inhumé dans le caveau des archevêques sous le chœur de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Le cardinal Verdier et le Front populaire Après la formation du gouvernement de Léon Blum en , le cardinal fait publier un communiqué qui fait grand bruit appelant à .

La gauche se réjouit de cette déclaration et le cardinal Pacelli adresse au cardinal une lettre de félicitations du pape.

Le cardinal Verdier et le nazisme Après la nuit de Cristal en , le cardinal fait paraître une lettre publique commune avec les cardinaux Van Roey, archevêque de Malines, et Schuster, archevêque de Milan, dans laquelle il critique l'assassinat et déplore en Allemagne : Cette déclaration ainsi que celles d'autres prélats sera publiée le 20 décembre 1938 par la Documentation catholique (col. 1481-1510), ainsi que dans un volume de la Bonne Presse, L'Église contre le racisme début 1939. Voir aussi cette recension.. Peu avant sa mort, en 1940, il participe à la publication d'une brochure destinée à dénoncer le programme systématique d'enseignement raciste à l'école en AllemagneL'enseignement primaire et l'éducation raciste en Allemagne, Paris, 1940, 77 p..

Distinctions

Hommage Square du Cardinal-Verdier (Paris)

Succession apostolique Jean Verdier a ordonné les évêques suivants : Archevêque René Graffin, C.S.Sp. (1932) Évêque Patrice Flynn (1932) Évêque Georges-Eugène-Emile Choquet (1935) Archevêque Roger-Henri-Marie Beaussart (1935) Archevêque Pierre-Maurice-Marie Rivière (1936) Archevêque Charles-Albert Gounot, C.M. (1937)

Notes

Annexes

Iconographie Un vitrail, daté de 1933, de l'église du Sacré-Cœur de Saint-Ouen représente le cardinal. Source : Chantiers du Cardinal, n° 178, , p. 3 Un vitrail, daté de septembre 1937, œuvre de François Décorchemont, situé au centre de la nef de l'église Sainte-Odile de Paris, représente lui aussi le cardinal (en bas de la troisième lancette de droite). Source : Brochure Sainte Odile de Paris, réalisé par J.C Biard, p. 32 Un vitrail de l'Église Saint-Jacques-le-Majeur de Montrouge, à gauche dans le chœur, représente son blason (à droite figurent les armes de la famille de Boissieu).

Bibliographie

Jean-Joseph Moussaron, Le Cardinal Verdier. Imprimerie coopérative du Sud-Ouest, Albi, 1949

Liens externes

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