thumb|Maquettes de trois astromobiles martiens de la NASA. De gauche à droite : , et . Un (ou une) astromobile. ( en anglais)Arrêté du 20 février 1995 relatif à la terminologie des sciences et techniques spatiales. est un véhicule conçu pour explorer la surface d'un corps céleste ou d'une autre planète que la Terre. Au cours de ses déplacements, il mène des observations et des analyses de son environnement, souvent de façon quasi autonome et guidée depuis la Terre. Les astromobiles déployés sont généralement des robots télécommandés ou disposant d'une certaine autonomie.

Le seul exemple d'astromobile piloté par un équipage humain embarqué est l'astromobile lunaire Apollo () de la NASA, fonctionnant sur batteries et utilisé à trois reprises sur la Lune en 1971-1972 dans le cadre du programme Apollo pour transporter deux astronautes sur une trentaine de kilomètres.

Historique vignette|Un concept récent d'astromobile lunaire équipé d'une cabine pressurisée.

Les ouvrages de science-fiction du début du sont les premiers à développer le concept d'un véhicule permettant de transporter des hommes sur la surface de la Lune. Le premier astromobile lunaire apparaît dans le roman de science-fiction publié en 1901 par le Polonais : le véhicule imaginé comporte une cabine pressurisée, est propulsé par un moteur électrique et utilise une combinaison de roues et de « jambes » bioniques. L'écrivain américain Hugo Gernsback, dans son ouvrage Les Aventures scientifiques du baron Münschausen (1915), imagine un véhicule qui prend la forme d'une sphère de de diamètre et qui utilise pour se mouvoir une chenille qui fait le tour de sa circonférenceBurkhalter et Sharpe (1995), 199.. L'écrivain et scientifique russe Constantin Tsiolkovski, père de l'astronautique, décrit dans son roman Au-delà de la Terre (1918) un véhicule lunaire biplace sur roues doté d'une cabine pressurisée et propulsé par des moteurs électriques. L'engin est doté d'un système de contrôle thermique dont les principes seront repris par la suite pour certaines sondes spatiales. De petites fusées sont mises à feu pour franchir les crevassesBurkhalter et Sharpe (1995), 200..

Durant les années 1920 et 1930, les véhicules lunaires décrits dans les ouvrages de science-fiction relèvent plus d'une démarche humoristique que scientifique. Dans les années 1950, alors que la course à l'espace est lancée, le sujet reçoit un traitement plus sérieux. Le mathématicien, physicien et auteur de science-fiction britannique Arthur C. Clarke est le premier à décrire, dans l'article « » (« L'Exploration de l'espace »), un véhicule lunaire plus réaliste : L'auteur Hergé, dans l'album de bande dessinée On a marché sur la Lune, paru de 1950 à 1953, met en scène Tintin et ses amis qui utilisent plusieurs véhicules et principes détaillés pour explorer la surface de la Lune.

Caractéristiques générales vignette|L'astromobile représenté en images de synthèse. L'astromobile se distingue de l'atterrisseur par sa mobilité qui lui permet d'étudier une région plus étendue que celle du site d'atterrissage. Il peut être ainsi dirigé vers une zone intéressante aux reliefs contrastés qui ne permet pas d'atterrir en sécurité comme un cratère, un affleurement ou des rochers. Au-delà des obstacles rencontrés sur le terrain, la mobilité de l'astromobile est toutefois limitée par les conditions climatiques et d'ensoleillement. Il est souvent équipé de panneaux solaires qui lui fournissent l'énergie nécessaire à ses déplacements.

Contrairement à un orbiteur qui effectue des observations et des mesures depuis une orbite, l'astromobile peut analyser directement les matériaux et roches en surface. Il peut être équipé d'instruments scientifiques variés (spectromètre, foreuse, four, capteurs, caméras) qui permettent d'apporter des informations plus précises sur la composition des matériaux. La contrepartie est que la zone de prospection de l'astromobile se limite à une région proche du site d'atterrissage. Dans le cas de la planète Mars la distance qui sépare l'astromobile de la Terre ne permet pas de communiquer en temps réel : le temps de transmission du signal aller-retour peut atteindre une quarantaine de minutes suivant la position respective de Mars et de la Terre. L'astromobile doit donc être conçu pour fonctionner de manière autonome.

Astromobiles lunaires Lunokhod 1 (1970)

Durant les années 1960, les Soviétiques développent dans le secret un astromobile lunaire nommé , avec l'ambition d'en faire le premier robot commandé sur la Lune. Il est radiocommandé depuis la Terre par un personnel spécialement entraîné au temps différé entre les ordres, l'action et le retour visuel. Il est lancé le mais l'explosion d'un propulseur d'appoint au décollage conduit à l'échec de la mission.

Une nouvelle tentative est effectuée en avec la mission Luna 17 transportant l'astromobile . Un lanceur Proton décolle avec succès de Baïkonour le et sa charge utile atteint l'orbite lunaire cinq jours plus tard.. Après deux jours en orbite l'astromobile atterrit sur la mer lunaire Mare Imbrium (la mer des Pluies) et envoie le premier signal le . C'est le premier astromobile sur un corps céleste, guidé depuis la Terre. Lunokhod 1 est un véhicule à huit roues composé d'un caisson principal à large couvercle, d'antennes, de caméras vidéos et d'instruments pour analyser le sol lunaire. L'alimentation électrique est fournie par des panneaux solaires et l'astromobile est conçu pour fonctionner durant trois jours lunaires..

Du 17 au l'astromobile parcourt et au cours de dix séances de communication transmet quatorze images rapprochées de la Lune et douze vues panoramiques. Il analyse la surface lunaire durant dix mois en effectuant plusieurs centaines de tests. Le dernier contact avec Lunokhod 1 est obtenu le .

Lunokhod 2 (1973)

thumb|Maquette de l'astromobile Lunokhod 2. Le , la sonde Luna 21 transportant l'astromobile nommé Lunokhod 2 est lancée avec succès en direction de la Lune. Les caractéristiques de cet astromobile sont similaires à celles de Lunokhod 1 : une masse de , de long pour de large et huit roues, mais cette version est équipée d'un appareil photographique de qualité pour obtenir des vues panoramiques et une meilleure représentation de la topographie lunaire.

L'alimentation électrique est fournie par des panneaux solaires et une source de chaleur radioactive fonctionnant au polonium 210 permet de limiter la chute de température de l'astromobile qui a lieu durant la nuit.. La sonde se place sur orbite lunaire le 12 et réussit son atterrissage le sur la bordure orientale de la région de la mer de la Sérénité (Mare Serenitatis). C'est le deuxième astromobile contrôlé depuis la Terre à se poser sur un corps céleste.

Lunokhod 2 reste opérationnel pendant environ quatre mois. Il parcourt au total plus de Le chiffre de , avancé pendant 40 ans, a été révisé à la hausse en juin 2013 : d'après des images prises depuis orbite, Lunokhod 2 aurait en effet parcouru entre et . http://www.nature.com/news/space-rovers-in-record-race-1.13229 [archive] Représentation du parcours : http://fr.rian.ru/infographie/20100322/186299882.html sur divers reliefs comme de petites collines. Il envoie vers la Terre 86 images panoramiques ainsi que plus de images de qualité. Lunokhod 2 détenait le record de la plus grande distance parcourue par un astromobile sur un corps céleste, avant d'être battu par l'astromobile Opportunity en 2018 sur la planète Mars.

Yutu 1 (2013-2014)

Lancé le , le vaisseau Chang'e 3 (troisième sonde lunaire chinoise) se pose sur la Lune le . Il s'agit du premier engin à évoluer sur notre satellite depuis 37 ansLe précédent engin était la sonde soviétique Luna 24, en août 1976.. Quelques heures plus tard, l'astromobile Yutu (en chinois : 玉兔 ; pinyin : yù tù ; littéralement : « lapin de jade », en référence au lapin lunaire) est déposé à la surface. Sa masse est de (dont de charge utile), sa hauteur de , il se déplace sur 6 roues et est surmonté d'un mât portant des caméras ainsi que d'une antenne parabolique servant aux communications vers la Terre. Un bras articulé sert par ailleurs de support à l'un des instruments scientifiques. Son énergie lui étant fournie par des panneaux solaires, il est conçu pour se mettre en veille durant la nuit lunaire (longue de 15 jours terrestres) lorsque la température tombe à , survivant alors grâce à l'énergie stockée dans ses batteries et des unités de chauffage à base d'isotopes radioactifs de plutonium 238.

Prévue pour s'échelonner sur trois mois (trois jours et trois nuits lunaires), sa mission ne durera que deux jours lunaires : le , à la suite d'un dysfonctionnement non expliqué, les déplacements cessent. Au total, Yutu a parcouru Sky & Telescope, http://www.skyandtelescope.com/astronomy-news/change-3-lunar-layers-031320154.

Yutu 2 (2019)

Chang'e 4 est la quatrième sonde spatiale chinoise de l'agence spatiale chinoise CNSA, dont le lancement a lieu le . Elle se pose sur la face cachée de la Lune le et, peu après, débarque Yutu 2, un astromobile dont les caractéristiques sont très proches de celles de Yutu 1.

Le , alors que l'astromobile amorce sa deuxième nuit lunaire, il a parcouru 120 mLa sonde chinoise Chang'e-4 passe de nouveau en mode veille, Renmin Ribao (« Quotidien du Peuple »), édition française, 14 février 2019.

Chandrayaan-2 (2019)

Chandrayaan-2 est la deuxième sonde spatiale indienne développée par l'agence spatiale indienne ISRO. L'engin spatial comprend un orbiteur, un atterrisseur qui doit se poser sur la Lune et un astromobile de . L'orbiteur se place en orbite le et commence le recueil des données quelques jours plus tard. L'atterrisseur tente de se poser en douceur sur la surface de la Lune le , mais tout contact est perdu alors que l'engin spatial se trouve encore à quelques centaines de mètres de la surface. L'atterrisseur et l'astromobile sont considérés comme perdus..

VIPER (2023)

VIPER est un astromobile développé par l'agence spatiale américaine, la NASA, dans le but d'étudier la glace d'eau présente dans le régolithe du fond des cratères situés au pôle Sud de la Lune. L'eau pourrait jouer un rôle important pour les séjours à la surface de la Lune d'équipage d'astronautes en fournissant les consommables nécessaires - oxygène, eau consommable et ergols - grâce aux technologies d'utilisation des ressources in situ. L'engin spatial, qui doit être lancé fin 2023, fait partie des missions développées dans le cadre du Programme Artemis dont l'objectif est de déposer un équipage à la surface de la Lune en 2024. L'astromobile est développé par le centre de recherche Ames de la NASA et doit être déposé sur le sol lunaire par un atterrisseur développé par la société .

Astromobiles sur Mars Prop-M (1971, échecs) La mission soviétique Mars 2 est constituée d'un orbiteur et d'un atterrisseur qui est associé à une petite astromobile nommée Prop-M. Lancée avec succès le , l'atterrisseur effectue sa descente vers la surface martienne le mais s'écrase à la surface.

La mission soviétique Mars 3, jumelle de Mars 2, est constituée d'un orbiteur et d'un atterrisseur qui est associé à une petite astromobile nommée Prop-M. Lancée avec succès le , l'atterrisseur effectue sa descente vers la surface martienne le de la même année.. Après l'atterrissage, il transmet un signal durant une vingtaine de secondes puis le signal est définitivement perdu. La raison de ce silence radio reste inexpliquée. L'atterrisseur devait ensuite placer le petit astromobile sur la surface martienne à l'aide d'un bras manipulateur. Prop-M est un véhicule de seulement relié à l'atterrisseur par un câble et monté sur une paire de « ski ». Il est conçu pour parcourir environ en effectuant des mesures du sol tous les , les traces laissées par le déplacement de l'astromobile sur le sol devaient être photographiées pour être analysées..

(1997)

thumb|L'astromobile .