Orange est une entreprise française de télécommunications présente dans 26 pays.
Orange est à l'origine une entreprise de télécommunications britannique devenue en 1999 la filiale de Mannesmann. En 2000, elle est rachetée par France Télécom, entreprise publique française. L'ancien monopole public français s'est donc internationalisé à la suite du rachat d'Orange et la plupart des marques du groupe France Télécom passe alors sous la marque Orange. Depuis et le passage sous la marque Orange des activités de téléphonie fixe, la totalité des offres commercialisées par France Télécom utilise cette marque qui, le , est devenue la nouvelle appellation du groupe.
En 2025, Orange a réalisé un chiffre d'affaires de d'euros pour l'ensemble de ses activités, compte de clients dans le monde et emploie près de , dont en France.
Histoire Les télécommunications, service industriel de l'État
Durant la Révolution française, en 1792, Claude Chappe présente aux députés de la Convention nationale son invention qui pourrait pour permettre d'acheminer rapidement les informations dans un pays en guerre et peu sûr. Il s'agit du réseau de télégraphie optique de Chappe.
Après l'invention du télégraphe électrique et ensuite du téléphone, l'État français crée en 1878 un ministère des Postes et Télégraphes. Ce dernier annexe bientôt les services du téléphone qui sont nationalisés en 1889. Pourtant, ce n'est qu'en 1923, que le second « T » apparaît, le ministère des P & T devenant celui des PTT.
En 1941, une direction générale des Télécommunications (DGT) est créée au sein de ce ministère et en 1944 le Centre national d'études des télécommunications (CNET) a pour mission de développer l'industrie des télécommunications en France.
Dans les années 1970, la France met les bouchées doubles pour rattraper son retard sur plusieurs autres nations avec le programme « delta LP » (accroissement des lignes principales). C'est à cette époque que fut construite la plus grande partie de la boucle locale. De plus, avec le concours des industriels français sont mis au point par les ingénieurs et chercheurs du CNET la commutation numérique et le Minitel.
Mention spéciale concernant le GSM et l'apport décisif de l'ancêtre d'Orange et du CNET :
En 1981, au sein de la CEPT, l'idée d'une norme paneuropéenne numérique de génération – pour en finir avec les systèmes 1G incompatibles entre eux et s'arrêtant aux frontières – fait son apparition. La concrétisation de cette idée a été rendue possible grâce aux efforts conjoints R&D publics des administrations françaises (DGT et CNET formant une équipe projet) et allemandes des postes et télécommunications. Ces efforts ont notamment permis de valider la faisabilité de ce système et de définir les concepts de base du standard GSM (numérique, TDMA, hand over, saut de fréquences, roaming, etc). En 2018, deux européens, le suédois Thomas Haug et le français Philippe DupuisPhilippe Dupuis, ont reçu conjointement la médaille IEEE/RSE James Clerk Maxwell pour leur contribution à la naissance de la première norme numérique mobile, le GSM, servant de base à la communication des smartphones. En effet, le GSM 2G a servi de socle à la 3G, 4G et 5G. Ceci fait donc des deux opérateurs Orange, avec son ancêtre la DGT (Direction générale des télécommunications) / France Télécom et de Deutsche Telekom, avec son ancêtre la Deutsche Bundespost, les coconcepteurs de la téléphonie mobile telle que nous la connaissons. Ce fait méconnu du grand public constitue un des plus grands succès de coopération technique et politique européenne réussie. Il a été créateur de beaucoup de richesses en Europe, les industriels européens ayant un temps d'avance ; le reste du monde n'y croyant pas. De nos jours, le marché mondial de la téléphonie mobile, basé exclusivement sur la famille des normes GSM, représente 5 % du PIB mondial et plus de 5,4 milliards d'utilisateurssource GSMA intelligence 2023.
Création de la société anonyme France Télécom
vignette|redresse|Une cabine publique France Télécom.
Pour répondre à une directive européenne de mise en concurrence des services de télécommunications (téléphonie fixe principalement), sous forme de parution de son Livre Vert en , la direction générale des Télécommunications est renommée « France Télécom »Toujours écrit France Telecom, sans accent et/ou sans majuscules, dans le logo et les textes en anglais et hors de la France et DOM/TOM. le .
La loi du transforme France Télécom en un exploitant autonome de droit public à partir du . Marcel Roulet en est le premier président. Cette structure est dotée d'une personnalité morale distincte de l'État et acquiert une autonomie financière. Auparavant, le budget des télécommunications était inscrit au sein du budget annexe des PTT voté chaque année par l'Assemblée nationale.
Le , Michel Bon est nommé président du Groupe France Télécom.
Pour préparer l'ouverture à la concurrence au , la loi est promulguée en transformant l'exploitant autonome de droit public en société anonyme au dont l'État français est le seul actionnaire, créant ainsi l'entreprise nationale France Télécom.
En 1997, le capital de la nouvelle société anonyme est ouvert avec succès, l'action est vendue . Une seconde ouverture aura lieu en 1998 malgré la crise des marchés émergents, puis la bulle Internet qui rend les marchés boursiers euphoriques en 1999.
Orange, opérateur mobile britannique Le , Pactel Corporation, British Aerospace, Millicom et Matra créent le consortium Communications Microtel avec pour but de développer une offre concurrente à celle de Vodafone au Royaume-Uni. En , Hutchison Whampoa devient actionnaire majoritaire de Microtel en prenant possession de 65 % des parts de la marquehttp://www.vodafonews.com/orange-royaume-uni.html..
Le , Microtel devient Orange plc et est lancé sur le marché britannique. En 1996, lors de l'introduction en bourse, les principaux actionnaires sont Hutchison Whampoa et British Aerospace détenant respectivement 48 % et 22 % du capital. En juillet 1997, la stratégie de croissance a payé : le cap du million de clients est franchi. L’entreprise présente également .
En , En 1999, Orange s'implante en Autriche, en Belgique et en Suisse et concède des licences de marque à Hong Kong, en Australie, en Israël et en Inde à différents opérateurs.
Fin 1999, l'allemand Mannesmann annonce l'acquisition d'Orange pour un prix équivalent à par client soit de dollars US. En comparaison, Deutsche Telekom a versé par client lorsqu’il a acheté son concurrent One-2-One soit de livres sterling.. Peu après, Vodafone rachète Mannesmann, une opération conditionnée par la Commission européenne à la revente d'Orange plc.
Rachat d'Orange par France Télécom durant la bulle Internet Partie en retard dans le train de l'internationalisation lancé par des concurrents internationaux tels Vodafone, France Télécom se met à chercher des cibles au plus fort de la valorisation des années de la bulle Internet. Cela d'autant plus que son alliance avec Deutsche Telekom, caractérisée par une participation au capital croisée de 2 %, a éclaté lorsque cette dernière a annoncé un projet de rapprochement avec Telecom Italia (finalement abandonné) sans avertir les Français.
En , France Télécom rachète Orange plc à Vodafone pour un coût total estimé à d’euros. Elle devra elle-même se séparer de la filiale belge d'Orange (intégralement cédée à KPN), car elle y possède déjà le réseau Mobistar depuis 1996..
Les activités de téléphonie mobile d'Orange plc sont alors fusionnées avec la majorité des activités mobiles de France Télécom (Itineris, Ola et Mobicarte) constituant le nouveau groupe Orange SA. Le , Orange SA est introduite à la bourse EuroNext Paris avec un prix d’action unitaire fixé à avec une cotation secondaire à Londres et, en , Orange SA est cotée au CAC 40.. Les marques de France Télécom Mobiles (Itinéris, OLA et Mobicarte) sont remplacées par la marque Orange (« Mobicarte » devient le nom de l'une des offres d'Orange et les deux autres disparaissent) en .
France Télécom procède également à de nombreuses autres acquisitions de sociétés (revendues pour certaines) dans le monde, devenant le quatrième opérateur mondial par sa taille (GlobalOne, Equant, Internet Telecom, Freeserve, EresMas, participation dans Wind, NTL, Mobilcom, etc.).
Groupe France Télécom - Orange Désendettement La période d'expansion euphorique tous azimuts de la fin du connut le revers de la médaille en 2002. À la suite de changement de qualification d'une partie de la dette de « long terme » à « court terme » en vue d'obtenir un meilleur taux d'intérêt, les actionnaires s'aperçoivent que, de 2002 à 2005, France Télécom doit rembourser chaque année entre cinq et quinze milliards d'euros de dette.
Le cours de l'action s'effondre à le , alors qu'il était à le . L'entreprise qui avait une capitalisation boursière de d'euros, voit cette dernière chuter à 8 milliards d'euros.
France Télécom fut obligée d'afficher pour la première fois depuis plusieurs décennies un déficit abyssal à la suite d'investissements hasardeux à l'étranger en vue d'en faire un groupe de taille européenne en préparation de l'ouverture à la concurrence.
Le , le président-directeur général est Thierry Breton, appelé pour redresser les comptes de l'entreprise. Elle était à ce moment-là, la deuxième entreprise la plus endettée du monde. Il obtient . Nommé ministre de l'économie, des finances et de l'industrie le , il démissionne de France Télécom.
Le , France Télécom décide le retrait des 13,7 % du capital d'Orange disponible au sein de la bourse de Paris, en lançant une procédure de retrait obligatoire au prix d'introductionhttp://www.bnains.org/archives/histocac/avis/DA2003_3549FR.pdf .. Ce retrait obligatoire provoque la colère des actionnaires minoritaires représentés par l'ADAM, qui intente un recours contre l'opérationColette Neuville part en croisade contre France Télécom, Novethic.fr, .. En 2004, les actionnaires minoritaires perdent leurs recours, et l'action est retirée de la cote le .
L'endettement financier net de France Télécom au en normes IFRS s'élève à d'euros, soit un ratio dette nette sur marge brute opérationnelle juste inférieur à 2.
Privatisation En , l'État français cède une partie de ses actions pour passer en dessous de la barre des 50 %. France Télécom devient alors une entreprise privée. Cent quinze ans après sa nationalisation, la téléphonie redevient privée en France.
En , l'État français cède à nouveau 5 % de sa participation dans France Télécom. La participation publique (État français et ERAP) est portée à 27 %. À cette même date, France Télécom revend Orange Pays-Bas et acquiert le fournisseur d'accès espagnol Ya, ainsi que l'opérateur mobile autrichien One.
En , Bpifrance vend 1,9 % d'Orange, qu'il ne détient plus qu'à 11,6 %. BpiFrance et l'État français possédant 25 % des actions d'Orange.
Acquisitions et scissions En 2003, Orange se retire d'Eutelsat, Telecom Argentina, Wind Telecomunicazioni, pour d'euros environ.
En 2005, Orange se retire de l'association qu'il entretenait avec le câblo-opérateur Noos.. Orange était jusqu'à cette date chargé de la maintenance du réseau câblé analogique de télévision distribué dans les habitations, puis liquide sa filiale France-Télécom Câble, en réaffectant ses personnels fonctionnaires qui y étaient détachés dans la maison mère, de BITCO, d'Orange Danemark, de STMicroelectronics. Au Danemark, l'opérateur Orange A/S (anciennement Mobilix, créé en 1997) est vendu à l'opérateur finno-suédois TeliaSonera pour la somme de d'euros, payés comptant..
Le , France Télécom annonce le rachat de 80 % de l'opérateur de téléphonie mobile Amena, détenteur de 24 % de parts de marché en Espagne, pour la somme de d'euros dont trois par augmentation de capital. La même année, il se retire de Tower Participations/TDF France, Intelsat, France Télécom Câble, Mobilcom.