Le 27 février 2026, Paramount Skydance annonce un accord définitif avec Warner Bros. Discovery (WBD) pour l'acquisition de la société pour 110,9 milliards de dollars, soit 31 dollars par action en liquidités. Cette transaction majeure intervient après plusieurs mois de conflit entre Netflix et Paramount, qui a de facto mis un terme aux projets de scission de WBD en deux entités. Paramount a commencé à soumettre des offres non sollicitées pour acquérir Warner Bros. le 12 septembre 2025 et, malgré leur rejet, le conseil d'administration de WBD a mis la société aux enchères le 21 octobre 2025 afin de maximiser la valeur pour les actionnaires .

Le 20 novembre 2025, Netflix, Paramount, Comcast et Starz déposent des offres concurrentes. Après une seconde série d'offres le 1er décembre 2025, le conseil d'administration de WBD juge l'offre de Netflix supérieure. Paramount dépose cependant une offre concurrente entièrement en liquidités le et continue à modifier sa proposition au cours des mois suivants. Bien que le conseil d'administration de WBD ait approuvé l'accord avec Netflix, WBD annonce le reprendre les négociations avec Paramount après que Netflix ait accordé à Paramount une dérogation contractuelle de sept jours pour lui permettre de soumettre une autre offre.

L'offre révisée de Paramount, à 31 dollars par action, est jugée supérieure par le conseil d'administration de WBD, et Netflix retire son offre de rachat le . Les actionnaires de WBD approuvent la fusion le .

Le 12 juin 2026, l'accord entre Paramount et WBD est approuvé par la division antitrust du Département de la Justice des États-Unis. 12 États américains annoncent cependant déposer une poursuite pour bloquer le rachat le en vertu de la Section 7 du Clayton Antitrust Act, jugeant que ce rachat nuirait à la concurrence sur les marchés des films destinés à une sortie en salles à grande échelle, des blockbusters et des chaînes câblées de base.

Historique

Accord initial avec Netflix

Septembre 2025 à décembre 2025 : premières négociations En , la dette de Warner Bros. Discovery est l'une des plus élevées du secteur du divertissement. Elle est évaluée à 29 milliards d'euros. En comparaison, les dettes respectives de Paramount Skydance et Netflix sont de 13 milliards d'euros.

En , Warner Bros. Discovery réfléchit donc à revendre une partie de ses activités ou à fusionner, et discute avec plusieurs grands groupes du secteur. En , la société avait déjà initialement pensé à se diviser en deux groupes : Warner Bros. et Discovery (qui avaient fusionné en 2022) afin de revendre Discovery et fusionner Warner Bros. avec un autre groupe. Mais avec aussi peu d'intérêt engendré, la société revient sur sa décision.

Plusieurs conglomérats américains s'intéressent alors à un potentiel rachat intégral de la société, en particulier trois grands groupes : Comcast, Netflix et la Paramount. En , Paramount Skydance Corporation propose une offre de rachat de 50 milliards de dollars, mais Warner Bros. Discovery refuse. En , Comcast engage les deux banques Goldman Sachs et Morgan Stanley pour évaluer une offre potentielle pour les actifs de la société. Les négociations suivront jusqu'au début du mois de .

C'est finalement Netflix qui aura la proposition d'offre la plus élevée : 83 milliards de dollars pour reprendre les services de streaming HBO et HBO Max ainsi que les studios cinématographiques Warner Bros. Studios. Elle n'héritera pas des chaînes de télévision. Le , les deux sociétés font alors un communiqué site pour annoncer le rachat.

Décembre 2025 à février 2026 : contre-offres de la Paramount Le , la Paramount annonce une contre-offre de 108 milliards de dollars, bien plus élevée que celle de Netflix. Cette offre inclut les chaînes de télévision de Warner Bros. Discovery. Pour tenter de convaincre le conseil d’administration de WBD et ses actionnaires, Paramount Skydance est prêt à financer son offre intégralement en numéraire, alors que celle de Netflix comportait une partie en actions.

Le , Warner Bros. refuse une nouvelle fois la contre-offre de Paramount. Selon le président du conseil de Warner Bros. Discovery, Samuel Di Pazzia, les administrateurs voient dans le schéma de l'entreprise « des risques et des coûts significatifs ». Il affirme que son acquéreur potentiel n’a pas apporté de réponses satisfaisantes aux inquiétudes exprimées par le conseil.

Critiques du rachat par Netflix Le sujet économique dont fait preuve le rachat de Warner Bros. Discovery par Netflix se transforme en une affaire politique. Le , le président Donald Trump exprime des doutes quant à l'acquisition de la société. Selon lui, Netflix a déjà « une très grosse part de marché ». Le sénateur républicain Mike Lee avait prévenu, sur X, que ce projet « devrait alarmer les autorités de la concurrence partout dans le monde ». Pour Elizabeth Warren, il « menace d’augmenter le prix des abonnements, d’entraîner un choix plus réduit […] tout en menaçant l’emploi aux États-Unis ». Pour David Ellison, PDG de la Paramount, ce rachat par Netflix est un « échec cuisant » car il fausserait la concurrence selon lui.

Annulation Le , Netflix renonce à l'achat de Warner Bros laissant son rival Paramount seul en lice.

Poursuites

Poursuite de consommateurs Le , cinq abonnés à des services de télévision payante et de streaming, Pamela Faust, Len Marazzo, Lisa McCarthy, Deborah Rubinsohn et Gary Talewsky, déposent une poursuite antitrust devant un tribunal fédéral californien exigeant que le rachat de Warner Bros soit annulé et que le rachat de Paramount par Skydance en 2025 soit déclaré illégal. Selon la plainte : . La plainte ajoute : . Toujours selon la plainte : .

Poursuite des États Le , les procureurs généraux de la Californie, de l'Arizona, du Colorado, du Connecticut, du Massachusetts, du Minnesota, du Nevada, du New Jersey, du Nouveau-Mexique, de New York, de l'Oregon et de Washington déposent une poursuite devant le tribunal fédéral du district nord de la Californie pour contester le rachat de Warner Bros. Discovery, l'accusant d'étouffer la concurrence sur les marchés de la distribution de films en salles à grande échelle, des superproductions à gros budget attendues et des chaînes de télévision câblées de base. Le procureur général de Californie, Rob Bonta, déclare dans un communiqué : .

En réaction, un porte-parole de Paramount déclare : .

Poursuite de la WGA Le , la Writers Guild of America, East et la Writers Guild of America, West déposent une poursuite dans le district nord de Californie visant à empêcher la fusion de Warner Bros. avec Paramount au motif qu'elle enfreint la loi fédérale antitrust et qu'elle causerait un préjudice spécifique aux auteurs. Selon la poursuite : .

Jonction des affaires Le , la juge Araceli Martinez-Olguin du compté d'Oakland, qui supervise la poursuite des consommateurs, accepte de joindre les poursuites des États et de la WGA au dossier après une demande de ceux-ci. Cette décision intervient après une demande de récusation de Paramount contre le juge P. Casey Pitts, qui avait été initialement désigné pour traiter la poursuite des États, au motif que celui-ci présenterait une en raison de son expérience antérieure en tant que juriste pour la WGA.

Suspension du rachat Le , peu après le dépôt de leur poursuite, les États déposent une demande d'ordonnance restrictive temporaire ainsi qu'une demande d'injonction préliminaire afin d'ordonner à Paramount de suspendre le rachat de Warner Bros. le temps que le tribunal se prononce. Selon les États, une injonction est justifiée par l'existence d'un risque de préjudice irréparable, étant donné que la fusion .

Le , se tient une audience sur la demande d'ordonnance restrictive temporaire des États. Selon Jeffrey Kessler, avocat de Paramount, Paramount ne prévoit pas conclure la transaction le même si l'Union Européenne approuve le rachat à cette date. Kessler ajoute que Paramount est prêt à reporter la transaction de 28 jours, mais à condition qu'une décision sur l'injonction préliminaire soit prise avant le 30 septembre, date à partir de laquelle Paramount s'est engagé à verser une indemnité journalière de 7 millions de dollars à Warner si la transaction n'est pas terminée. Concernant la poursuite, Kessler qualifie les chiffres des parts de marché cités par les procureurs généraux de trompeurs. Selon Kessler ces pourcentages ne tiennent pas compte de l'impact de distributeurs comme Amazon MGM ni des succès inattendus comme Obsession, . Kessler cite également l'exemple de F1, affirmant que les procureurs généraux de l'État n'avaient pas tenu compte du de ce film au cinéma, alors qu'il a été produit par Apple et non par l'un des cinq grands studios historiques, mais l'avocat des procureurs généraux, James Weingarten, rétorque que F1 a été distribué par Warner Bros, déclarant : . Selon Kessler, la poursuite des États ne tient pas compte du fait que la croissance du marché du streaming . Kessler souligne en outre que Paramount s'est engagé à porter sa production de films en salles à 30 par an après la fusion, précisant que l'entreprise prend cet engagement . Concernant le marché des chaînes de télévision câblées de base, Kessler plaide qu'en cas de fusion, les groupes de chaînes détenus par Paramount et Warner Bros Discovery sont et que les câblodistributeurs offrent déjà les deux groupes de chaînes, de sorte que .

Selon Weingarten, avocat des procureurs généraux, les marchés tels que définis dans la plainte des États reflètent bien la manière dont les affaires sont actuellement pratiquées, et la montée du streaming ne change pas cet état de faits : . Weingarten ajoute que le fait que des films à petit budget puissent avoir un succès inattendu ne change pas le fait qu'il existe un marché distinct pour les films dont le succès commercial est attendu : . Concernant les chaînes de télévision câblées de base, Weingarten rejette l'idée que Paramount ne bénéficierait pas d'un pouvoir de négociation accru, déclarant : . Weingarten ajoute qu'il serait d'accélérer la procédure , soulignant qu' et ajoutant : .

Le , la juge Araceli Martinez-Olguin accorde l'ordonnance restrictive temporaire demandée par les États, suspendant la fusion entre Paramount et Warner Bros Discovery pendant 14 jours. Selon la juge, les États . Martinez-Olguin ajoute qu', mais les États ont démontré que . Selon la juge, .

Le , la WGA demande à son tour une injonction préliminaire, plaidant que la transaction et notant que les sociétés fusionnées détiendraient une part de marché de 35 % et que la fusion . Selon la WGA, la fusion engendrerait un préjudice irréparable, car il serait et penche en faveur d'une injonction .

Le même jour, Paramount demande la tenue d'un mini-procès de trois jours dans la semaine du 17 ou du 24 août, au lieu de l'unique journée d'audience du alors prévue, pour décider de la demande d'injonction préliminaire, indiquant être prêt à consentir à une prolongation de l'ordonnance restrictive temporaire . Selon Paramount, la juge . Les États et la WGA s'opposent cependant à cette demande, les États accusant Paramount de chercher à le calendrier prévu , et la WGA arguant que tenter de résoudre les différends factuels à ce stade de l'affaire est impensable puisqu', de sorte que .

Le , la juge prolonge l'ordonnance restrictive temporaire jusqu'au , affirmant vouloir laisser le temps aux parties de résoudre leurs différends concernant la planification des audiences sur l'injonction préliminaire. La juge déclare également que, si l'audience prévue le devait être maintenue, la WGA serait autorisée à y participer.

Le Paramount accepte de s'engager à ne pas conclure la transaction avant le ou jusqu'à ce que les poursuites des États et de la WGA aient été tranchées sur le fond, invalidant la nécessité d'une injonction préliminaire. Selon l'entente déposée en Cour par Paramount, .

Date du procès