Les Roms au Mexique sont les membres du groupe ethnique rom qui vivent au Mexique, où ils sont appelés de manière générale gitanos, romaníes, ou plus anciennement húngaros, bien que, comme ailleurs, ils préfèrent qu'on attribue plus précisément leur identité collective à leur sous-groupe ethnique, tel que ludar, rom ou caló, ou d'autres sous-groupes encore plus précis comme boyash, , ou churari.

Leur population était estimée en 2000 à personnes, selon les données de l'INEGIInter Press Service, Gitanos, o como ser invisibles en México, 6 octobre 2010., qui ne les décompte pas dans les recensements nationauxHéctor Ignacio Muskus Guardia, Los Roma del Centro Occidente de México: Religión Pentecostal y Organización Social, 2012, El Colegio de San Luis Potosí, page 9.. En 2025, selon le Joshua Project, ils sont à parler le romani vlax. et à parler le caló..

La plupart se consacrent au commerce de textiles, de véhicules et de joaillerie, notamment sur des marchés publics comme La Lagunilla, à Mexico. Certains vivent du chant, de la danse et de la cartomancie.

Leur présence est significative dans quelques zones de Tuxtla dans l'État de Veracruz, et à Guadalajara et Zapopan, dans l'État de Jalisco. Dans la ville de Mexico, de nombreux Roms habitent dans le quartier Del Valle. Beaucoup d'entre eux s'y rassemblaient dans une église chrétienne de 1985 jusqu'à 2008. Depuis plusieurs décennies des congrégations protestantes roms se sont développées dans tout le pays.

Première vague d'immigration rom à l'époque coloniale

En 1498 quatre gitans calés, Antón, Catalina, Macías et María dits “de l'Égypte”, voyagent avec l'équipage de la troisième traversée transatlantique de Christophe Colomb..

Le , les Rois catholiques d'Espagne promulguent une loi pragmatique interdisant le nomadisme aux gitans dans leurs royaumes de Castille et d'Aragon, en les obligeant à se sédentariser et à exercer un métier parmi une liste, ou à quitter le territoire espagnol au bout de 60 jours, sous peine de cent coups de fouet et d'exil perpétuel ; les récidivistes sont menacés de se faire couper les deux oreilles et d'être enchaînés pendant 60 jours, et en cas de troisième infraction, ils pouvaient devenir esclaves de ceux qui les capturaient. Jesús Salinas, Primera Ley o Pragmàtica contra los gitanos, Museu Virtual del Poble Gitano a Catalunya.. De jeunes gitanes d'entre 15 et 16 ans sont envoyées sur le continent américain afin de les marier avec des indiens et métis, tandis que des gitans sont envoyés dans les îles des Caraïbes pour les marier avec des indiennes, pour éviter ainsi la reproduction de ce qu'on considère à l'époque comme la . Texte extrait du cycle de conférences El Pueblo Rom (Gitano): Presencia Invisible en Nuestra América, réalisé à l'Université fédérale de Santa Catarina (UFSC), au Brésil, le 18 mars 2002.. Beaucoup de Roms sont aussi déportés en tant que délinquants sur Hispaniola, l'île partagée actuellement par la République Dominicaine et Haïti Teresa San Román, Entre la marginación y el racismo. Reflexión sobre la vida de los gitanos, 1986, Alianza Universidad, chap.1 “Evolución y Contexto Histórico de los Gitanos Españoles”, p.13-60..

En 1570, une loi promulguée par Philippe II interdit aux Roms la résidence sur le continent américain. Mais de nombreux immigrants illégaux ont continué à arriver dans ces colonies au , parmi lesquels il y avait des musulmans, des juifs et des Roms, qui déjouaient les contrôles en changeant de documents d'identité ou passaient d'abord par les colonies américaines du Portugal, de l'Angleterre, de la France ou de la Hollande.

En raison de cette interdiction, les textes de la législation coloniale de la Nouvelle-Espagne n'utilisaient pas les ethnonymes "gitan" ou "égyptien" pour désigner les Roms, mais faisaient allusion à la vie nomade des gitans en les désignant comme des Ana Dalila Gómez Baos, Reflexiones para la formulación de políticas públicas en Pueblo Rrom – Gitano de Colombia : Haciendo Camino al Andar, Departamento Nacional de Planeación, Bogotá, 2011, p.21 .. Au contraire, des jugements du “tribunal du Saint-Office de l'Inquisition” pendant la période coloniale se réfèrent explicitement à des María Elena Sánchez Ortega, La Inquisición y los Gitanos, Taurus, 1988. p.132 accusés de sorcellerie pour leurs pratiques de la cartomancie et l'astrologie..

En 1783 le roi Carlos III promulgue une mettant terme à la déportation des gitans, en leur permettant de choisir un lieu de résidence en échange de l'abandon du nomadisme, de leur habillement traditionnel et de l'usage du caló en public. Ceux qui n'acceptaient pas ces conditions sont déclarés "fainéants" (vagos).

Il existe quelques allusions à la culture gitane dans la littérature de la Nouvelle-Espagne, comme par exemple dans le poème "Premier Rêve (...Gloires gitanes...)" de Juana Inés de la Cruz.

Seconde vague d'immigration gitane au La tradition orale de la plupart des groupes roms actuels du Mexique ne remonte pas au-delà du . Entre 1863 et 1867 l'empereur François-Joseph Ier envoie au Mexique des familles gitanes en provenance de l'Empire Austro-Hongrois, pour soutenir la consolidation de l'Empire de son frère Maximiliano.

Les discriminations contre les Roms en Europe et l'augmentation du trafic maritime transatlantique provoquent une émigration massive de Roms vers l'Amérique. Entre 1880 et 1900, plus de 100 familles roms originaires de différents pays, en particulier de Roumanie, mais aussi des Empires ottoman, austro-hongrois, russe et de France, arrivent au Mexique et s'installent principalement dans l'État de Veracruz, pour certains alors qu'ils voulaient émigrer vers les États-Unis. ; on les appelle “Ludars” ou "Hongrois". En effet, en 1931, malgré la présence de nombreux Roms au Mexique, une modification de la loi mexicaine d'immigration interdit l'implantation de quartiers roms dans le pays. Pendant l'entre-deux-guerres, beaucoup de Roms continuent à arriver d'Europe et se déclarent Hongrois pour qu'on ne leur interdise par l'entrée.

Groupes roms au Mexique

Au Mexique, on appelle les Roms de manière générale gitanos, romaníes, ou plus anciennementSelon Neyra Patricia Alvarado Solís, anthropologue spécialiste des Roms au Mexique, dans la vidéo Gitanos de México (à 3'55") publiée le 15 mai 2024 par la chaîne YouTube de . húngaros ou húngaros-gitanos, mais comme ailleurs ils préfèrent qu'on attribue plus précisément leur identité collective à leur sous-groupe ethnique, tel que ludar, rom ou calóSelon Neyra Patricia Alvarado Solís, anthropologue spécialiste des Roms au Mexique, dans la vidéo Gitanos de México (à 5'13") publiée le 15 mai 2024 par la chaîne YouTube de ., ou d'autres sous-groupes encore plus précis comme boyash, , ou churari.

Outre l'origine géographique de leurs ancêtres, ce qui distingue ces groupes est notamment les langues qu'ils utilisent entre eux et à l'occasion de certaines traditions. Le romani vlax est la langue romani la plus parlée par les Roms au Mexique, en particulier par les Boyash, les , les et les Churari.

Les Boyash, qui sont aussi connus sous les noms de Rudari ou Ludari (qui signifie "mineur"), Lingurari (vendeurs de cuillères), Zlătari (marchands d'or) et Ursari ou Mechkari (dresseurs d'ours), sont originaires des régions roumaines de Valachie et de Transylvanie, ainsi que de Moldavie.

Les Lovari, qui viennent de Hongrie, se consacraient au commerce, principalement de chevaux, puis d'automobiles, et des loisirs.

Les Kalderash, originaires de Russie et d'Ukraine, travaillaient dans les secteurs industriels de l'extraction minière, la chaudronnerie et la métallurgie. Leur présence explique qu'une colline de la Sierra de Acahuato, dans la commune d'Apatzingán, au Michoacán, a été appelée "Cerro del Húngaro".

Les Churari (du mot roumain ciurari qui signifie "orfèvre".), originaires des régions roumaines de Moldavie et de Valachie, mais aussi d'Ukraine, se sont spécialisés dans la fabrication d'ustensiles de cuisine en aluminium et bois. Ils habitent écartés des autres groupes parlants de dialectes vlax et se consacrent traditionnellement aussi au commerce de chevaux et de véhicules automobiles.

Bibliographie .

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Notes et références Notes

Références

Voir aussi Roms en Amérique

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