L'Union patriotique des Français israélites (UPFI) est une association française d'anciens combattants juifs de la Première Guerre mondiale active de 1934 à 1938, fondée et dirigée par l'avocat Edmond Bloch.

Cette structure, proche des Croix de Feu est fondée en dans le contexte de la crise du 6 février 1934. Elle entend lutter contre l'antisémitisme se développant à droite dans les années 1930 en rappelant le souvenir de l'union sacrée et en soulignant l'attachement de la communauté juive aux valeurs du franco-judaïsme. L'UPFI s'oppose au Front populaire et à la LICA, elle partage avec l'extrême-droite française le rejet de l'immigration des Juifs en provenance d'Allemagne et de l'Europe de l'Est dont elle interdit d'ailleurs l'adhésion à l'association. Elle entend défendre la solidarité nationale et l’identité française. Initialement bien vue des instances communautaires juives de France, dont le consistoire central, elle est progressivement discréditée en raison de ses positions de plus en plus droitières et proches des ligues, dans un contexte de montée du nazisme. Suite à la fonte de ses effectifs, l'UPFI cesse d'exister fin 1938.

Membres L'avocat Edmond Bloch fonde l'UPFI en , avec Léon Koscziusko, vice-président d'une section parisienne des Croix de Feu, Fernand Benda, vice-présidentNé en 1881, officier de la Légion d'honneur (1935, promotion du ministère des finances) et décoré de la croix de guerre, il est rédacteur en chef des publications financières de l'agence Fournier., Jean Sitri, Jean et René Lisbonne, secrétaire général. D'autres membres des Croix de Feu figurent parmi les fondateurs, tel Marcel Diamant-Berger, président de l'Union nationale des évadés de guerreDiamant-Berger (1893-1990) s'est engagé à , a été fait prisonnier (c'est un compagnon de captivité du futur général de Gaulle), est capitaine de cavalerie de réserve, écrivain ancien combattant. Des personnalités juives de premier plan adhèrent à l’UPFI : avocats, banquiers mais aussi militaires comme le général de brigade Alphonse Weiller et plusieurs colonels. S'y retrouvent également l’écrivain André Maurois, le dramaturge Henri Bernstein et le grand rabbin de Constantine, Maurice Eisenbeth.

L'UPFI a pour objet de .

C'est une petite association d'un peu plus de , essentiellement des Alsaciens et des Lorrains. L’UPFI compte à Forbach, 130 à Metz, 100 à Strasbourg, Nancy et Reims. L'association n'est ouverte qu'aux personnes de nationalité française, elle est donc fermée aux Juifs étrangers. Les Juifs peuvent être membres actifs, les non-Juifs, membres sympathisants.

Histoire L'association est fondée en dans le contexte de la crise du 6 février 1934. L'UPFI, ancrée à droite, proche des Croix-de-Feu du lieutenant-colonel de la Rocque souhaite, d'après l'historien Philippe Landau, dans un contexte de montée des ligues d'extrême droite et alors que de nombreux Juifs se tournent vers des partis progressistes.

L'association adopte les slogans, « Français d’abord »Les français juifs et l’extrême-droite, Site de Charles Enderlin ou « Il faut choisir ». Dans le contexte de l'afflux d'immigrés juifs, notamment allemands, le premier manifeste de l'association s'élève implicitement contre le Front populaire naissant et la Ligue internationale contre l'antisémitisme (LICA).

La première manifestation publique organisée par l'association est la commémoration des vingt ans du décès du rabbin Abraham Bloch, un aumônier militaire tué à l'ennemi en 1914 qui, selon une image d’Épinal diffusée notamment par Maurice Barrès, tendait un crucifix à un soldat catholique blessé lorsqu'il fut mortellement touché par l'artillerie allemande. L'association décide, avec le soutien implicite du consistoire israélite d'ériger un monument commémoratif sur les lieux de sa mort, au col d'Anozel dans les Vosges. La cérémonie se tient le . La délégation comprend le ministre des pensions, Georges Rivollet, Edmond Bloch, des représentants du consistoire, dont le grand-rabbin de Nancy, Paul Haguenauer, des représentants d'associations vosgiennes d'anciens combattantsTexte gravé sur la stèle : Ici, le 29 août 1914, le Grand Rabbin Abraham Bloch, aumônier aux armées française a été tué après avoir porté la croix du Christ à un soldat catholique mourant. Inauguré le 2 sept. 1934 par M. G. Rivollet, ministre des Pensions..

L'UPFI prône l'assimilation, s'oppose à ses deux ennemis, , proclame en dans un manifeste que : . Le manifeste affirme aussi qu' et appelle à l'union : L'Univers israélite, 26 juin 1936, « Un manifeste de l'Union patriotique des Français israélites », Le Temps, 17 juin 1936, Pierre Birnbaum, Un mythe politique : La «République juive»: De Léon Blum à Pierre Mendès France, Fayard, 1988. En , Edmond Bloch fait adhérer l'UPFI au Rassemblement français, l'initiative anticommuniste de l'UNC lancée l'année précédente par Jean Goy - qui est alors le co-secrétaire général du comité France-Allemagne. Dans la foulée, l'UNC et l'UPFI tiennent un meeting présenté par Goy contre le mouvement et le matérialisme communiste. Le rabbin Jacob Kaplan, annoncé, se désiste sous la pression du Consistoire.

A contrario, l'association fait preuve de cécité face à la montée du nazisme dont le caractère totalitaire et antisémite est rarement décrit dans les bulletins de l'UPFI. La dénonciation de l'idéologie hitlérienne n'est utilisée qu'en tant que prétexte pour renvoyer dos à dos bolchévisme et nazisme.

L'engagement croissant de l'association et de ses fondateurs auprès de ligues nationalistes et antisémites et nationalistes fait fuir nombre d'adhérents.Edmond Bloch apparait aux côtés de Xavier Vallat, et de Louis Darquier de Pellepoix, il envoie une lettre de félicitation au député de Neuilly Henri de Kérillis. Dans L'Action française, le journaliste Georges Gaudy loue le travail effectué par Bloch et son association. Par dérision, les membres de l'association sont surnommés les PIAF « patriotes israélites antisémites français » au sein de la communauté juive.

Le général Alphonse Weiller, le colonel Émile Hesse et l’historien Robert Anchel choisissent de s’engager au sein du Comité de vigilance, créé en 1938 par des responsables du Consistoire et de l’Alliance israélite universelle, afin de lutter contre la montée de l’antisémitisme en France et les menaces posées par le nazisme. L'UPFI, « discréditée et isolée » ne subsiste que grâce au dynamisme de son dirigeant Edmond Bloch et est déjà moribonde en , en raison d'un manque d'adhérents et disparait à la fin de cette année.

Annexes

Notes

Références

Bibliographie

Catégorie:Association d'anciens combattants en France Catégorie:Association fondée en 1934 Catégorie:Association française disparue en 1938 Catégorie:Ancienne association ou organisme politique d'extrême droite en France Catégorie:Association ou organisme fondé sous la Troisième République Catégorie:Association ou organisme lié au judaïsme en France Catégorie:Association ou organisme juif