Vladimir Davidovitch (), né le à Constantinople (Empire ottoman) et mort à une date inconnue, après 1979, est un entraîneur de football yougoslave, possédant la nationalité turque puis française à partir de 1952.

Joueur amateur à Vienne en Autriche où il est diplomé en droit, ce qui lui vaut d'être parfois appelé « Docteur » dans la presse, il fait l'essentiel de sa carrière d’entraîneur en France, où il dirige un temps deux clubs notables en parallèle, le Stade français et l'Excelsior. Engagé syndicalement, il est aussi le co-auteur de deux ouvrages sur le football et de nombreux articles dans la presse.

Carrière Né à Constantinople de parents serbes du Monténégro, Vladimir Davidovitch est le fils d'un diplomate, Anton Seferović, futur consul du Monténégro au Canada. Il voyage beaucoup dans sa jeunesse et apprend de nombreuses langues : grec, turc, français, italien... adulte, il indique parler huit langues. Il s'engage pendant la Première Guerre mondiale, apparemment dans l'armée serbe. Il est interné à Vienne, où il reste poursuivre ses études après la guerre. Il y est diplômé en droit et en sciences politiques, et y tient une revue économique et politique.

En parallèle, il joue au football et « fait ses classes » au Wiener Amateur-SV (dont la section professionnelle devient l'Austria Vienne en 1926), où il joue pendant neuf saisons au poste de demi, puis d'arrière. Il y a notamment pour coéquipiers le Hongrois Jules Limbeck et l'international autrichien . Il passe en Autriche ses qualifications d'entraîneur et se voit recommandé à la direction du Stade français, alors un des principaux clubs amateurs français, par le sélectionneur de l'équipe d'Autriche Hugo Meisl.

Davidovitch rejoint le club parisien en comme entraîneur, responsable de l'équipe première comme des jeunes, et secrétaire. Il est bientôt engagé en parallèle par le Cercle athlétique de Paris pour y entraîner l'effectif professionnel, mais il annonce démissionner en face au manque d'implication des joueurs.

Peu après son arrivée en France, il signe des articles en français dans les journaux sportifs, et co-écrit avec l’entraîneur et ancien international français Paul Nicolas le livre « Les secrets du football », publié en 1934, imprimé à . Il travaille aussi pour la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) comme formateur de footballeurs et d'encadrants des clubs ouvriers, Il affiche alors ouvertement ses opinions en faveur d'une meilleure protection des footballeurs, qu'il juge trop dociles vis à vis des présidents de club.

gauche|vignette|Photo de l'Excelsior AC en 1937. Davidovitch est debout à droite.

En 1936, il vit dans le arrondissement de Paris avec Helene Eisenbach, une Autrichienne née en 1892 à Vienne. Le couple vit sans enfant.

Pendant la saison 1935-1936, puis entre 1937 et 1939, il est en parallèle l’entraîneur de l'Excelsior Athlétic Club de Roubaix, autre club professionnel évoluant en « Division nationale », la première division du championnat de France. En 1938, son équipe se classe sur 16.

En 1938, il décrit ainsi sa semaine de travail, au journaliste yougoslave venu le rencontrer : basé à Paris où il entraîne et administre la section football du Stade français, il fait deux déplacements par semaine à Roubaix, le mardi-mercredi et le vendredi, pour entraîner l'Excelsior. Le week-end, il accompagne trois fois par mois les professionnels de l'Excelsior en match, et une fois par mois l'équipe première du Stade français (alors amateure). À cela s'ajoute des responsabilités syndicales et de formateur d'entraîneurs. Pour tout cela il dit gagner par mois, l'équivalent d'environ en 2022.

En , il est annoncé qu'il rentre en Yougoslavie pour entraîner le à Borovo. Il collabore aussi avec le SK Jugoslavija de Belgrade. Il revient en France dès l'été pour entraîner l'USB Longwy, en deuxième division du championnat de France, mais, les compétitions sont interrompues par le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Il s'engage en dans l'armée française, au sein de la Légion étrangère. Il est fait prisonnier en , puis est libéré. Pendant l'occupation allemande, il reprend ses activités dans le football. Il dirige en 1942-1943 l'équipe fusionnée du Stade français et du CA Paris dans le groupe Nord du championnat de France, puis la saison suivante l'équipe « Paris - Île de France » qui lui succède dans le cadre du championnat fédéral. En , après la libération de Paris, il s'engage au sein de La Nueve, compagnie de la division blindée du général Leclerc composée essentiellement de Républicains espagnols, mais est relevé après un mois.

Après la guerre, il entraîne les footballeurs amateurs du Paris université club (en DH) et de Colombes (en PH), qui atteignent chacun de leur côté les de finale de la Coupe de France en 1947. Les deux clubs s'y inclinent. Fort de son expérience avec le PUC, il prend en charge l'équipe de France universitaire de football à l'occasion des Jeux mondiaux, qu'elle remporte.

Il fait ensuite son retour au Stade français, passé au professionnalisme. Il en est l’entraîneur par intérim en 1947, puis encore 1949 ; il en est parfois le « conseiller technique » et formateur, ou le recruteur. Il ne semble plus entraîner à un niveau professionnel par la suite. En 1951, il est toujours entraîneur du club de Colombes.

En 1952, il obtient sa naturalisation françaiseJournal officiel de la République française. Lois et décrets (version papier numérisée) n° 0138 du 08/06/1952. Dans les années 1970, il participe à l'écriture du livre collectif « Joies du football ». Il meurt après 1979.

Ouvrages

Références

Liens externes

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