Ellen Fries, née le à Rödslegård dans le comté de Kalmar, et morte le à Stockholm, est une historienne, enseignante, écrivaine et militante féministe suédoise. Elle est la première femme à obtenir un doctorat en Suède en 1883. Elle est engagée dans le mouvement féministe et fonde plusieurs organisations féminines. Elle est également une pionnière de la recherche sur l'histoire des femmes en Suède.

Biographie

Jeunesse et formation Ellen Fries est née le à Rödslegård, dans le comté de Kalmar. Elle est l'unique enfant de Patrik Fries, colonel d'artillerie et secrétaire à l'Académie des sciences militaires et de Beata Maria Borgström.

En raison d'une santé fragile, elle est souvent éduquée à la maison par sa mère. A l'âge de 13 ans, elle commence à étudier à l'école de filles et, à partir de 1870, à , une des premières écoles à offrir un enseignement secondaire de qualité aux jeunes filles. Avec trois autres jeunes filles amies (dont Maria Cederschiöld, sa future biographe), elle obtient son diplôme d'études secondaires en 1874, en tant qu'élève libre. À cette époque, les femmes sont encore rares en Suède à obtenir un diplôme.

A l'université Elle améliore ensuite ses connaissances en langues et en art en voyageant à Paris et à Leipzig, et enseigne les langues à la Wallinska skolan de 1875 à 1877.

Les universités suédoises étant accessibles aux femmes depuis 1870, Ellen Fries s'inscrit comme étudiante à l'université d'Uppsala le . Elle y étudie l'histoire, le latin, les langues nordiques et les sciences politiques grâce à la bourse Kraemerska stipendiet.

A l'université, elle ressent le poids d'être une pionnière : et l'attitude des étudiants . Malgré tout, il y a une vraie solidarité entre les étudiantes.

Elle se spécialise en histoire et travaille plus particulièrement sur les relations diplomatiques entre la Suède et les Pays-Bas sous le règne de Charles X Gustave. Elle fréquente assidument la Société d'histoire d"Uppsala et rencontre les historiens locaux les plus réputés de son époque. En 1881, elle devient la première femme à y donner une conférence. Son sujet est le massacre de la Saint-Barthélemy.

Elle Fries est la première femme à obtenir un doctorat en Suède le , avec une thèse intitulée « Contribution à la connaissance des relations diplomatiques entre la Suède et les Pays-Bas sous le règne de Charles X Gustave ». Lors de la cérémonie de remise des diplômes, le professeur et historien exprime l'espoir qu'elle soit non seulement la première femme docteure suédoise, mais aussi la dernière !.

Fin de vie Ellen Fries décède le à l'hôpital Sophiahemmet de Stockholm des suites d'une appendicite, à l'âge de 44 ans. Elle est inhumée au cimetière du Nord de Solna.

Enseignement Une bourse gouvernementale obtenue en 1884 lui permet de se rendre en France pour étudier les écoles de filles. Elle effectue des recherches sur l'enseignement mixte basés sur des exemples dans divers pays, et s'appuyant sur divers critères, parmi lesquels, la moralité.

Plus tard, en 1890, elle publie un article sur la mixité scolaire dans le journal Dagny. Elle y souligne qu’elle n’approuve ce modèle scolaire que si les enseignants .

En tant que femme, Ellen Fries ne peut pas enseigner dans une université. Elle enseigne dès lors dans divers établissements à Stockholm, d'abord à l'école Wallinska, puis à l'école Åhlinska. Elle organise le cycle secondaire de cette dernière et en est la directrice des études.

Engagement féministe Comme beaucoup de ses contemporaines, Ellen Fries choisit très jeune de ne pas se marier afin de pouvoir mener une carrière. À 17 ans, elle écrit dans son journal : .

Avec Hans Hildebrand, Gustaf Sjöberg, Sophie Adlersparre, Ellen Anckarsvärd et Fredrika Limnell, Ellen Fries convoque la première réunion de l'Association Fredrika Bremer qui milite notamment pour le droit de vote des femmes. En 1896, elle fonde la ( ) une organisation parapluie pour les associations féminines suédoises, qui représente la Suède au Conseil international des femmes (CIF), créé huit ans plus tôt, en 1888.

Ellen Fries est aussi une des cinq cofondatrices de la société Nya Idun et en est la première présidente.

À partir de 1881, elle est active dans le journal féministe de Sophie Adlersparre, Tidskrift för hemmet, contribuant principalement à des biographies de femmes. Elle est également co-éditrice du journal en 1883-1885. Elle rédige des articles en tant que pigiste dans divers journaux, comme Dagny 1886-1895, 1886, 1888, Hemåt 1892, Nya Idun 1891-1892, 1884-1885 et Aftonbladet 1885 et contribue au dictionnaire Nordisk Familjebok.

En 1890 et 1891, elle publie deux volumes d’histoire des femmes intitulés Märkvärdiga qvinnor et Svenska qvinnor (Femmes remarquables et Femmes suédoises). Dans le second volume, consacré aux femmes suédoises, elle note : . Elle se base essentiellement sur ses propres recherches dans les archives nationales suédoises et à la bibliothèque universitaire ainsi que sur des archives privées. Elle y évoque notamment Birgitta Birgersdotter, Kristina Gyllenstierna, Karin Månsdotter Ebba Brahe, la reine Christine, Hedvig Charlotta Nordenflycht, Anna Maria Lenngren et Fredrika Bremer.

Autres recherches historiques En 1886 et de 1899 à 1900, elle donne des conférences sur l'histoire sur les au Pedagogiska lärokursen de Stockholm. Lydia Wahlström en publie les textes en 1901 sous le titre Svenska kulturbilder (Images culturelles suédoises).

En 1885, Ellen Fries publie, sous le titre Agneta Horns lefverne, un manuscrit découvert à la bibliothèque de l'université d'Uppsala.

En 1899, Ellen Fries publie une biographie d', Erik Oxenstierna. Biografisk studie, précédée d'un essai consacré à son mandat de gouverneur d'Estonie. Ce livre est saluée par ses pairs historiens et qualifié de .

La première partie de son ouvrage Teckningar ur svenska adelns familjelif i gamla tider (Dessins tirés de la vie de la noblesse suédoise dans l'Antiquité) est publiée en 1895. La seconde partie, achevée sous forme de manuscrit à sa mort en 1900, est publiée par son père, Patrik Fries. Outre l'intérêt factuel de ces études sur certaines des familles les plus importantes de Suède (Brahe, Oxenstierna, Bielke, etc.) met en lumière la richesse des documents conservés dans les archives seigneuriales suédoises.

Elle publie également une trilogie de biographies historiques populaires, consacrées à des hommes suédois, intitulée « Den svenska odlingens stormän » (Les grands hommes de la culture suédoise, 1896-1899) ; un quatrième volume est publié en 1901.

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