Le Laboratoire public d'essais et d'études (LPEE) est une entreprise publique marocaine spécialisée dans les essais, les études, le contrôle technique et l’expertise dans les domaines du génie civil, des infrastructures et de l’environnement.

Créé en 1947 et structuré sous la forme d’une société anonyme, le LPEE intervient principalement dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP), de l’hydraulique, de l’environnement et de l’énergie, notamment pour le contrôle de qualité, l’analyse des matériaux et l’accompagnement technique des projets d’aménagement.

Histoire Le Laboratoire public d'essais et d'études (LPEE) est fondé en 1947 à Casablanca par le Centre expérimental du bâtiment et des travaux publics (CEBTP).. Il est alors dirigé par Jean Delarue, ingénieur des Ponts et Chaussées, assisté de Marcel Mariotti, ingénieur de l'ESTP..

Initialement installé place Amirale-Sénès (actuelle place Zellaqa), le laboratoire s’installe en 1953 dans l’immeuble ORTIBA, à l’angle de l’avenue de la République (actuelle avenue des FAR) et de la rue d’Azilal. Ce nouveau siège est inauguré à l’occasion du cinquième congrès nord-africain du BTP..

À ses débuts, le LPEE emploie une cinquantaine de personnes et compte trois ingénieurs. Il constitue alors l’un des premiers laboratoires techniques du pays dans le domaine du génie civil. À partir des années 1960, il entame son expansion territoriale avec l’ouverture d’antennes à Tanger et Fès..

Dans le cadre de la politique de marocanisation engagée sous le règne de Hassan II, le LPEE devient, le , une société anonyme d’économie mixte à majorité publique. Son capital est alors détenu par plusieurs établissements publics, notamment l’Office national de l’électricité (ONE) et l’Office national de l’eau potable (ONEP), devenus en 2012 l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), l’Office national des chemins de fer (ONCF), ainsi que la Régie d’Acconage du Port de Casablanca (RAPC), devenue Office d’exploitation des ports (ODEP) en 1984 puis Agence nationale des ports (ANP) en 2005.

Au cours des décennies suivantes, le LPEE élargit ses domaines d’intervention et se développe à l’échelle nationale. Il obtient en 1993 l’accréditation ISO 17025 délivrée par le Comité français d'accréditation (Cofrac), attestant de la qualité de ses activités.

Dans les années 1990, le retrait progressif du CEBTP du capital conduit à une prise de contrôle complète par les actionnaires publics marocains, effective en 1999.

Au début des années 2020, le LPEE emploie plus de , dont une part importante d’ingénieurs et de cadres. Il réalise en 2025 un chiffre d’affaires supérieur à de dirhams pour un bénéfice d’environ de dirhams..

Missions Le LPEE a pour mission d’assurer des prestations techniques dans les domaines de l’ingénierie et du contrôle. À ce titre, il est notamment chargé de :

la réalisation d’essais en laboratoire et sur site ; l’analyse et la caractérisation des matériaux ; les études géotechniques et environnementales ; le contrôle technique des ouvrages ; l’expertise et le diagnostic des infrastructures. Activités Le LPEE intervient dans plusieurs domaines :

Génie civil Il réalise des essais et contrôles sur les matériaux de construction (béton, sols, enrobés, etc.) et participe à la vérification de la conformité des ouvrages aux normes en vigueur. Il intervient également dans les études de comportement des structures et dans l’assistance technique aux chantiers.

Infrastructures Le LPEE accompagne les projets d’infrastructures tels que les routes, autoroutes, ports, aéroports et chemins de fer. Ses interventions portent notamment sur les études de sols, le contrôle des travaux, les essais de réception et le suivi de la qualité des ouvrages.

Environnement Il réalise des analyses environnementales liées aux projets d’aménagement, notamment en matière de qualité des sols, de l’eau et de l’air. Il intervient également dans les études d’impact environnemental et le suivi de certains paramètres environnementaux.

Recherche et innovation Le LPEE mène des travaux de recherche appliquée visant à améliorer les techniques de construction, les méthodes d’essais et les procédés d’analyse. Il participe également à l’élaboration de normes et au développement de solutions techniques adaptées aux conditions locales.

Organisation Le LPEE est fort par sa présence sur tout le territoire marocain, avec dix centres techniques régionaux (CTR), un laboratoire national de métrologie (LNM) et huit centres spécialisés à Casablanca : Le Centre d'essais et d'études électriques (CEEE), le Centre d'études et de recherches des infrastructures de transport (CERIT), le Centre d'études et de recherches sur l'environnement et la pollution (CEREP), le Centre expérimental de l'hydraulique (CEH), le Centre expérimental de matériaux et du génie industriel (CEMGI), le Centre expérimental des grands travaux (CEG), le Centre expérimental des sols (CES) et le Centre scientifique et technique des constructions (CSTC)..

Le LPEE, placé sous la tutelle du ministère de l'Équipement, est structuré autour d'un conseil d'administration qui définit ses orientations stratégiques. Un directeur général assure la gestion opérationnelle et technique du laboratoire.

Directeurs généraux +Liste des directeurs généraux du LPEENomPériodeJean DELARUE1947-1968Marcel MARIOTTI1968-1973Ahmed HAKIMI1973-2000Mohammed JELLALI2000-2005Abdelhakim JAKANI2005-2012Mouhsine ALAOUI MHAMDI2012-2016Mustapha FARES 2016-2024Hammou BENSAADOUT2024-

Concurrence Depuis sa création, le LPEE se trouve dans une situation de monopole de fait. En l'absence de toute concurrence, il est le seul laboratoire auquel l'administration marocaine et le secteur privé recourent de manière exclusive.. Le LPEE a ainsi exercé un contrôle quasi exclusif sur les chantiers au Maroc, bien que cette situation ait évolué avec l'introduction de la concurrence.

Les prémisses de la concurrence apparaissent avec la création du premier laboratoire privé (NBR) au début des années 1980. Toutefois, l'offre de ce dernier reste principalement orientée vers le secteur privé, car l'accès aux commandes publiques demeure réservé au LPEE par l'administration.

En 1998, un tournant réglementaire majeur survient avec le décret n° 2.98.482 relatif aux marchés publics. Ce texte oblige désormais l'administration à recourir à la procédure de mise en concurrence, mettant fin à l'exclusivité du LPEE sur les commandes de l'État et introduisant une concurrence réelle dans les prestations de laboratoires.

Cependant, sa domination reste écrasante, le LPEE détenait en 2009 environ 85 % du marché global et sa présence est quasi totale sur les projets de grande envergure. Par exemple, entre 2007 et 2009, le LPEE a remporté tous les marchés de prestation de laboratoire lancés par la Société nationale des autoroutes du Maroc (ADM), à l'exception d'un seul.

Le Conseil de la concurrence a relevé que sur certains grands chantiers (autoroutes, barrages), le LPEE exerçait un contrôle particulièrement étendu en cumulant le contrôle externe pour le compte de l'entreprise de travaux et le contrôle extérieur, effectué pour le compte de l'administration (maître d'ouvrage).

Cette situation de juge et partie a été critiquée car elle compromettait l'impartialité des conclusions techniques, le laboratoire se retrouvant à contrôler ses propres essais.

Voir aussi Génie civil Construction Économie du Maroc

Notes et références

Liens externes

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