Le théâtre gallo-romain de Drevant est un édifice de spectacles antique situé dans la commune de Drevant, dans le département du Cher, région Centre-Val de Loire.
L'architecture du théâtre, qui mesure de diamètre, est relativement bien connue grâce à des vestiges encore imposants. Son histoire, en revanche, est plus imprécise : il fait l'objet de plusieurs campagnes de construction et de remaniements entre le et le avant d'être abandonné au siècle suivant. Ses ruines servent de fondations pour la construction de bâtiments dès le Moyen Âge et il ne disparaît jamais totalement du paysage.
Ses vestiges sont classés comme monuments historiques par la liste de 1840, comme tous ceux du site connus à l'époque.
Localisation vignette|gauche|alt=Localisation des vestiges d'un site antique sur un plan moderne.|Vestiges antiques de Drevant. Dans la géographie moderne, le site de Drevant est situé au bord du Cher et de l'ancien canal de Berry, à au sud de Saint-Amand-Montrond et à de Bourges. Tourné vers le sud-sud-ouest, il est adossé à une colline qui surplombe la rive droite de la rivière.
Le théâtre fait partie de la parure monumentale du site antique de Drevant, celui d'une agglomération secondaire.Celle-ci, dans le territoire des Bituriges Cubes, est installée non loin d'une voie reliant (Bourges) à (Néris-les-Bains) ; cette voie est réputée se superposer à la route de Saint-Amand ().
Deux établissements thermaux, presque mitoyens, un sanctuaire et peut-être un forum complètent cet ensemble de monuments publics qui s'inscrit au côté de quartiers résidentiels encore mal connus.
Dans le département du Cher, au moins trois autres théâtres antiques sont construits dans le même contexte géographique de proximité d'un cours d'eau, à Baugy, Neuvy-sur-Barangeon et Thaumiers.
Historique Chronologie de l'édifice Du mobilier archéologique (céramique, tessons d'amphores) laténien est retrouvé dans les remblais accumulés sous le théâtre au moment de sa construction. Ceci traduit l'existence d'une occupation humaine pré-romaine sur le site en général, mais pas forcément à l'emplacement du monument lui-même.
Le théâtre connaît trois états successifs, difficiles à dater de manière absolue mais qui s'échelonnent du ou du pour le premier à la fin du ou au début du pour le dernier. Ces modifications visent à accroître la capacité de l'édifice et à le rendre plus « monumental ».
Le théâtre perd son rôle d'édifice de spectacle au , mais il n'est jamais abandonné et ses ruines restent toujours visibles. Aux , des forgerons investissent sa scène pour y installer leurs ateliers alors qu'il sert de carrière de pierre. Du , des bâtiments s'élèvent sur son emprise, un four à pain est construit et un puits est creusé tandis que ses pierres, comme celles des autres bâtiments antiques, continuent à être récupérées jusqu'au et servent à la construction des maisons de Drevant. Dans la première moitié du , le creusement du canal de Berry, à une vingtaine de mètres du monument, fait que son bâtiment de scène est enfoui sous les déblais.
À l'époque contemporaine, les vestiges dessinent encore le plan au sol du monument, exception faite de la partie nord-est des gradins, au-dessus de laquelle des maisons sont construites.
Mentions bibliographiques et fouilles vignette|Évocation par Claude Chastillon. Le nom latin du site, , apparaît pour la première fois dans les archives de l'abbaye de Noirlac en 1210 mais sans mention de son origine antique.
En 1641, la parution de la Topographie française (...), publication posthume de gravures de Claude Chastillon, propose la première représentation graphique du théâtre sans que sa nature ne soit précisée et dont la localisation est faussement orthographiée « Drenant ».. vignette|gauche|Plan par François Alexandre Hazé. Anne Claude de Caylus, en 1759, livre du théâtre un dessin moins idéalisé que celui de Chastillon, accompagné d'une description sommaire et d'un plan dans le troisième tome du Recueil d'antiquités égyptiennes, étrusques, grecques, romaines.. C'est au cours de ce même siècle que les ruines du théâtre sont partiellement recouvertes de remblais.
En 1834, François Alexandre Hazé se livre à des sondages sur le théâtre ; bien que ceux-ci soient ponctuels, ils permettent à Arcisse de Caumont de noter la particularité architecturale du monument ( étendue) qu'il rapproche du théâtre antique de Valognes (Manche) ou de celui de Lillebonne (Seine-Maritime). Tous les vestiges antiques du site de Drevant figurent dans la liste des monuments historiques protégés en 1840.
En 1898, la société française d'archéologie, réunie en congrès à Bourges, visite le site et souhaite que des études soient engagées sur le théâtre. Le monument fait donc l'objet de fouilles très approfondies de la part de Gustave Mallard entre et 1906.
Depuis 2018, l'institut national de recherches archéologiques préventives surveille les travaux de restauration et d'aménagement du théâtre ; ceci s'accompagne de relevés photogrammétriques, de l'étude des maçonneries et du mobilier archéologique..
Description
Caractéristiques générales vignette|Plan schématique du théâtre. Le théâtre de Drevant présente plusieurs particularités qui le distinguent du plan des théâtres romains classiques. Sa est en forme d'arc outrepassé (elle dépasse le demi-cercle). Son dessine un cercle presque complet ; dans cette configuration, elle est parfois appelée « arène » ou « aire plane ». Son bâtiment de scène, de taille réduite, n'empiète pas sur l' mais se développe en arrière du mur de façade du théâtre.
Ses caractéristiques permettent de rattacher le théâtre au groupe des édifices de spectacles gallo-romains à vocation mixte, dont environ sont connus dans les provinces romaines de Gaule.. Ils sont conçus pour pouvoir accueillir des spectacles diversifiés, théâtre, pantomime, peut être défilés ou parades mais aussi certainement des combats d'hommes et/ou d'animaux. Dans le cas de Drevant, cette dernière possibilité est renforcée par la hauteur du mur ceinturant l' qui offre une bonne protection aux spectateurs des premiers rangs et par la présence de trois petites loges, probablement des où pouvaient être parqués les fauves dans l'attente du combat..
À l'exception du mur du constitué de blocs de grand appareil, la maçonnerie du théâtre est homogène, constituée de deux parements composés de lits réguliers de petits moellons de grès sans interposition de terres cuites architecturales qui enserrent un noyau de blocs irréguliers noyés dans du mortier. Le grès est extrait de carrières très proches du théâtre. Plusieurs équipes, opérant avec des techniques différentes, semblent avoir pris part simultanément à la construction du théâtre, peut-être pour en raccourcir les délais.
Deux murs ceinturent extérieurement la . L'espace de qui les sépare ménage une galerie de circulation. Le mur le plus extérieur, large de , est pourvu de encadrant ; il supporte sans doute d'ordre toscan à fût lisse dont des vestiges sont retrouvés sur place et qui constituent un portique couvert de tuiles. Gustave Mallard évalue à au-dessus du niveau de l'arnène l'élévation du mur périphérique de la . Capacité estimée de quelques théâtres (nombre de spectateurs)
Valognes (Manche) : . Théâtre antique de Vendeuil-Caply (Oise) : près de Lillebonne (Seine-Maritime) : plus de Sanxay (Vienne) : . Autun (théâtre ) (Saône-et-Loire) : Le diamètre maximal de la est de . Dans le sens de la hauteur, deux précinctions la divisent en trois (séries de gradins). Selon Jean-Claude Golvin, la capacité du théâtre avoisine . Trois vomitoires desservent la sur toute sa hauteur ; deux autres semblent ne concerner que sa partie supérieure. Sa partie inférieure se compose de dix rangées de gradins desservis par trois escaliers.
Les deux séries de sept contreforts obliques pourvus de voûtes qui renforcent les deux extrémités méridionales de la suivent la pente des gradins. Ils datent de la dernière phase de modifications. Leur construction a pour conséquence de rendre la façade rectiligne et, dans cette configuration, elle mesure de large. Dans la partie basse de la , deux séries de deux contreforts au plan en arc de cercle reproduisent à une moindre échelle une architecture déjà observée à Thénac. ; ils semblent eux aussi un ajout postérieur à la construction initiale. Tous ces dispositifs ont pour but de s'opposer à la poussée des sables du Cher qui constituent le remblai entre les murs porteurs du théâtre.
et scène L', de forme presque circulaire (ouverture de ), mesure de diamètre. Elle est limitée par un mur de podium haut de que surmonte une balustrade de ; le parement de son élévation se compose d'assises de blocs de grand appareil assemblés à joints vifs sans mortier. Ce mur est percé de trois portes qui donnent accès, au-delà d'un couloir semi-circulaire de de largeur, à autant de pièces carrées mesurant de côté aménagées sous les gradins et qui sont interprétées comme des ou des . Les piédroits des portes de ces loges possèdent des trous de scellement destinés à fixer des dispositifs de fermeture, panneaux de bois ou grilles métalliques.
Le bâtiment de scène, construit vers l'extérieur du monument, mesure . Il est encadré de deux portes faisant communiquer l' avec l'extérieur du monument ; en l'absence de parodoi, ces portes constituent le seul accès possible.. Sa toiture en tuiles repose sur une charpente de bois supportée par quatre colonnes doriques. Il paraît remonter au premier état du théâtre et ne pas subir de modifications importantes par la suite..
Le mur de façade du bâtiment de scène est certainement recouvert d'en enduit bleu-gris avec une bordure blanche et rouge.
Notes et références « Le théâtre gallo-romain de Drevant (Cher) », Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, 1906 :
Autre références :
Voir aussi
Bibliographie . . . .
Articles connexes Liste de théâtres romains
Liens externes
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