Certaines énergies renouvelables sont rentables et se sont développées spontanément : énergie hydroélectrique (réserve d'eau et d'énergie potentielle), certaines énergies issues de la biomasse (bois, résidus agricoles, déchets urbains) ; d'autres, dont le coût de production dépasse leur valeur économique ou dont le retour sur investissement est long, n'ont pu démarrer que grâce à des aides ou subventions les rendant rentables pour les investisseurs.
Les systèmes de subventions en cours varient selon le pays et le contexte local, pouvant parfois se superposer, en particulier lorsque plusieurs niveaux de pouvoir politique interviennent :
Par zone géographique
États-Unis L' (plan de relance de 2009) a accordé un crédit d'impôt sur la production : renewable energy Production Tax Credit (PTC) de pendant dix ansEurObserv'ER Baromètre éolien 2013 (février 2014). ; l'Energy Policy Act de 2005 instituait au niveau fédéral des crédits d'impôt pour les énergies renouvelables, reconduits en 2008 : le (ITC), crédit d'impôt de 30 % des investissements dans les systèmes solaires résidentiels et commerciaux, les piles à combustible et le petit éolien (< ), et de 10 % pour la géothermie, les micro-turbines et les centrales de cogénération de moins de , jusqu'au ; de plus, une trentaine d'États ont aussi leur programme de soutien sous forme de tarifs d'achat, de subventions ou de quotasQuinzième inventaire - Édition 2013 - La production d'électricité d'origine renouvelable dans le monde - Détails par région et par pays - États-Unis, site Observ'ER consulté le 14 mai 2014.. La Californie a accordé dès les années 1980 des déductions fiscales qui ont permis la construction de parcs éoliens tels qu'Altamont Pass (, 1981-1986).
Australie Le système de certificat vert est utilisé. Le programme RET (, Objectif d'énergie renouvelable) The Renewable Energy Target (RET) scheme, site du Département de l'environnement du gouvernement fédéral, consulté le 20 mai 2014., institué par des lois de 2000 et 2001, a pour but d'amener la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité australienne à 20 % en 2020, grâce à un système de certificats (Large-scale Generation Certificates et Small-scale Technology Certificates) émis pour chaque MWh d'électricité renouvelable produit par les producteurs d'EnR, qui les vendent aux fournisseurs d'électricité, qui les remettent en fin d'année au Clean Energy Regulator About the Clean Energy Regulator, site du Clean Energy Regulator consulté le 20 mai 2014. pour attester de leur conformité aux objectifs annuels du programme RET. Ces certificats verts sont également utilisés au Royaume-Uni (ROCs - Renewable Obligation Certificate System), en Suède, en Belgique, en Pologne, ainsi que dans 31 États des États-Unis qui ont institué des quotas d'énergie renouvelable dans l'électricité commercialisée ( plus bas : systèmes de quotas).
Europe Le système de soutien le plus utilisé initialement, à la suite de la mise en place de la Directive 2001/77/CE, est celui des tarifs d'achat réglementés (en anglais : , c'est-à-dire tarif d'injection [au réseau]) : les fournisseurs d'électricité ont l'obligation légale d'acheter toute la production des installations de production d'électricité à partir d'énergie renouvelable, pendant 10 à 20 ans, à des tarifs fixés par l'administration ; le surcoût de ces tarifs par rapport aux prix du marché de gros est remboursé aux fournisseurs au moyen d'une surtaxe sur les factures d'électricité des consommateurs.
Allemagne Le tarif d'achat réglementé était en 2012 de pour les éoliennes terrestres et pour les éoliennes en mer ; il est répercuté sur les consommateurs d'électricité par le biais de l'équivalent de la CSPE, appelé qui atteignait en 2013 ( de taxe pour les éoliennes en mer) sur un prix moyen de l'électricité pour un ménage-type allemand de ..
France Le tarif d'achat a été fixé pour l'éolien par l'arrêté du à (indexé ensuite selon une formule qui l'amenait en 2012 à )Charges de service public de l'électricité constatées au titre de 2012 , CRE. ; le surcoût par rapport au prix du marché (moyenne en 2015 : , soit ), calculé à en 2013 par la Commission de régulation de l'énergie, qui l'évalue à pour 2014 et pour 2015, est répercuté sur les consommateurs d'électricité par le biais de la contribution au service public de l'électricité (CSPE), fixée à en 2013, en 2014 et en 2015 alors que la CRE estime qu'elle devrait être fixée à pour couvrir les charges et les arriérés ; la compensation du surcoût des EnR représente 63,7 % de la CSPE, et le photovoltaïque représente 62 % de ces 63,7 %Délibération de la CRE du portant proposition relative aux charges de service public de l'électricité et à la contribution unitaire pour 2015, CRE (consulté le 4 janvier 2015)..
Un autre dispositif fréquemment utilisé (conjointement à celui des tarifs d'achat) est celui des appels d'offres : en France, il a pour finalité de soutenir les filières en retard de développement et est utilisé surtout pour les grandes installations (parcs éoliens en mer, grandes centrales solaires, centrales à biomasse…) ; la Cour des Comptes relève que certains appels d'offres n'ont pas atteint leurs objectifs (cahier des charges insuffisamment respecté par les projets, tarifs proposés trop élevés, nombre insuffisant de projets candidats) : celui de 2004 lancé pour installer d'éolien terrestre n'a retenu que , soit 56 % de l'objectif ; celui de 2010 n'a retenu que pour un objectif de . Pire, de nombreux appels d'offres n'ont pas permis de limiter les prix proposés par les porteurs de projet, soit par manque de concurrence, soit du fait de difficultés techniques ayant incité les candidats à prendre des marges de risque importantes, en particulier celui qui a été lancé en 2011 pour des parcs éoliens en mer : le prix de référence fixé dans l'appel d'offres n'a pas été respecté pour trois des quatre sites concernésCour des comptes Rapport sur la politique de développement des énergies renouvelables , juillet 2013, p. 51-52..
Le , la Cour des comptes publie un rapport sur les aides publiques aux énergies renouvelables : les tarifs moyens d'achat de l'électricité qu'elles produisent restent nettement plus élevés que les prix habituellement constatés sur les marchés de gros, soit pour l'électricité et moins de pour le gaz. Les centrales sous obligation d'achat (dont toute l'électricité produite est achetée aux frais de l'État) ont perçu en moyenne en 2024 ( pour l'éolien terrestre, pour le biogaz et pour le solaire). Les centrales sous complément de rémunération (où l'État compense seulement l'écart avec les prix de marché) reçoivent en moyenne . Les contrats de soutien à la production d'électricité d'origine renouvelable et à la production de biométhane en métropole ont représenté pour l'État un coût total cumulé de entre 2016 et 2024, soit un coût annuel moyen de . En 2025, ce coût total atteint en métropole et en ajoutant notamment l'outre-mer. La Cour demande à l'État d'améliorer du soutien public ; elle recommande de supprimer au moins 20 % des dossiers conformes lors des futurs appels d'offres, pour ne garder que les plus compétitifs, de revoir les coefficients d'indexation des contrats (ceux des premiers parcs éoliens en mer verront leur tarif d'achat d'électricité augmenter de 45 % en vingt ans)Amélie Laurin, Coûteuses, inégalitaires et imprévisibles : la Cour des comptes tacle les aides publiques aux énergies renouvelables, Les Échos, 18 mars 2026..
Chine Le , le gouvernement chinois annonce la fin progressive des crédits d'impôts à l'export dont bénéficiaient, jusqu'à présent, les fabricants chinois de panneaux solaires et de batteries. Ces crédits d'impôts sur la taxe sur la valeur ajoutée, seront supprimés dès le pour les fabricants chinois de panneaux photovoltaïques. Dans les batteries, le taux passera de 9 % à 6 % à la même date, puis sera complètement supprimé en 2027. La compétition intra-sectorielle mortifère entre fabricants chinois, causée par la surproduction, avait fait chuter le prix des panneaux solaires de 20 centimes de dollars par watt au premier semestre 2023 à 7-9 centimes en 2024 et début 2025, selon le cabinet Wood Mackenzie. En conséquence, le secteur a enregistré des pertes équivalentes à 4,4 milliards de dollars entre janvier et , selon le média économique CaixinRaphaël Balenieri, Pourquoi la Chine diminue son soutien à l'exportation de panneaux solaires et de batteries, Les Échos, 12 janvier 2026..
Quotas Des systèmes de quotas sont utilisés aux États-Unis et en Chine : la puissance publique impose aux entreprises électriques une contribution minimale d'énergies renouvelables en termes de capacité installée ou d'électricité produite sous la forme de quotas, qui évoluent dans le temps avec les objectifs de politique énergétique ; ce dispositif est très souvent complété par d'autres mécanismes de soutien tel que les crédits d'impôts, ainsi, dans les États américains où ce système est mis en place, sa contribution à la valorisation des kWh n'est que de l'ordre de 25 %Réponse du SER à la consultation sur l'évolution des mécanismes de soutien, SER (consulté le 11 mai 2014) , pages 31 à 39.. Ces États américains, au nombre de 31, ont institué des « normes de portefeuille d'énergie renouvelable » (, RPS) qui obligent les fournisseurs d'électricité à atteindre une certaine part d'énergie renouvelable dans l'électricité commercialisée Renewable Portfolio Standards (RPS), carte des États concernés et détail des normes (consulté le 3 octobre 2013). ( 15 % en 2025 en Arizona, 30 % en 2020 au Colorado, 33 % en 2020 en Californie California Renewables Portfolio Standard (RPS), California Public Utilities Commission (consulté le 3 octobre 2013).) ; les producteurs de ces énergies reçoivent des certificats (REC) pour chaque kWh produit, qu'ils vendent à leurs clients fournisseurs en même temps que leur électricité ; les fournisseurs peuvent alors présenter ces certificats à l'administration pour démontrer leur conformité au RPS ; sinon ils doivent payer des pénalités. Un rapport constate que ce système de RPS est plus efficace lorsqu'il est combiné avec les crédits d'impôt fédéraux (PTC) Wind Power: Barriers and Policy Solutions, Nicholas School of the Environment at Duke University (consulté le 3 octobre 2013)..
Contrat pour différence Le contrat pour différence (ou prime ex-post) est un système en vigueur en 2014 sur option en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni, et préconisé par la Commission européenne : un niveau de référence (target price) est défini par le régulateur ; le producteur vend l'électricité produite au prix de marché de gros, directement ou via un « intégrateur », notamment pour les acteurs sans accès direct au marché (petits producteurs) ; le producteur perçoit un complément de rémunération (« prime ») dans le cas où la différence entre le niveau de référence et le prix de marché est positive ; sinon le producteur doit verser le surplus perçu ; une variante (le contrat pour différence asymétrique) ne prévoit pas ce reversement. Selon le SER, ce système impose au producteur des coûts supplémentaires de commercialisation pouvant aller jusqu'à 10 % du coût d'achat.
Une variante, la prime , appliquée en Espagne jusqu'en 2008 et au Royaume-Uni depuis 2014 en option, prévoit une prime définie initialement par le régulateur et fixée pour une durée limitée ; cela simplifie le système et diminue donc son coût, mais suppose des hypothèses sur les prix de marché futurs et donc un risque pour le producteur.