La Compagnie des chemins de fer des Charentes, dite aussi Compagnie des Charentes ou des deux Charentes, était une société anonyme française créée en 1863, à la suite d'une concession de quatre lignes de chemin de fer attribuées en 1862. Elle sera rachetée par l'Administration des chemins de fer de l'État en 1878.
Histoire thumb|Obligation de la Compagnie des chemins de fer des Charentes en date du 1875 En 1862, on assiste à une évolution de la politique d'adjudication des lignes de chemin de fer par l'État. Le rapport de , préambule au décret du , préconise de maintenir le principe de grands réseaux, tout en se réservant la possibilité de concéder des à de nouvelles compagnies. La création de la Compagnie des chemins de fer des Charentes va découler de cette préconisation. Le , un décret impérial adjuge à , banquiers à Paris, de voies ferrées en quatre lignes : de La Roche-sur-Yon à La Rochelle, de Rochefort à Saintes, de Saintes à Coutras, et de Saintes à Angoulême. Le décret prévoit une subvention de et la constitution d'une société anonyme qui doit se substituer aux adjudicatairesRevue contemporaine, Volume 106, 1869, p. 502 lire en ligne (consulté le 21 mars 2010)..
Le , un décret autorise la création de la "Compagnie des chemins de fer des Charentes", Société Anonyme au capital de de francs, réparti en . Les membres statutaires du premier conseil d'administration sont Messieurs : Numa Guilhou, Victor de Bertier, le général Bougenel, le comte de Bougy, Brian, Cavaré aîné, Émile Chevalier, le marquis Cusani, Guilhou père, Charles Jenty, Lainel, Lauxerrois, et Tavernier. Le siège sera fixé à ParisCollection complète des lois, décrets, ordonnances, règlemens avis du Conseil d'État, publiée sur les éditions officielles du Louvre:..., A. Guyot et Scribe, 1863, pp. 592-597 lire en ligne (consulté le 21 mars 2010)..
Son directeur étant un vétéran du Strasbourg – Bâle d'origine anglaise, Georges Love, centralien qui dirigera la compagnie pendant dix ans, et son ingénieur conseil Dominique Bazaine, ingénieur des Ponts et Chaussées. Un certain Mr Bonnefond prend en charge le service du matériel et de la traction. Les problèmes administratifs et techniques feront que les travaux de construction dureront sept ans. En 1867, fut ouverte la ligne Rochefort – Angoulême via les villes de Saintes et de Cognac. Cette réalisation sera majeure pour la Compagnie des Charentes – car elle sera la seule ligne à être rentable depuis son inauguration – elle sera établie en trois étapes successives. La première section ferroviaire relira la gare PO de Rochefort à Saintes le , la seconde relira Saintes à Cognac le et la dernière section relira Cognac à la bifurcation des Alliers près d'Angoulême, qui sera inaugurée le . En 1869, fut réalisée la section de Beillant à Pons. C'est à Beillant que se situait l'embranchement vers Pons sur la ligne de Saintes à Cognac. Avancement des travaux En 1870, la gare de Pons fut reliée à celle de Jonzac. En 1871, la section de Jonzac à Montendre fut mise en service ainsi que la ligne de La Roche-sur-Yon à La Rochelle. Mais à La Rochelle, il y avait une interruption entre les deux lignes, l'accord de transit sur les voies de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans pour rejoindre Rochefort n'étant intervenu que le . En effet, pour le cheminement de la voie, l'armée interdira de longer la côte, la ligne passa alors par Aigrefeuille. Le , la ligne directe de La Rochelle à Rochefort sera ouverte. Durant cette même année, seront ouvertes les sections de Montendre à Saint-Mariens Saint-Yzan et de Saint-Mariens - Saint-Yzan à Blaye (). Le , la ligne arrivera enfin à Coutras à l'Est de Libourne. Le , la Compagnie des Charentes inaugurera la ligne de Limoges à Angoulême, qui avait été déclarée d'utilité publique le .
La Compagnie fut rapidement en déficit dès 1870, et à partir de cette date, les recettes ne couvrirent au plus que 62 % des dépenses de fonctionnement. Elle ne put jamais, à cause de l'hostilité du Paris – Orléans, obtenir un accès direct à Bordeaux. Elle finira par déposer son bilan et le rachat par l'État interviendra le lors de la création de l'Administration des chemins de fer de l'État. Elle possédait alors que de lignes.
Son trafic, pour sa dernière année d'exploitation, s'établira comme suit : , dont ; parcourus ; ( en et en ) ; de marchandises transportées ; Parcours moyen par voyageur : 38 km pour ; Parcours moyen pour les marchandises : pour .
Date d'ouverture des lignes Les différentes sections de lignes furent ouvertes aux dates indiquées dans le tableau ci-dessous.
Section Date Rochefort - Saintes 15 avril 1867 Saintes - Cognac 31 mai 1867 Cognac - Angoulême 22 octobre 1867 Beillant - Pons 25 mars 1869 Pons - Jonzac 26 janvier 1870 La Roche-sur-Yon - La Rochelle 14 mars 1871 Jonzac - Montendre 6 novembre 1871 Bordeaux - La Sauve 15 mai 1873 Montendre - Saint-Mariens 16 octobre 1873 Saint-Mariens - Blaye 10 octobre 1873 La Rochelle - Rochefort 29 décembre 1873 Saint-Mariens - Coutras 19 octobre 1874 Angoulême - Limoges 26 avril 1875 Taillebourg - Saint-Jean-d'Angély 25 janvier 1878
Matériel de traction thumb|Locomotive L. Corpet n° 501, devenue 0208 État. 16 locomotives 030 numérotées 1 à 16, type Bourbonnais, pour service mixte, mises en service en 1867 et 1868. Dépôts d'attache : Saintes et Angoulême. Constructeur : Grafenstaden 13 locomotives 120 numérotées 101 à 113, type Forquenot 401 du PO, pour service mixte, mises en service en 1870 et 1871. Constructeur: Grafenstaden 31 locomotives 120 numérotées 151 à 181, type Forquenot 171 du PO, pour rapides, mises en service de 1873 à 1876. Constructeur : 12 aux Chantiers de l'Océan, le Havre, 19 chez Koechlin à Mulhouse. 18 locomotives 030 numérotées 51 à 68, type 812 du PO, service marchandises, mises en service en 1875 et 1876. Dépôts d'attache : Saintes et Angoulême. Constructeur : 12 à Grafenstaden et 6 chez Fives-Lille. 1 locomotive articulée 020+020 tender, système Meyer, baptisée "l'Avenir", construite par Cail en 1869, et achetée par les Charentes en 1872. Dépôt d'attache : Saintes 4 locomotives 020 tender, numérotées 501 à 504, construites par L.Corpet en 1870. Dépôt d'attache: Saintes.
Matériel voyageurs 1 voiture-salon 30 voitures de à trois compartiments - 24 places 18 voitures mixtes à deux compartiments de et deux voitures de (16 et 20 places) 1 voiture à étage des trois classes 46 voitures de à quatre compartiments (40 places), dont quatre avec frein à vis 196 voitures de à cinq compartiments (50 places), dont 51 avec frein 40 fourgons à bagages
Voitures et fourgons avaient été construits par "Maze et Voisine", Chevalier Cheylus et Cie, David Desouches et Cie, Deletrez père, Gargan, Compagnie française de matériel de chemin de fer.
Matériel marchandises 14 wagons-écuries bétail 12 wagons à marée 778 wagons couverts dont 192 avec frein à vis 362 wagons à charbon dont 81 avec frein à vis 2 plateformes pour canons 145 wagons plats pour transport de pierres 20 wagons plats à traverse mobile 288 wagons plateformes 230 wagons benne à ballast dont 8 avec frein à vis 8 wagons de secours 4 grues roulantes sur plateau
Personnel Au , la compagnie employait 2 382 personnes, dont 429 femmes. Le personnel se répartissait ainsi : 84 à l'administration centrale ; 705 à l'exploitation dont 89 agents de trains ; 524 au service matériel et traction dont 104 mécaniciens et chauffeurs ; 969 au service travaux d'entretien de la voie.
Notes et références
Bibliographie A.Jacquot, Connaissance du rail, n° 22, B.Moret, Le Train Sup-Archives, les Archives de l'Ouest-État, tome 2 F.Caron, Histoire des chemins de fer en France 1740-1883, édition Fayard M.Angelier, Voyage en train au temps des grandes compagnies 1832-1937, édition La Vie du Rail Y.Le Dret, Le chemin de fer en Poitou-Charentes, tome 1 et 2, édition Les chemins de mémoire
Voir aussi Articles connexes Administration des chemins de fer de l'État Chemin de fer Chemins de fer économiques des Charentes
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