vignette|Strate buissonnante de mûres sauvages, marjolaine et églantines. vignette|Hautes Chaumes du Forez au printemps. Du point de vue écologique les broussailles ou strate buissonnante, parfois strate arbustive basse, sont une formation végétale dominée par des plantes de de hauteur et un stade de la succession écologique qui va, idéalement, de l'établissement des plantes pionnières à la forêt ; dans la succession naturelle la strate buissonnante succède à la strate herbacée et précède la strate arbustive, formation dominée par les arbustes. La fruticée (ou brousse en Afrique ou bush) est le stade final de la strate buissonnante avant la strate arbustive.

Les broussailles, au sens commun, constituent une « végétation touffue des terrains incultes, composée d'arbustes et de plantes rabougris, rameux et épineux ». Ce sont des formations dynamiques en évolution constante (embroussaillement) mais certaines activités humaines, l'action des herbivores et le feu ont pour conséquences de les maintenir au stade de strate buissonnante.

L'embroussaillement ou envahissement par les arbustes (également appelé prolifération arbustive) est la propagation de buissons, sous-arbrisseaux (chamæphytes), arbrisseaux et arbustes dans des biotopes ouverts (tels que les prairies, landes, pâturages alpins et prairies sèches créés par l’homme, mais aussi dans les tourbières et savanes naturelles). Selon le climat, l’envahissement par les arbustes précède le reboisement. Les jeunes arbres peuvent prospérer dans les fourrés épineux, à l’abri du broutage. Face à l’augmentation du stress hydrique du à des pratiques de gestion non naturelles ou au changement climatique, l’envahissement par les arbustes peut également se produire en forêt en cas de mortalité des arbres.

Du point de vue agronomique l'embroussaillement des prairies et des parcours de pâturage peut aussi être considéré comme une forme de dégradation des pacages ou des terres cultivées. Il peut être lié à la dégradation du sol ou à des méthodes de pâturage inadaptées (sous-pâturage, surpâturage…). Il a cependant été utilisé comme méthode de régularisation de la production agricole et de régénération de la fertilité des sols.

L'embroussaillement peut donc être volontaire et contrôlé pour des raisons écologiques ou sociales ou bien spontané (naturel ou subi).

Particularités défensives des plantes de buisson contre les herbivores

vignette|Épines sur une tige de framboisier. Cette végétation basse est accessible à la plupart des herbivores, Il en a résulté des adaptations défensives. Ces adaptations sont principalement constitutives (forte proportion de lignine, de silice, d'épines) et chimiques (production de tanins, d'alcaloïdes et autres composés organiques répulsifs ou toxiques comme les anthracènes produits par la bourdaine).

Types d'embroussaillement

vignette|Envahissement par les arbustes dans la lande à genévriers du Jura souabe.gauche|vignette|Selon l'hypothèse des mégaherbivores, la mégafaune du Pléistocène aurait pu maintenir des paysages ouverts (prairies, landes) même pendant les périodes de réchauffement jusqu'à la période de domination des humains. Évolution des zones boisées Dans les zones qui étaient à l'origine boisées en Europe centrale, par exemple, les prairies et les alpages nécessitent une intervention humaine pour être renaturées ; lorsque la culture ou l'élevage cessent sur des terres et que leur utilisation s'interrompt totalement, les landes se développent. La prolifération des buissons et des arbustes crée d'abord des fourrés, puis des forêts. Les grands herbivores autrefois indigènes d'Europe centrale, tels que les bisons, les aurochs, les cerfs élaphes et les chevaux sauvages, ont pu contrer ce processus. Bien avant, au cénozoïque, selon l', ils auraient créé de vastes paysages ouverts dans des zones potentiellement boisées de feuillus, puis lorsque les mégaherbivores disparurent, les landes retournèrent en forêts. En Australie, l'usage de l'écobuage et des incendies volontaires () pour la chasse pourrait être la cause de la disparition de la mégafaune locale (diprotodon …), la disparition des mégaherbivores limite ensuite le débroussaillage et facilite à nouveau les incendies.centré|vignette|Usage du feu pour la chasse en Australie. Les zones boisées détruites et les prairies attenantes ont pu se transformer en brousses (Scrub), d'autant plus facilement que la pression des herbivores diminuait.En Europe à partir de l'âge du fer les besoins en bois des mines et des industries (métallurgie, poteries, tuilerie, verrerie, fours à chaux et à plâtre, salines continentales, charbon de bois) augmentèrent progressivement jusqu'à l'utilisation du charbon de terre à l'époque industrielle. De nombreuses forêts situées sur sol pauvre retournèrent à l'état de landes.vignette|Dans les Landes de Gascogne vers 1877.

À partir du le besoin de nouvelles terres en Europe entraîna un mouvement de colonisation interne dans ces régions ( en Allemagne et aux Pays-Bas, souvent associées à l'exploitation de la tourbe). Les méthodes hollandaises de remise en culture des terres dégradées furent exportées par les Mennonites persécutés en Allemagne et dans les Pays-Bas d'abord dans le delta de la Vistule (Mennonites du delta de la Vistule) puis de là, à l'appel de Catherine II, dans différentes régions de l'Empire russe ; ils initièrent en particulier la mise en valeur des steppes d'Ukraine (voir Molotschna). En France l'enrésinement forcé des Landes de Gascogne entraîna la disparition du paysage traditionnel et fut aussi comparé à la colonisation, la population ayant été obligée de changer complètement de mode de vie. L'enrésinement échoua en Champagne pouilleuse mais ensuite les savarts (sorte de steppe sur rendzine, éventuellement embroussaillée) furent amendés et cultivés jusqu'à devenir une des plus grandes plaines céréalières d'Europe. En zone tempérée de plaine ou de plateau les landes et geest actuels ne sont donc que des survivances de ce qui existait en 1700. Encore cette survie dépend-elle souvent de l'établissement de zones protégées.vignette|Broussailles à l'emplacement du terril n°43B à Nœux-les-Mines, Pas-de-Calais. En raison des transformations structurelles de l'agriculture alpine, les pâturages d'alpage sont souvent délaissés et abandonnés (voir aussi Chaume (montagne) pour les Vosges, le Forez et la Romandie). Il en résulte une prolifération des arbustes. Le débroussaillage permet de protéger les Alpes de cette prolifération. L'impact de cette dernière sur la biodiversité dépend des espèces végétales qui se développent. L'aulne vert est l'espèce la plus répandue, et sa propagation est associée à un déclin significatif de la diversité spécifique et de la diversité bêta. D'autres cultivars d'aulnes seraient moins agressifs, ainsi Alnus incana monstrosa a été introduit comme plante pionnière (en zone calcaire) sur terrains pauvres de montagne, terrils et carrières du fait de sa capacité à fixer l'azote atmosphérique (comme les autres aulnes).

D'autres paysages ont également été envahis par les arbustes lorsqu'ils ont cessé d'être entretenus ou utilisés. Par exemple, de nombreux versants escarpés des régions viticoles est-allemandes de Saale-Unstrut et de Saxe ont été laissés à l'abandon après l'épidémie de phylloxéra de la fin du . Cela a conduit à la formation de zones boisées.

Embroussaillement des savanes vignette|Embroussaillement de la savane à Waterberg, en Namibie. L’envahissement des savanes par les arbustes est un processus global qui représente une transition d’écosystèmes autrefois dominés par les graminées et parsemés d’arbustes vers des systèmes dominés par les arbustes, avec une couverture herbacée fortement réduite et de plus grandes étendues de terrain découvert. La plus ancienne description connue de cet envahissement est un texte d’ datant de 1954. Des modélisations suggèrent que de vastes portions de la savane africaine pourraient se transformer en forêts d’ici 2100.

À l'instar des landes d'Europe centrale, la plupart des savanes se situent généralement dans des climats propices à la croissance forestière : les savanes humides sont l'équivalent des forêts pluviales saisonnières, et les savanes sèches, des forêts tropicales sèches. Le développement de ces communautés végétales arborées et herbacées, écologiquement contradictoires, est attribué soit à des feux de brousse réguliers (épisode de climax dû aux incendies), soit au surpâturage par de grands troupeaux d'animaux. Dans les deux cas, l'homme a souvent joué un rôle primordial depuis la Préhistoire.

Les facteurs à l'origine des changements de végétation actuels sont multiples. Parmi ceux-ci figurent la prévention des feux de brousse naturels, l'exclusion des animaux brouteurs et des facteurs climatiques tels que l'augmentation mondiale du dioxyde de carbone atmosphérique, qui favorise la croissance des arbustes à fixation du carbone en C3 au détriment des graminées à fixation du carbone en C4 . Ces facteurs se renforcent mutuellement ou engendrent des rétroactions importantes pouvant entraîner une dégradation accrue des sols au sein de l'écosystème, par exemple par une érosion éolienne et hydrique accrue (Érosion#Érosion par l'eau).

Avant la révolution agricole : la lande comme moyen d'ajustement et de régénération de la production agricole Voir aussi : Histoire de l'agriculture#Organisation communautaire et poids des servitudes collectives et féodales

Historique À l'époque féodale, les landes étaient placées hors de la sole cultivée, elles étaient aussi distinctes de la forêt et des prairies. Elles étaient gérées par la communauté villageoise. Le droit d'affouage permettait à tous les membres de la communauté de se servir en petit bois, le bois d'œuvre étant généralement réservé à l'usage du seigneur ou des communautés ecclésiastiques, le droit de pacage leur permettait d'y emmener leurs bêtes à certaines périodes. Les chèvres étaient généralement exclues de ce droit car elles faisaient régresser la lande et étaient plus difficiles à garder. Cependant lorsque des terres étaient retirées du système féodal (enclosures, métairies et grandes fermes) et après la Révolution, les paysans étaient généralement libres de gérer leur exploitation et d'y introduire ou de supprimer des parcelles en landesFlorian Mazel, Nouvelle histoire du Moyen-Âge ; le grand essor agraire, Seuil, 2021. Leur brûlage avant remise en culture tenait lieu de fertilisation. L'étrépage consistait à transporter de la terre végétale des landes (ou des forêts, des tourbières …) vers la sole cultivée. Selon l'abondance ou la pénurie de main d'œuvre la lande, qui ne demandait pas de travail, était typiquement mise en place pour la durée d'une génération, soit une vingtaine d'annéesLouis Gallouédec, La Bretagne, Hachette, « Histoire et géographie régionales de la France », 1917.. Ces parcelles d'ajustement (dont nombres portent encore le nom de « Landes ») existèrent jusque dans les années 1940. Avec la disponibilité d'amendements meilleur marché et de moyens de labour puissants une grande partie de ces landes a été remise en culture ou au contraire a évolué vers la forêt.

Des formes voisines de cette pratique sont mises en œuvre aujourd'hui dans les zones semi-arides (régénération naturelle assistée).vignette|Hachoir mécanique à bras (hâche-paille) : cet appareil très répandu dans les régions de landes et d'agriculture pauvre jusque vers 1950 permettait de rendre comestibles ajoncs, genêts et orties. Flore Les améliorations recherchées amènent à privilégier certains types de plantes, qui sont semées ou épargnées si elles se développent spontanément. Autrefois la lande permettait d'abord de compenser le manque de pailles à litière et de fumier et d'effectuer un transfert de fertilité vers les parcelles en culture. Les effets ou ressources recherchés étaient (ou sont encore) plus généralement :