thumb|300px|right|Synagogue de Butzbach La synagogue de Butzbach n'a été construite que très tardivement. Initialement, la communauté juive moderne qui date du , possède une salle de prière située dans la mairie de la ville. Pour des raisons financières, une synagogue indépendante ne sera édifiée qu'en 1926. Celle-ci ne subsistera que , incendiée par les nazis lors de la nuit de Cristal.
Butzbach est une ville d'Allemagne située dans l'arrondissement de Wetterau dans le Land de Hesse. La ville située à au sud de Gießen et à au nord de Francfort-sur-le-Main compte actuellement près de . Histoire de la communauté juive Au Moyen Âge Des Juifs vivent déjà à Butzbach au Moyen Âge, la ville ayant reçu sa charte en 1321 : en 1332, ils sont mentionnés dans le cadre d'un emprunt. Lors de l'épidémie de peste de 1348-1349, les Juifs de Butzbach sont également victimes de persécution. Après cette persécution, leur présence est de nouveau mentionnée en 1371-1372. En 1384, une communauté juive possédant une synagogue est attestée à Butzbach. Les familles juives vivent principalement dans la Judengasse (ruelle des Juifs), mentionnée dès 1351, mais possèdent également des biens en dehors de cette rue. Leur principale source de revenus est le prêt sur gage. On trouve également trace en 1408 d'un médecin juif prénommé Jacob, d'un érudit juif du nom d'Aaron Katz, assassiné près de Sankt Goar en 1421 et d'un shochet (abatteur rituel) de la communauté juive. Il n'existe aucune trace d'une expulsion des Juifs à la fin du Moyen Âge ou au début de l'époque moderne, mais il semble que la plupart des Juifs aient quitté la ville au milieu du .
Aux , des Juifs s'installent de nouveau dans la ville, vivant principalement du petit commerce, mais aussi occasionnellement de l'artisanat. En 1622, on recense cinq à huit familles, sept en 1653 et dix familles, avec un rabbin, en 1656. Pour des raisons inconnues, ces familles quittent Butzbach quelque temps plus tard ou sont expulsées. Un rapport de 1936, mentionne qu'une expulsion aurai eu lieu en 1676.
Depuis le début du , des familles juives peuvent réintégrer la ville.
La communauté juive des jusqu'en 1933 L’immigration significative ne se produit pas avant le . En 1830, la ville ne compte aucun résident juif ; en 1848, on recense répartis en cinq familles. Sachant que d’autres familles allaient suivre, elles obtiennent rapidement l’autorisation de fonder une communauté religieuse indépendante. Une salle de prière est aménagée dès . L’instituteur Heinrich Oppenheimer, originaire de Gleicherwiesen près de Römhild, prend en charge l’instruction des enfants. Il partira pour Darmstadt en 1858. Le premier conseil est composé de Mayer Meyer, Löb Kaufmann et Nathan Simon. En 1868, Butzbach compte déjà juives. L’immigration en provenance des villages voisins, qui augmentera après la Première Guerre mondiale, ainsi que l’arrivée de Juifs dits orientaux fuyant les pogroms en Russie, portent ce nombre à une quarantaine de familles. Au début du , Hoch-Weisel qui compte en 1905 cinq résidents juifs, est rattaché à la communauté de Butzbach. Les Juifs gagnent principalement leur vie comme commerçants, notamment marchands de chaussures et de textiles, négociants en bétail, marchands de produits agricoles, bouchers, marchands de tabac, horlogers ou cordonniers.
La communauté juive dispose d'une synagogue à partir de 1926, en remplacement de la salle de prière qui existait depuis 1848, d'une école religieuse et d'un cimetière. Un enseignant religieux est chargé des affaires religieuses de la communauté ; il officie également comme chantre et shochet (abatteur rituel). Après le départ de l'enseignant Heinrich Oppenheimer en 1885, Emil Spiro est engagé comme enseignant, chantre et abatteur rituel de la communauté, poste qu'il exercera jusqu'à sa mort en 1920: Article dans la revue Der israelit du 24 juin 1920. Son successeur est Moritz Fuld.
Lors de la Première Guerre mondiale, Siegfried Stern, membre de la communauté juive, tombe au combat. Jacob Rosenbaum, né à Butzbach, mais habitant Wiesbaden est également tombé au combat.
Vers 1925, date à laquelle on recense , les dirigeants de la communauté sont Isidor Krämer, Hermann Löb et David Grünebaum. Les mêmes sont réélus au conseil en 1932. Moritz Fuld est l'enseignant, chantre et abatteur rituel. À cette époque, il enseigne à cinq enfants juifs à l'école religieuse et dispense un enseignement religieux à huit enfants dans des écoles secondaires. En 1932, il enseigne à un total de douze enfants. Il enseigne aussi à des enfants des communautés voisines qui n'ont plus d'enseignants, comme Münzenberg, distant d'à peine . La communauté est classée comme orthodoxe et donc rattachée au rabbinat provincial orthodoxe de Gießen. Parmi les associations caritatives juives figurent la Israelitischen Frauenverein (Association des femmes israélites) dont le but est de venir en aide aux nécessiteux et aux malades et la Männer-Krankenverein (Association d'aide aux malades) - Chewra Kadischa, qui soutient les nécessiteux et offre des services funéraires.
Présence d'un antisémitisme latent Dans les années 1890, l'antisémite notoire Philipp Köhler, originaire de Bettenhausen, près de Langsdorf, provoque un climat de forte inquiétude dans la région de Butzbach au sein des communautés juives. Il ne parvient pas à se faire élire au parlement de HesseArrivés à égalité avec le même nombre de voix, Philipp Köhler du Deutschsoziale Reformpartei et le Dr Vogt du parti national-libéral, le tirage au sort désigna Köhler, mais son élection a été invalidée au profit du Dr Vogt car l'un des électeurs ayant voté pour Köhler ne possédait pas la nationalité hessoise: Article de la revue Der israelit du 7 aout 1890: Article du journal Allgemeine Zeitung des Judentums du 15 aout 1890: Article dans la revue Der Israelit du en 1890, mais est élu au Reichstag en 1893 sous l'étiquette du Deutschsoziale Reformpartei (Parti social allemand de la réforme).
Les événements qui se déroulent ici témoignent clairement de la façon dont l'antisémitisme sème la discorde au sein de larges pans de la population. Notre petite ville, avec ses deux marchés, le marché Sainte-Catherine et le marché Fasel, est le centre névralgique de toute la région de Wetterau. Les disciples de Böckel sont parvenus à pousser les choses si loin que les associations antisémites de la jeunesse villageoise ont jugé bon d'annoncer un bal antisémite à Nieder-Weisel [actuellement quartier de Butzbach], le dernier jour du marché Sainte-Catherine, le , à l'aide d'affiches bien visibles, dans le but manifeste de perturber le commerce du marché de Butzbach: Article dans le journal Allgemeinen Zeitung des Judentums du 25 décembre 1891...
La période nazie Après 1933 et l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler, certains membres de la communauté juive, qui compte alors soit 2,6 % de la population totale, quittent Butzbach pour s'installer dans des grandes villes allemandes ou émigrent en raison de la marginalisation croissante et des représailles. Un grand nombre d'entre eux, environ s'installent aux États-Unis. Lors de la nuit de Cristal en , non seulement la synagogue, mais aussi des commerces et des maisons juives sont entièrement détruits. Entre autres, l'horlogerie d'Hermann Löb, située 9 Griedeler Straße, est saccagée et des horloges ainsi que des bijoux de valeur sont jetés dans la rue. Des membres de la SA les piétinent et une partie de la marchandise est volée. L'épouse d'Hermann Löb meurt six semaines plus tard des suites des brutalités qu'elle a subies.
En 1941-1942, les juifs sont déportés vers des camps d'extermination.
Le mémorial de Yad Vashem: Base de données des victimes de la Shoah ; Mémorial de Yad Vashem. de Jérusalem et le Gedenkbuch - Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933-1945: Recherche de noms de victimes dans le Gedenbuch; Archives fédérales allemandes. (Livre commémoratif – Victimes des persécutions des Juifs sous la dictature nazie en Allemagne 1933-1945) répertorient nés, ou ayant vécu longtemps à Butzbach parmi les victimes juives du nazisme.
Histoire de la synagogue Synagogue du Moyen Âge Une synagogue est mentionnée à la fin du en 1384 sous le nom de Judenschule. Elle se situe dans l'ancienne Judengasse (aujourd'hui Hirschgasse) à l'ouest de la place du marché, jusqu'aux remparts de la ville. Cette synagogue de la fin du Moyen Âge semble avoir été abandonnée avec le départ des familles juives au milieu du , car elle est tombée entre les mains des seigneurs de la ville avant 1476 ou au cours de cette année-là. Les vestiges de ses murs ont subsisté quelque temps après.
Synagogue dans la mairie thumb|200px|right|Plan de la synagogue dans la mairie Les familles juives qui s'installent à Butzbach au milieu du assistent initialement aux offices de la ville voisine de Hoch-Weisel distante de (quartier de Butzbach depuis fin 1970). En 1848, une salle au premier étage de la mairie est mise à leur disposition comme salle de prière. Le (Shabbat Nachamu, 13 Av 5608), le premier office pour les familles juives nouvellement installées à Butzbach y est célébré. L'organisation religieuse s'inspire des offices de la synagogue principale de Francfort-sur-le-Main. Un article de 1857 paru dans le journal juif Allgemeine Zeitung des Judentums, décrit cette première salle de prière et le déroulement des offices, notamment l'introduction du chant choral dans les offices de la communauté juive de Butzbach.
...la communauté locale s'est développée au point que nous avons pu instaurer nos propres offices religieux dès (Chabbat Nachamu) et nous constituer ainsi en communauté officielle. La plupart des membres de la communauté ne suivant pas l'ancien office, malheureusement encore en vigueur dans la plupart des communautés de notre province, nous nous sommes tournés vers le rabbin Stein à Francfort-sur-le-Main, qui, avec une profonde gratitude, nous a volontiers aidés et nous a aimablement transmis l'intégralité du calendrier liturgique de la synagogue principale de Francfort-sur-le-Main. Nous avons essentiellement suivi cette liturgie simplifiée et raffinée, sans toutefois adopter le cycle triennal et en omettant les hymnes faute d'enseignant qualifié à l'époque.Ce dernier problème est désormais résolu, car nous avons récemment accueilli un chantre compétent en la personne de M. Oppenheimer, professeur de religion de Gleicherwiesen. Il a initié les enfants de notre communauté, encore peu nombreux, au chant choral. Ce style ne manque jamais de toucher profondément le cœur de chaque Israélite sincère, passionné par la religion de ses ancêtres, et enrichit le culte à tous égards...Si nos rabbins se préoccupaient davantage des écoles et du culte, et si chaque communauté n'était pas livrée à elle-même, la situation serait tout autre ; l'ancien office, désordonné et solennel, céderait alors la place à un culte plus digne et plus fervent: Article dans le journal Allgemeinen Zeitung des Judentums du .
Comme le nombre de membres de la communauté juive continue d'augmenter, la communauté s'efforce de construire une synagogue dans la ville. Dès 1881, la construction est approuvée, mais n'est pas entreprise à cette époque. En 1920, une nouvelle tentative est lancée. Des appels aux dons sont alors organisés afin de réunir une partie des fonds nécessaires: