Les relations entre la Côte d'Ivoire et le Portugal désignent l’ensemble des liens diplomatiques et bilatéraux entre la Côte d’Ivoire (en portugais : Costa do Marfim) et le Portugal. Les deux États maintiennent des relations diplomatiques directes depuis 1975.
Au milieu du XVe siècle, les navigateurs portugais sont les premiers Européens à atteindre la Côte d’Ivoire. Des villes comme San-Pédro et Sassandra datent de cette période, comme l’appellation du pays.
Les relations bilatérales, longtemps relativement peu développées, connaissent une intensification notable à partir de 2015 à la faveur de nombreux accords et coopérations. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire dispose depuis 2021 du statut d’observateur au sein de la Communauté des pays de langue portugaise.
Depuis 2011, l’ancienne capitale ivoirienne, Abidjan et la ville portugaise de Viseu sont liées par un jumelage.
Comparaison entre les deux pays Le tableau suivant fait ressortir certains points communs entre la Côte d'Ivoire et le Portugal, du point de vue culturel comme politique: +Côte d'IvoirePortugalArmoiriescentré|sans_cadre200 × 200px|sans_cadreGouvernementRépublique unitaire présidentielleRépublique unitaire à régime semi-présidentielCapitaleYamoussoukro (Afrique)Lisbonne (Europe)Langue officielleFrançaisPortugais, mirandaisPopulation30 061 62910 639 726Superficie322 462 km292 256 km2PIB nominal61,502 milliards de dollars251,915 milliards de dollarsIDH0,5500,866Religion40,3 % de chrétiens, 42,5 % de musulmans, 2,6 % d'animistes80,2 % de catholiques, 0,42 % % de musulmans, 2,13 % de protestants, 0,72 % de témoins de Jéhovah, 0,69 % de chrétiens orthodoxes, 0,22 % d'hindous, 0,19 % de bouddhistes, 0.03% de juifs, 14,1 % sans religion
Histoire À partir du milieu du XVe siècle, les portugais explorent progressivement les côtes de l’Afrique occidentale et leur attribuent des appellations fondées sur les principales marchandises qu’ils envisagent d’y commercer, telles que la Côte de l’Or ou la Côte des Esclaves dans le golfe de Guinée. Ils désignent cette portion du littoral sous le nom de Côte d’Ivoire en référence à l’ivoire qu’ils espèrent y trouver, appellation qui donne ensuite son nom à l’État actuel.
Au milieu du XVe siècle, les navigateurs portugais João de Santarém et Pedro Escobar sont les premiers Européens à atteindre le golfe de Guinée. En 1469, le Portugais Soeiro da Costa débarque dans l’actuelle ville de Grand-Bassam, devenant probablement le premier Européen à fouler le sol de l’actuelle Côte d’Ivoire. Les Portugais fondent ensuite des villes telles que São Andrea (aujourd’hui Sassandra) et San-Pédro.
Par la suite, le Portugal exerce pendant près d’un siècle une domination commerciale sur la côte ivoirienne, sans établir de colonies territoriales. Au XVIIᵉ siècle, cette présence est progressivement remplacée par celle de la France, et la Côte d’Ivoire devient une colonie française.
Le pays accède à l’indépendance vis-à-vis de la France en 1960. Toutefois, ce n’est qu’après la fin du régime colonial de l’Estado Novo, consécutive à la révolution des Œillets au Portugal en 1974, que des relations amicales se développent avec le Portugal. Le nouveau gouvernement portugais met alors un terme aux guerres coloniales, accorde l’indépendance à ses anciennes colonies en 1975 et réoriente sa politique étrangère.
Diplomatie Le , le Portugal, devenu démocratique, établit des relations diplomatiques avec la Côte d’Ivoire. Luis Meneses Cordeiro devient le premier représentant du Portugal accrédité à Abidjan, la capitale, le . Lors de la crise politique interne qui s’aggrave à partir de 1999 et conduit à la guerre civile en Côte d’Ivoire, le Portugal ferme son ambassade en 2001 et relève de la circonscription du représentant portugais à Dakar, au Sénégal.
Les relations bilatérales connaissent une intensification en 2015. Lors de sa visite au Portugal en mars de cette année, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Charles Diby, rencontre son homologue portugais, Rui Machete. Ils expriment leur volonté de conclure une série d’accords et de coopérations visant à rapprocher les deux pays. Les premiers accords portent sur une convention de double imposition et la coopération dans la lutte contre l’évasion fiscale. Un protocole d’accord prévoit également l’introduction de l’enseignement du portugais en Côte d’Ivoire et l’appui au développement fourni par le Portugal. Par ailleurs, des coopérations sont décidées dans les domaines de la sécurité et de la justice, la Côte d’Ivoire sollicitant notamment l’aide du Portugal dans sa lutte contre la piraterie au large de ses côtes. Peu avant, des conférences et des réunions économiques visant à renforcer les relations commerciales entre les deux pays se tiennent à Lisbonne dans le cadre du forum Portugal e Costa do Marfim — Reforço das Relações Económicas e Comerciais. D’autres rencontres suivent, singulièrement la visite du vice-Premier ministre portugais Paulo Portas en Côte d’Ivoire en 2015, ainsi que diverses visites et réunions économiques réciproques en 2016.
En 2015, le centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire et l’Agence pour l’investissement et le commerce extérieur du Portugal (AICEP) signent à Abidjan un accord de partenariat lors de l’ouverture du forum économique ivoiro-portugais, coprésidé par l'ancien Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan et le vice-Premier ministre portugais Paulo Portas.
Après vingt années d’absence, l’ambassade rouvre physiquement le 1ᵉʳ afin de renforcer les relations bilatérales entre le Portugal et la Côte d’Ivoire dans leurs multiples domaines, tout en apportant un soutien à la communauté portugaise établie en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire possède aussi une ambassade dans le quartier de Belém à Lisbonne, ainsi que deux consulats honoraires, dont un à Gondomar, près de Porto, et l'autre à Coimbra.
Économie Il existe en Côte d’Ivoire une chambre de commerce extérieure portugaise dont l’objectif principal est de représenter la communauté des affaires et de faciliter les activités des entreprises portugaises souhaitant s’y implanter, ainsi que celles des entreprises ivoiriennes désireuses de développer leurs activités au Portugal.
Certaines entreprises portugaises sont présentes en Côte d’Ivoire, notamment dans le secteur de la construction. Par ailleurs, 189 entreprises portugaises exportent vers le pays selon les chiffres de 2016.
En 2016, le Portugal exporte pour 35,5 millions d’euros de marchandises vers la Côte d’Ivoire contre 40,5 millions en 2015, 19,0 millions en 2014, 40,1 millions en 2013 et 14,0 millions en 2012. Ces exportations se composent principalement de minéraux et minerais (26,0 %), d’articles métalliques (18,2 %), de machines et équipements (17,3 %) et de papier et cellulose (15,8 %).
Au cours de la même période, la Côte d’Ivoire exporte pour 28,7 millions d’euros de marchandises vers le Portugal contre 26,8 millions en 2015, 27,7 millions en 2014, 18,5 millions en 2013 et 25,3 millions en 2012. Ces exportations se composent principalement de denrées alimentaires (46,4 %), de caoutchouc naturel (22,0 %), de textiles (13,7 %) et de produits agricoles (13,1 %).
La Côte d’Ivoire se classe parmi les clients du commerce extérieur portugais et parmi ses fournisseurs. Dans le commerce extérieur ivoirien, le Portugal se positionne en 2015 à la 40ᵉ place parmi les clients et à la 31ᵉ place parmi les fournisseurs.
Culture L’institut culturel portugais, l’Instituto Camões, est implanté à Abidjan, avec notamment un lectorat à l’Université Félix Houphouët-Boigny et au siège de la Banque africaine de développement. Ses activités sont également liées à l’introduction de l’enseignement du portugais en Côte d’Ivoire, mise en place en 2015.
Sport
Football L’équipe nationale de football de Côte d’Ivoire et celle du Portugal se sont affrontées une seule fois à ce jour, lors de la première journée de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. Elles terminent sur un match nul et vierge le au stade de Nelson Mandela Bay.
Les footballeurs ivoiriens évoluent rarement dans des clubs portugais. Parmi eux, l’international Marc-André Zoro a été sous contrat avec le Benfica Lisbonne de 2007 à 2011, puis avec un passage au Vitoria Setubal entre 2008 et 2009. D’autres exemples incluent les internationaux Jean Seri et Abdoulaye Traoré, ce dernier ayant joué pour le Sporting Braga au milieu des années 1980. Le jeune international Ousmane Diomandé commence sa carrière professionnelle au Portugal, d’abord au CD Mafra, puis au Sporting Portugal. Judikael Magique Goualy commence également sa carrière professionnelle au Portugal et y joue principalement depuis. Enfin, l’international Koffi Kouao évolue dans trois clubs portugais de 2017 à 2019, à savoir le FC Vizela, Moreirense FC et le FC Famalicão.
Basketball Le basketteur ivoirien Marc M’Bahia a également évolué au Portugal, remportant le championnat portugais avec Telecom Lisbonne en 2003.
Notes et références
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