Le siège d'Almería par les royaumes de León et Castille et leurs alliés est un affrontement armé qui oppose, de à , les Chrétiens aux Musulmans dans le cadre de la Reconquista. Le siège est couronné de succès et la garnison almoravide capitule. Les assiégeants étaient placées sous le commandement du roi ; les Castillans sont soutenus par des troupes de Navarre, commandées par leur roi, de Catalogne, sous le comte de Barcelone, et de Gênes, qui fournissait l'essentiel de la flotte.
La ville d'Almería, connue en arabe sous le nom d', connut son apogée sous les Almoravides durant la seconde moitié du et la première moitié du . Cette période de prospérité commerciale et culturelle fut brutalement interrompue par la conquête de 1147. De larges pans de la ville furent détruits et la plupart des notables émigrèrent en Afrique du Nord.
Sources Le récit du siège d'Almería nous est essentiellement connu par deux sources majeures en latin : le de Caffaro di Rustico, qui rend compte du point de vue génois, et la , anonyme, qui donne le point de vue castillan. On trouve également une épopée latine, la , conservée dans une version incomplète, et qui se résume principalement à une liste de noms de participants. De nombreuses informations importantes peuvent aussi être tirées des diplômes castillans délivrés par durant la progression de son armée et le siège.
Préparatifs Bernard Reilly estime que l'armée d' comptait environ . La et les diplômes d'Alphonse indiquent que l'armée comptait quinze Grands et neuf prélats (archevêques et évêques) ; il est probable que chacun de ces hommes était chargé de fournir un escadron de cavalerie lourde, qui comptait généralement 40 à , plus un écuyer et un palefrenier pour chacun. À cela s'ajoutaient l'infanterie et le personnel de soutien (conducteurs de bétail, charretiers, forgerons, cuisiniers), soit probablement supplémentaires.
Quant aux Génois, ils fournissent une flotte de et navires sous le commandement des consuls Oberto Torre, Filippo di Platealonga, Balduino, Ansario Doria, Ingo Piso et Ansaldo Piso. En échange de leur aide, a promis à la ville un tiers de toutes les conquêtes, le droit de commercer et l'exemption de taxes.
Le siège Au , une force avancée de quinze galères commandée par le consul Balduino arrive au large de Cabo de Gata dans l'espoir d'y retrouver Alphonse ; ne l’y trouvant pas, Balduino attend avec sa flotte à l'extérieur du port d'Almería pendant un mois avant que le comte de Barcelone n'arrive avec un navire et cinquante-trois chevaliers. Ansaldo Doria arrive au même moment avec seize galères.
Les forces génoises et catalanes décidèrent de lancer un premier assaut avant l'arrivée de l'armée principale. Raimond-Bérenger et ses hommes débarquent tandis que Balduino simule un assaut maritime sur la mosquée. Ansaldo remonta l'Andarax à bord d'une galère pour effectuer une reconnaissance et donner l'alerte en cas d'arrivée de renforts. Le reste de la flotte attend alors à l'embouchure du fleuve.
S'attendant à une attaque surprise depuis la terre, Almería envoie deux éclaireurs, mais ceux-ci ne parviennent pas à localiser les troupes du comte de Barcelone. Selon Caffaro, l'assaut initial de Balduino se heurte à une forte résistance de la part d'une force de . Les Génois perdent huit hommes au cours des combats. Après le premier affrontement, la flotte qui attendait à l'embouchure du fleuve rejoint Balduino sur les quais. Selon Caffaro, les défenseurs perdent dans la bataille qui suit et sont contraints de battre en retraite. Les navires sont alors échoués pour permettre le déchargement du matériel de siège : béliers, tours et catapultes.
Lorsque’Alphonse arrive avec une armée de et , les Génois ont déjà assemblé leurs machines de siège. Elles sont placées stratégiquement et, malgré les contre-attaques constantes des défenseurs, elles réussissent à détruire de remparts.
À l'automne, entame des négociations avec les défenseurs. Il envoie le roi de Navarre et le comte comme représentants. La ville propose de payer et de donner des otages en échange de l’abandon du siège par Alphonse et ses alliés génois — lesquels ne sont pas tenus informés des négociations.
L'attaque finale contre la ville est menée par le contingent génois, qui avait appris qu' était prêt à faire la paix. Le , sans cri de guerre, douze mille Génois attaquent la ville. Les Catalans refusent de se joindre à l'attaque, mais Alphonse finit par envoyer ses hommes au combat. Après trois heures, la ville fut prise, à l'exception de la citadelle. Selon Caffaro, trouvent la mort et et enfants sont capturés. Quatre jours plus tard (le ), la citadelle capitule ; la garnison paye de maravédis pour avoir la vie sauve.
Suites et conséquences Le savant et historien andalou figure parmi les victimes du siège.
Les Génois laissent derrière eux une garnison de .
Almería sera reprise par les Almohades en 1157.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Catégorie:Bataille navale impliquant la république de Gênes Catégorie:Bataille impliquant les Almoravides