Ahmed Ziwar Pacha (arabe : أحمد زيور), né le à Alexandrie et mort le , est un juriste et homme politique égyptien. Il occupe de nombreuses fonctions ministérielles au début du et est Premier ministre d’Égypte de à , sous le règne du roi Fouad Ier.

Biographie

Formation et carrière juridique Issu d’une famille d’origine circassienne appartenant aux élites turco-circassiennes qui dominent la vie politique égyptienne au , Ahmad Ziwar naît le à Alexandrie et reçoit une formation cosmopolite. Il étudie successivement au collège Lazariyya d’Alexandrie, au collège Saint-Joseph de Beyrouth, à l’École des langues du Caire, puis à l’université d’Aix-en-Provence, où il obtient un diplôme de droit en 1887.

Il commence sa carrière au parquet, avant d’être nommé magistrat en 1899. Il exerce ensuite comme procureur général auprès des tribunaux nationaux, puis comme juge à la Cour nationale d’appel. Il est également gouverneur d’Alexandrie.

Carrière politique L’entrée d’Ahmad Ziwar en politique date de 1917, lorsqu’il est nommé . Au cours de la décennie suivante, il occupe plusieurs portefeuilles ministériels : en 1919, à plusieurs reprises entre 1919 et 1921, puis en 1923, et ministre des Affaires étrangères en 1924. Il devient également président du Sénat égyptien lors de sa création, à la suite de l’adoption de la Constitution de 1923.

À la suite de l’assassinat du gouverneur général du Soudan, , par des nationalistes égyptiens en , le gouvernement britannique adresse un ultimatum à l’Égypte, entraînant la démission du cabinet wafdiste dirigé par Saad Zaghloul. Le roi Fouad Ier nomme alors Ahmad Ziwar Premier ministre ; celui-ci conserve également le portefeuille des Affaires étrangères.

Son mandat, d’une durée d’environ un an et demi, se déroule dans un climat politique tendu. Considéré comme un proche du souverain, Ziwar dirige des gouvernements de coalition rassemblant des partis opposés au Wafd ainsi que des indépendants. Lorsque le Parlement élit Saad Zaghloul à sa présidence, le gouvernement décide de le dissoudre et gouverne ensuite par décrets royaux. Plusieurs mesures controversées sont adoptées, notamment des restrictions à la liberté de la presse, une législation limitant l’activité des partis politiques et une réforme électorale relevant les conditions de ressources exigées des électeurs et des candidats.

Sur le plan international, le gouvernement Ziwar accepte les exigences britanniques concernant le versement d’une indemnité après l’assassinat de Lee Stack. Il suscite également une vive opposition nationaliste en consentant, sous pression italienne, à la cession de l’oasis de Jaghbub, située à la frontière entre l’Égypte et la Libye, à l’Italie.

Le gouvernement est contraint de démissionner en , après la formation d’une coalition entre le Wafd et les Constitutionnalistes libéraux et la victoire électorale d’une majorité parlementaire hostile à la prééminence royale.

Bien qu’il n’occupe plus de fonctions ministérielles après 1926, Ahmad Ziwar demeure une figure politique influente pendant plusieurs années. Il siège à la Chambre des députés jusqu’en 1930, puis est de nouveau nommé sénateur en 1931. Il exerce brièvement la fonction de grand chambellan royal entre et , avant de se retirer définitivement de la vie politique.

Notes et références

Liens externes

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