Zewde Gebre-Sellassie, né le et mort le , est un noble éthiopien, historien et ancien vice-Premier ministre d'Éthiopie sous le règne de Haïlé Sélassié Ier. Il se distingue par ses travaux universitaires consacrés à l’histoire de l’Éthiopie, en particulier au règne de l’empereur Yohannes IV.
Biographie Né en 1928 dans le village de Galdu, au nord-ouest d'Addis-Abeba où son père est muté, il appartient à une famille tigréenne engagée de longue date dans la vie politique impériale, Gabre-Sellassie Zewde est le fils du dejazmach Gabre-Sellassie Baria-Gebr, officier supérieur et administrateur régional, et de Wolete Israel Seyoum, arrière-petite-fille de l’empereur Yohannes IV. Sa sœur est Leult Ijigayehu Amha Selassie, son grand-père, Ras Seyum Mengesha, et son épouse, Woizero Alem Tsehai Araya.
À la mort de son père en 1930, sa famille est intégrée aux stratégies d’alliance mises en place par l’empereur Haïlé Sélassié afin de consolider la loyauté de la noblesse tigréenne. Le mariage de sa mère avec le prince héritier Meredazmach Asfa-Wossen fait de Zewde le petit-fils par alliance de l’empereur.
Élevé à la cour impériale d’Addis-Abeba, il reçoit une formation primaire auprès d'un précepteur. À la suite de l’occupation fasciste de 1936, il accompagne la famille impériale en exil à Jérusalem, puis poursuit ses études à Jérusalem et au Caire, où il apprend l’arabe et approfondit son attachement au christianisme éthiopien. Après le rétablissement de l’indépendance éthiopienne en 1941, il retourne dans son pays et est nommé, à l’âge de quatorze ans, gouverneur de la sous-province du Shire, dans le Tigré, recevant simultanément le titre de dejazmach.
En 1945, il quitte ses fonctions administratives afin de poursuivre ses études secondaires à Addis-Abeba et se consacrer à l’apprentissage du guèze. En 1948, il se rend au Royaume-Uni pour étudier la littérature anglaise à l’université d’Exeter, tout en se formant également en français et en italien. De retour en Éthiopie en 1953, il intègre le ministère des Affaires étrangères.
En 1957, Gabre-Sellassie Zewde est nommé maire d’Addis-Abeba, puis ministre de la Justice en 1960. Durant son mandat, ses positions libérales et son indépendance intellectuelle le mettent en désaccord avec l’autoritarisme croissant du régime impérial. En 1961, il s’oppose à l’organisation des procès consécutifs à la tentative de coup d’État de , avant de démissionner de ses fonctions et de quitter le pays pour le Royaume-Uni.
Il entame alors des études doctorales de droit au St. Anthony's College d'Oxford, où il devient membre émérite de 1963 à 1971. Sa thèse de doctorat, consacrée à l’empereur Yohannes IV, est publiée en 1975. L’ouvrage est largement reconnu comme une étude de référence. Il renouvelle l’analyse des dynamiques politiques internes et des relations de l’Éthiopie avec l’Égypte khédiviale, le Soudan mahdiste et l’Italie. L’ouvrage remet également en cause les interprétations dominantes du régime impérial, qui avaient minimisé le rôle historique des dirigeants tigréens.
Gabre-Sellassie Zewde rentre en Éthiopie en 1972. Dans un contexte de crise du régime impérial, il est perçu par certains milieux comme un possible acteur d’une transition réformatrice fondée sur un constitutionnalisme monarchique. En 1974, alors que le pouvoir impérial est déjà fortement ébranlé, il est nommé ministre des Affaires étrangères, vice-Premier ministre et membre d’une commission chargée de l’élaboration d’une nouvelle constitution. Lors du renversement de l’empereur par le Derg en , il se trouve en mission auprès des Nations unies et échappe aux purges qui frappent l’élite impériale. Il demeure ensuite en exil avec son épouse, Alem Tsehai Abreha. Pendant cette période, il travaille pour les Nations unies, collabore avec l’Église orthodoxe éthiopienne et poursuit ses activités intellectuelles et académiques à l’échelle internationale.
Après la chute du régime de Mengistu Haile Mariam en 1991, Gabre-Sellassie Zewde retourne en Éthiopie. Bien qu’il soit reconnu comme une figure intellectuelle majeure, il n’est intégré ni aux nouvelles structures politiques ni aux institutions étatiques. Il conserve néanmoins son titre de dejazmach et continue à intervenir comme historien et penseur public. Privé de ses biens confisqués sous le Derg et vivant dans des conditions matérielles précaires, il demeure une personnalité respectée, régulièrement sollicitée comme médiateur, notamment à la suite des élections contestées de 2005. Gabre-Sellassie Zewde meurt en .
Fonctions politiques Sous le gouvernement impérial, il a occupé les postes suivants :
Attaché économique, puis chef de la division de la presse, de l'information et de l'administration, ministère des Affaires étrangères, 1951-1953 Directeur général des affaires maritimes, 1953-1955 Vice-ministre, ministère des Travaux publics, des Transports et de l'Aviation civile, 1955-1957 Maire et gouverneur d'Addis-Abeba, 1957-1959 Ambassadeur en Somalie, 1959-1960 Ministre de la Justice, 1961-1963 Représentant permanent auprès des Nations Unies, 1972-1974 Ministre de l'Intérieur, mars – Ministre des Affaires étrangères, mai –
Publications
የኢትዮጵያ እና የኤርትራ ግጭት መንሥኤ እና መፍትሔ (The Conflict of Ethiopia and Eritrea: Causes and Solutions) (Addis Ababa University Press, 2015)
Notes et références
Liens externes
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