Shahin Hazamy, né le dans le 20ᵉ arrondissement de Paris est un journaliste indépendant français d'origine iranienne et algérienne. Il se fait connaître pour ses reportages consacrés aux quartiers populaires et pour ses contenus portant sur le Moyen-Orient, en particulier la situation en Palestine. Il est accusé par la journaliste Nora Bussigny d'être un "agent d'influence" de l'Iran.

Biographie Shahin Hazamy naît le dans le arrondissement de Paris, d’un père iranien et d’une mère algérienne. Il grandit à Cergy, dans le Val-d’Oise. Il se présente publiquement comme issu de la banlieue et fait régulièrement référence à cet environnement dans ses prises de parole et ses activités.

Après l’obtention de son baccalauréat professionnel, il interrompt ses études pour travailler et lancer plusieurs projets entrepreneuriaux, notamment une société de transport et la marque de prêt-à-porter Banlieue Ghetto Cité, inspirée par sa passion pour la photographie.

À partir de la fin des années 2010, il s’implique également dans des actions de solidarité en région parisienne, notamment à travers l’organisation de maraudes à destination de personnes sans domicile.

Carrière d'influenceur Shahin Hazamy, qui se fait connaître comme influenceur sur les réseaux sociaux, est surnommé « ghetto reporter », couvrant quotidiennement la vie des quartiers populaires et dénonçant les violences policières. Il s’appuie sur son expérience personnelle et ses réseaux locaux pour documenter des événements et témoignages avec un regard de proximité, souvent depuis l’intérieur des situations. Ses reportages incluent la participation à des manifestations, la couverture d’agressions et la mise en lumière d’injustices subies par les habitants des quartiers.

Affaire Débora de Garges-lès-Gonesse (2020) En , Shahin Hazamy diffuse sur Instagram une interview d’une femme enceinte interpellée par la police à Garges-lès-Gonesse lors d’un contrôle lié au port du masque. La jeune femme affirme avoir été violemment bousculée lors de l’interpellation, avant d’être placée en garde à vue.

Selon son témoignage, relayé par Shahin Hazamy, elle est hospitalisée dans les jours suivants et perd son enfant deux semaines plus tard. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, suscite des réactions et des débats autour des violences policières et de leurs conséquences.

Publication des propos homophobes d'un policier lors d’un contrôle de police à Paris (2021) En , une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre un policier tenant à plusieurs reprises des propos homophobes lors d’un contrôle dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. La vidéo est publiée sur Instagram par Shahin Hazamy, qui indique l’avoir reçue d’un témoin ayant filmé la scène.

À la suite de cette diffusion, le parquet de Paris ouvre une enquête pénale pour injure publique à caractère homophobe, confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Une enquête administrative est également diligentée, et plusieurs associations annoncent le dépôt de plaintes.

Interpellation à Cergy (avril 2021)

En , Shahin Hazamy est interpellé par une patrouille de police à Cergy alors qu’il se rend chez des membres de sa famille. La scène est partiellement filmée par des voisins et diffusée sur son compte Instagram, où elle est partagée par plusieurs centaines d’internautes. À la suite de ce contrôle, il est placé en garde à vue pour des faits initialement qualifiés de menace, incitation à la rébellion et actes d’intimidation, dont certaines charges sont ultérieurement abandonnées.

Carrière d'entrepreneur

Shahin Prestige Driver (2017-2024) Parallèlement à ses engagements sociaux, Shahin Hazamy est gérant d’une société de transport de personnes, créée en 2017, spécialisée dans l’activité de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC).

Selon les registres administratifs, l’entreprise est placée en liquidation judiciaire par jugement du tribunal de commerce de Pontoise le . La procédure est ensuite clôturée pour insuffisance d’actif le , date à laquelle la société est radiée du registre du commerce et des sociétés.

Banlieue Ghetto Cité Il est également le fondateur de la marque de prêt-à-porter Banlieue Ghetto Cité, qui exploite sa passion pour la photographie afin de créer des vêtements mettant en valeur les habitants des quartiers populaires.

Activités philanthropiques À partir de , Shahin Hazamy organise, avec des jeunes de son quartier, des maraudes destinées à venir en aide aux personnes sans domicile en région parisienne, notamment à Paris. Ces actions reposent sur une organisation collective incluant la collecte de fonds, l’achat de denrées, la préparation de repas et leur distribution lors de sorties nocturnes.

Selon plusieurs reportages, ces maraudes visent à la fois à répondre à des besoins matériels (nourriture, vêtements, couvertures) et à créer du lien social avec les personnes rencontrées. Shahin Hazamy indique également vouloir, à travers ces initiatives, « donner une image positive » des jeunes issus des quartiers populaires.

En , il relaie sur les réseaux sociaux une cagnotte en ligne destinée à venir en aide à un sans-abri fixe de 53 ans atteint d’un cancer, rencontré lors de maraudes à proximité du canal Saint-Martin. En moins d’une semaine, plus de 7 000 euros sont collectés, permettant notamment de financer un hébergement temporaire et une prise en charge médicale, sous la gestion d’une association d’aide aux personnes sans-abri. Dans le cadre de ses actions sociales, il met également en avant la formation et l’entrepreneuriat pour les jeunes, en finançant la création de vêtements par des participants aux maraudes et en les initiant à la photographie et au journalisme citoyen.

Engagements et prises de positions

Soutien à l'Iran Shahin Hazamy est dénoncé par la journaliste Nora Bussigny (Le Point) comme un « agent d'influence » lié à l'Iran, pays dont il est originaire. Sur ses réseaux sociaux, il apporte un soutien concret à ce dernier, « mais aussi à d'autres organisations terroristes comme le Hamas ou le Hezbollah ». La journaliste affirme qu'il « n’en finit pas d’indigner la diaspora iranienne sur les réseaux sociaux » ». En , Shahin Hazamy diffuse depuis Téhéran et Qom, ville sainte du chiisme iranien, plusieurs photographies et vidéos de son séjour en Iran, dont certaines montrant des missiles balistiques iraniens. Il accompagne ces images d’un commentaire indiquant que, lors de la « deuxième riposte iranienne », certains missiles auraient été utilisés contre des bases aériennes israéliennes, notamment celle de Nevatim, tandis que d’autres auraient servi à neutraliser des systèmes de défense antiaérienne. Il a également été présent à des événements au ministère des Affaires étrangères de l'Iran à Téhéran, ainsi qu’à des rassemblements impliquant des miliciens du Bassij. Il a organisé à Villeneuve‑Saint-Georges un événement intitulé Gala Al-Qods, en référence au Jour d’Al-Qods, une journée internationale instaurée par l’Ayatollah Khomeini et consacrée à la cause palestinienne.

En , après l’arrestation de l’étudiante iranienne Ahou Daryaei à l’université de Téhéran, Hazamy reprend pour son public francophone la version défendue par les autorités iraniennes, décrivant son geste [la jeune femme déambulait en sous-vêtements en public] comme et critique la réaction des médias internationaux comme .

Il participe également à des manifestations à Paris décrites par Europe 1 comme favorables au régime iranien, lors desquelles il tient des propos présentés comme un soutien aux autorités iraniennes.

Soutien à la Palestine Shahin Hazamy couvre des événements internationaux liés au Moyen-Orient, en particulier la guerre de Gaza et au Liban, ainsi qu'en France, des manifestations, des rassemblements ou cérémonies de soutien aux Palestiniens.

Il participe à des webinaires et conférences en ligne aux côtés de responsables politiques français, notamment de La France insoumise, ainsi qu’à des actions militantes ou symboliques, dont certaines ont été médiatisées, comme le jet de faux sang sur la façade de Sciences Po Paris pour dénoncer les massacres de Palestiniens. Parmi ces prises de parole figure un séminaire consacré à Gaza auquel il intervient aux côtés du député LFI Carlos Martens Bilongo.

Selon Nora Bussigny dans son ouvrage Les nouveaux antisémites, Shahin Hazamy présente le soutien au Hamas à une partie de la jeunesse des quartiers populaires comme un prolongement de leurs propres luttes. En traçant un parallèle entre la situation à Gaza et les difficultés vécues dans les banlieues françaises (discriminations, sentiment d'exclusion), ces militants créeraient une identité de victimisation commune.

Autres prises de position Le , à la veille des funérailles de Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah de 1992 à 2024, il écrit sur Telegram : « Cette journée s'annonce historique pour le Liban et toute la région, avec l'hommage rendu à l'un des leaders les plus influents de la résistance dans le monde arabe et islamique. Merci de laisser un message pour Seyyed en commentaire du post Instagram ». Le , il se rend à Beyrouth et assiste aux funérailles de Nasrallah, qu’il relaie ensuite sur ses comptes en ligne. Le , il publie une photographie prise près de la frontière entre Israël et le Liban accompagnée du message : « Nous danserons sous le ciel libéré (…) ce jour viendra ».

Le , il apparaît au ministère iranien des Affaires étrangères aux côtés de Kémi Séba, militant franco-béninois et figure du panafricanisme, connu pour ses prises de position critiques envers les institutions occidentales et la politique française en Afrique.

En 2025, Shahin Hazamy relaye sur ses réseaux sociaux la situation de Mahdieh Esfandiari après son arrestation en France pour « apologie du terrorisme ». Il affirme que la traductrice iranienne avait été interpellée après avoir publié des messages dénonçant le génocide à Gaza, suggérant que sa détention révélait une tendance à criminaliser la solidarité avec les Palestiniens dans les pays occidentaux. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères ayant décrit Mahdieh Esfandiari comme une militante respectée, Le Point commente : « Dans la bouche d'un responsable iranien, cette explication indique habituellement que la victime est une partisane de la République islamique ». Hazamy décrit l’affaire comme un « tournant inquiétant » et une intensification des mesures répressives contre celles et ceux qui s’élèvent contre les violences en cours à Gaza et dénoncent ce qu’il considère comme des crimes contre le peuple palestinien.

Procédure pénale pour apologie du terrorisme