L’Œil du tigre est un bijou de haute joaillerie en diamant et platine, réalisé par la maison Cartier pour le maharajah Digvijaysinhji de Nawanagar. Conçu dans le style Art déco, il s’agit d’un ornement de turban (aigrette ou broche), appelé Jigha, centré sur un diamant de grande taille de couleur cognac. L’œuvre fait partie, depuis le début du , de la collection Al Thani..
Historique Le diamant principal, d’un poids initial estimé entre , est un diamant de couleur cognac (brun doré). Il est découvert en 1917 en Afrique du Sud..
En 1929, le diamant est acheté par Ranjitsinhji, l'oncle du maharajah Digvijaysinhji.
En 1937, à l’occasion du voyage du maharajah Digvijaysinhji à Londres pour le couronnement du roi George VI, la pierre est confiée à la maison Cartier afin d’être transformée en un bijou d’apparat. Cartier réalise alors une broche ornement de turban d’environ , en platine, pavée de diamants taille baguette, dans un style épuré caractéristique de l’Art déco.
Description L’Œil du tigre se compose d’un diamant central brun doré, serti sur une monture en platine, entourée de diamants taille baguette disposés de manière géométrique et surmontée d'une plume. L’ensemble illustre l’esthétique Art déco par ses lignes sobres, sa symétrie et l’utilisation du platine, métal alors privilégié par les grandes maisons de joaillerie européennes.
Le bijou est parfois décrit comme une aigrette de turban, forme traditionnelle des ornements princiers indiens, adaptée ici à un langage décoratif occidental.
La plume et le diamant sont démontables et peuvent être utilisés séparément en tant que brochesCartouche de l'exposition..
Contexte artistique et culturel
À la fin du , de nombreux princes indiens adoptent les codes de la mode occidentale et commandent des bijoux à de grandes maisons européennes telles que Cartier ou Mellerio. Certains demandent également que leurs pierres anciennes soient remontées selon des critères modernes, notamment en remplaçant l’or par le platine. Ce phénomène s’inscrit dans le succès du style Art déco, qui séduit une nouvelle clientèle internationale, dont les maharajahs. Dans ce contexte, Cartier réalise plusieurs commandes prestigieuses, dont le célèbre collier de Patiala (1928). Dans la continuité de ces créations, deux pièces majeures sont commandées par le maharajah Digvijaysinhji en 1937 : un collier de rubis birmans, ultérieurement modifié et porté par Gloria Guinness lors du Black and White Ball organisé par Truman Capote en 1966, ainsi que L’Œil du tigre.
Notes et références
Liens externes
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