Ni putes ni soumises ou Le mouvement ni putes ni soumises (NPNS) est une association française fondée le par Fadela Amara, conseillère municipale socialiste engagée à SOS Racisme. L'association vise à promouvoir les droits des femmes, en particulier celles vivant dans les quartiers populaires. Elle a subi de nombreuses critiques, en particulier son rôle dans l'instrumentalisation du féminisme par l’État.
Le député PS Julien Dray est son parrain.
L'organisation s'engage contre les violences faites aux femmes, le sexisme, le machisme, et l'inégalité des genres. Elle milite pour une société où les femmes ne sont ni réduites à l'état de soumission ou au rang d'objet.
Médiatisée dans les années 2000, Ni putes ni soumises est devenue inactive dans les années 2020.
Histoire et chronologie de l'association Du au naît la « Marche des femmes des quartiers pour l'égalité et contre les ghettos » (marche mixte). Les six « marcheuses » permanentes sont au départ Safia Lebdi, Loubna Méliane, Olivier Bassuet, Christelle Raspolini, Ingrid Renaudin, et Farid Belmouloud.. Les marcheuses multiplieront les réunions, rencontres et discussions sur les oppressions, le sexisme, les violences morales et physiques.
Dans son action, le collectif Ni putes ni soumises met notamment deux cas en évidence. Le premier cas est celui de Samira Bellil, marraine du mouvement, qui, dans son livre Dans l'enfer des tournantes, raconte sa vie en tant que fille soumise à la loi des cités, violée collectivement à plusieurs reprises, la première fois à l'âge de 13 ans. Effrayée à l'idée de dénoncer ses tortionnaires, elle a dû accepter d'être considérée comme un objet sexuel, aliénée et évitée par sa famille et certains de ses amis.. Le deuxième cas est celui d'une jeune fille de 17 ans, Sohane Benziane, brûlée vive à Vitry-sur-Seine par Jamal Derrar, un rival de son ex-petit ami âgé de 19 ans« Sohane brûlée vive, sa sœur témoigne » sur lepoint.fr.« La défense du meurtrier présumé de Sohane Benziane mise à mal » sur lemonde.fr...
Ces deux cas extrêmes et spectaculaires servent de symboles aux membres de Ni putes ni soumises lors de leur marche à travers la France à partir du , qui les porte dans 23 villes pour aboutir à une manifestation à Paris le rassemblant personnes..
Le , après les succès de l'appel et de la marche, le mouvement Ni putes ni soumises se constitue en association loi de 1901, afin d'entreprendre des actions concrètes. C'est un mouvement mixte, populaire et féministe.. Fadela Amara, conseillère municipale socialiste à Clermont-Ferrand engagée à SOS Racisme, devient présidente de Ni putes ni soumise. Le député PS Julien Dray, fondateur de SOS Racisme, est de l'association "Ni Putes Ni Soumises". Le Figaro présente l'association comme la .
En 2005 débute la coopération avec une association qui, elle aussi, mène une action au Maroc : le Comité de soutien scolaire aux jeunes filles en milieu rural.
En 2006, la Maison de la mixité est inaugurée en présence du président de la République Jacques Chirac, de sa fille Claude, du maire de Paris Bertrand Delanoë, de Simone Veil et de François Hollande... Ce pôle d'activité et d'accueil se situe dans le de Paris.
Le , Fadela Amara est nommée secrétaire d'État chargée de la politique de la ville dans le gouvernement de François Fillon, et démissionne de son poste de présidente de NPNS.. L’association étant politiquement neutre, cette nomination n'est pas acceptée par tous ses membres.
En , le conseil national élit Sihem Habchi, auparavant vice-présidente, au poste de présidente du mouvement, et Bouchera Azzouz secrétaire générale en . Le congrès de confirme par la suite Sihem Habchi en tant que présidente. Celle-ci démissionne en , à la suite d'un mouvement de grève remettant en question sa gestion de l’association.. Asma Guénifi, auparavant secrétaire générale du mouvement, est élue présidente par l’ensemble des membres de l’association au congrès de ..
En , Linda Fali est élue présidente de l'association lors du congrès national.. Elle reprend l'association et débute un travail de réorganisation compte tenu des baisses drastiques de subventions ayant entraîné la non-reconduction des contrats salariés.
En , 150 réfugiés investissent les locaux dans l'espoir d'obtenir des hébergements d'urgence de la part de la mairie de Paris. L'équipe en place a géré cette situation d'urgence en respectant ses principes mais en étant impuissante, se promettant de travailler sur le sujet de la migration massive. Les réfugiés quittent les locaux au bout de 48 h, et trouvent refuge dans un collège désaffecté du arrondissement..
En , le mandat de la présidente arrivant à son terme, Linda Fali démissionne. En octobre, une nouvelle équipe arrive, avec Stéphanie Rameau en tant que présidente, consciente des difficultés du mouvement. Quinze jours après l'élection, l'association est expulsée de ses locaux historiques. Elle trouve refuge chez SOS Racisme. puis à la région Île-de-France.
Depuis le , les nouveaux locaux sont situés au 80 rue de Paris à Montreuil. La plateforme d'accueil des victimes et les interventions scolaires continue son activité.
Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen à Emmanuel Macron, Ni putes ni soumises appelle à voter contre la candidate du Front national.. Même si l'association est non partisane., elle sort de sa réserve à cette occasion pour faire barrage aux idées qu'elle considère comme étant d'extrême droite, contraires à ses valeurs.
En 2019, l'association, après avoir été expulsée de ses locaux de Montreuil dont elle ne payait plus le loyer, suit une centaine de femmes par mois et regrette le manque de soutien du gouvernementSelon la ministre Marlène Schiappa : huffingtonpost.fr..
Présidence La présidente Stéphanie Rameau est engagée dans le mouvement depuis 2005, rattachée au comité du Nord (Maison des associations de Tourcoing). Ancienne vice-présidente, elle est élue présidente lors de l'assemblée générale du , succédant à Linda Fali.
En 2010, l'équipe Ni putes ni soumises Tourcoing et environs (dont faisait partie Stéphanie Rameau) gagne le prix des Plus du bénévolat de la Maison des associations de Tourcoing..
Elle est entourée d'un bureau et d'un conseil d'administration dont la devise est .
Objectifs Le mouvement Ni putes ni soumises a pour mission principale de lutter contre toutes formes de violences faites aux femmes. Qu'il s'agisse de violences physiques, morales, sexuelles ou physiologiques, commises dans le couple, la famille, ..
Les maîtres mots de l'association sont : « laïcité », « mixité » et « égalité ».. Ainsi, l'association lutte essentiellement contre les atteintes aux droits des femmes qui sont des libertés fondamentales : liberté de disposer de son corps, liberté de mouvement, de penser, d’étudier. Et contre des phénomènes de groupe : les intégrismes, le communautarisme, l'obscurantisme et le relativisme culturel dès lors que le droit à la différence se matérialise par des différences d'accès aux droits.
Actions Plateforme d'accueil À la naissance du mouvement est créée la plateforme d'accueil des femmes victimes de violences. Cette structure, composée d'une juriste, d'un assistant social et d'un psychologue a pour but de recevoir les appels des femmes en difficulté, de les accueillir en urgence, de les conseiller, les aider et les orienter. Plusieurs centaines de femmes sont accompagnées chaque année.
Cette structure est composée de professionnels bénévoles tels que des avocats, des éducatrices spécialisées, des assistantes sociales, des psychologues, mais aussi des militants formés à l'accompagnement des victimes. Elle reçoit les victimes physiquement, téléphoniquement et numériquement, tous les jours. Depuis , un accueil de jour est mis en place pour les femmes et leurs enfants en précarité.
En 2017, un projet de maraude vers les femmes en grande précarité va voir le jour, en partenariat avec le SAMU social de Paris.
Les interventions Au quotidien, des militants se déplacent. dans les établissements scolaires, les centres pénitentiaires, les festivals de la France entière afin de sensibiliser les plus jeunes à la mixité, à l’égalité, au respect ou encore à la laïcité, grâce à son pôle Maison de la Mixité. Afin d’approfondir ces interventions, la Maison de la mixité met en place un parcours citoyen qui, dès la maternelle, propose un éveil aux valeurs de la République sous forme de petites histoires, jusqu'à proposer aux 16-25 ans un accompagnement dans la création de junior association ou d'actions ponctuelles. Elle crée régulièrement de nouveaux outils pour s'adapter aux nouvelles thématiques, comme le cyberharcèlement, le harcèlement de rue, et les dangers des nouvelles formes de communication.
En 2017, l'association crée un pôle spécifique pour répondre aux nombreuses sollicitations des étudiants français et étrangers effectuant des travaux scolaires (TPE, mémoires, thèses).
Journée du respect Dans le cadre de son action « Éducation au respect », le comité du Nord du mouvement a lancé en la Journée du Respect. Il s’agit d’un concours artistique destiné aux jeunes de 3 à 25 ans. Les participants sont amenés à s’exprimer sur le respect en privilégiant la question de la mixité et du vivre ensemble. Pour s’exprimer ils peuvent avoir recours à plusieurs formes d’art : écriture (poème, slam, chanson, texte…) ; vidéo (fiction, documentaire, micro-trottoir…) ; graphisme (dessin, peinture, photographie…) ; scène (théâtre, sketch, musique, danse…).
En 2012, l'idée est reprise au niveau national.
Le projet « VIES »: Valorisation, Insertion, Estime de Soi Le projet vise. à donner aux femmes la possibilité de retrouver de la confiance en elles-mêmes pour effectuer toutes les démarches essentielles à la réalisation de leurs projets de vie, tout en bénéficiant d’un véritable suivi. NPNS propose à chacune des femmes un accompagnement et un soutien médical, administratif, professionnel, et de nombreux loisirs, vers les structures appropriées avec lesquelles l'association a fait de nombreux partenariats..
Les Rendez-vous de Ni putes ni soumises Chaque 20 du mois, l'association organise un apéro-débat sur des thèmes faisant écho à l'actualité du moment. L'inscription est obligatoire et gratuite.
Le mardi de chaque mois, à 20h, les militants et les sympathisants peuvent participer à une table ronde sur l'actualité du mois passé. Chacun est libre de s'exprimer et le débat est bienvenu. L'inscription est obligatoire et gratuite.
Journée internationale de lutte pour les droits des femmes Chaque année, à l'occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le , à cette date, l'association organise des événements autour du thème de la condition des femmes : expositions, tables rondes, rencontres d’associations partenaires françaises ou étrangères.
Campagne Ruban blanc Cette campagne internationale est essentielle aux valeurs de l'association. Elle a lieu du au de chaque année avec le slogan . Elle organise des distributions de rubans blancs et des flyers sensibilisant à la prévention et aux numéros d'urgence, et les envoie également à un grand nombre d'entreprises. Elle propose à ces dernières un module de sensibilisation intitulé « Quand les violences conjugales s'invitent dans l'entreprise » sous forme d'intervention durant 2 heures..
En 2012, NPNS a réalisé un happening choc qui avait pour but de rappeler qu’en 2011, 122 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon.