Léonor Jean Soulas, dit l'abbé d'Allainval, né le à Chartres et mort à Paris le , est un dramaturge français.
Biographie
Léonor Jean Christin Soulas quitte Chartres pour Paris vers 1720 et adopte le pseudonyme sous lequel il sera connu dans le monde littéraire : l’« abbé d'Allainval » que ce titre ecclésiastique lui ait été contesté par des critiques, bien après sa mort, il est pourtant attesté dans plusieurs actes de l'époque où Soulas est mentionné comme « clerc tonsuré du diocèse de ChartresRegistres paroissiaux de Chartres 1715 - 1716 - 1720 et acte notarié à Paris 1751. Quant au nom de D'Allainval, on le trouve dans un lieu-dit d'Auneau, face au châteauCadastre d'Auneau ».
Un rapport rédigé par l'officier de police Marais, chargé de la surveillance des ecclésiastiques a décrit le physique de D'Allainval :
Il commence sa carrière en participant aux ouvrages du poète Autreau puis se consacre à la poésie, sans véritable succès. Mais c'est avec l’Embarras des richesses, jouée en 1725 que commence véritablement sa carrière d'auteur. A cette comédie en trois actes, viendront s'ajouter une autre comédie du même volume, l’École des bourgeois, ainsi que cinq autres pièces en un acte : Le Tour de carnaval, La Fausse comtesse, Les Réjouissances publiques ou le gratis, Le Mari curieux, L'Hiver, et un petit opéra-comique : La Fée Marotte, qui ponctuera sa production pour le théâtre en 1734.
Le succès de ces pièces est assez relatif et ne suffit pas, ni à établir sa notoriété, ni à l'assurer de moyens de subsistance suffisants. Sa vie bascule dans la tourmente. En 1738 il est arrêtéArchives de la Bastille, documents inédits recueillis et publiés par François Ravaison - Les Lettres de cachet à Paris de Funck-Brentano, Bibliothèque de l'Arsenal 10384 folio 30 et 12581 et enfermé à La Bastille pour avoir publié des libelles et pièces satiriques. Il sera libéré quatre mois plus tard. Bien que pouvant compter sur l'appui d'amis sûrs (comme L'Affichard et Pannard), on lui prête la réputation . À l'indigence, il faut ajouter la débauche si l'on en croit le rapport de l'officier de police Marais :
Lui qui portait l'image d'une assez grande misère, est mort en quittant la table d'un financier chez qui il dînait. C'était le mercredi et la veille avait été la dernière fête de Pâques. Frappé d'apoplexie il fut conduit à l'Hôtel-Dieu où il rendit le dernier soupirCharles Brainne, Les Hommes illustres de l'Orléanais, t. 1, 1852..
Critiques Un des biographes de l'abbé d'Allainval résume la vie de celui-ci :
Les critiques n'ont retenu du théâtre de D'Allainval que L'École des bourgeois pour sa peinture des mœurs d'une époque où les marquis s'encanaillent au détriment de bourgeois impatients de les rejoindre, et L'Embarras des richesses pour le contraste qu'elle offre entre la condition d'indigent prêtée à d'Allainval et le thème de la richesse repris dans la pièce.
Martial Poirson voit néanmoins dans ces deux pièces
Charles MonseletLes Premières Représentations célèbres - Degorce-Cadot - Paris ca 1875 - p. 293-294 reconnaît dans l'École des bourgeois la lignée de Molière :
Louis Petit de JullevilleHistoire de la langue et de la littérature française des origines à 1900 - Vol. VI - Armand Colin - Paris 1925 - p. 578 conforte ce jugement :
Geoffroy va encore plus loin :
L'Embarras des richesses n'a fourni que le prétexte de railler d'Allainval :
Il est dommage que les critiques n'aient pas considéré avec plus d'attention l'ensemble des pièces de D'Allainval, car L'Embarras des richesses, Le Tour de carnaval, L'École des bourgeois et Le Mari curieux, forment une quadrilogie assez cohérente sur la société du . Et comment ne pas s'étonner de l'indifférence manifestée à propos de L'Hiver, cette comédie allégorique tellement originale. C'est donc bien l'auteur de la lignée moliéresque que retient l'histoire, et c'est dans cette veine-là, celle de la comédie satirique, que s'inscrivait d'Allainval. Ce fut sa perte, car un théâtre nouveau naissait, , illustré par Nivelle de La Chaussée.
Œuvres Théâtre . . . . Les Réjouissances publiques, ou le Gratis, comédie en un acte de prose, Comédie-Française, . . .
Autres écrits . Le Temple du goût, comédie en un acte, La Haye 1733. Anecdotes du règne de Pierre premier, dit le Grand, czar de Moscovie, contenant l'histoire d'Eudochia Federowna, & la disgrace du prince de Mencikow, , 1744. Anecdotes du règne de Pierre premier, dit le Grand, czar de Moscovie, contenant son ordonnance du 10-, pour la réformation de son clergé, , 1745. Almanach astronomique, géographique et qui plus est, véritable, 1745. Lettres du Cardinal Mazarin, Amsterdam 1731, réédition 1745. La Nonette, dédiée à son Altesse Sérénissime M. le Prince de Condé, arrivant pour la première fois à Chantilly, texte en vers, 1748. Sous le pseudonyme de George Wink .
Ouvrages dont l'attribution est contestée
. Éloge de la méchante femme, 1732. Le Jugement de Pâris, ou le Triomphe de la beauté, comédie en un acte, représentée sur le Théâtre de Toulouse, . Connaissance de la mythologie, 1739, 1743, 1748.
Famille La famille Soulas est établie à Auneau, au nord de Chartres, depuis le XVIe siècleOn se reportera à l'ouvrage de Jean-Claude Montanier : D'Allainval (L'Abbé) - Auteur dramatique - 2021. Elle a ses armoiries d'office, de sinople à un chat d'argentRegistre d'Orléans de l'Armorial d'Hozier. C'est une famille de bonne bourgeoisie de judicature solidement implantée dans la baronnie d'Auneau. Léonor Jean est issu du mariage de (fille d'un maître vitrier de Chartres). Son parrain est . Il ajoutera plus tard le prénom de Christin à ceux de Léonor Jean, en hommage à son parrain.
Notes et références Notes
Références
Bibliographie . Œuvres de l'abbé d'Allainval, Petite bibliothèque des théâtres, Paris, 1785.
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