Le Planning familial d'Ille-et-Vilaine est une association loi de 1901 créée en 1965 dont le siège est à Rennes, antenne du Mouvement français pour le planning familial. Un autre site de l'association se trouve à Saint-Malo.

Histoire Création et premières années de l'association Le Mouvement français pour le planning familial d'Ille-et-Vilaine a été fondé en 1965, à Rennes, dans un contexte dans lequel l'Ille-et-Vilaine bascule . L'initiative de la création revient à André Cahn, qui dépose les statuts à la préfecture le . Il a été le premier président de l'association et a occupé ce poste 10 ans. Contrairement à d'autres créateurs d'associations départementales du Planning familial André Cahn n'est pas médecin mais il s'appuie sur ses réseaux militants (SFIO, FO, franc-maçonnerie) pour fonder l'association. Celle-ci et la permanence sont installées 20 boulevard Magenta dans un petit bureau des locaux du syndicat Force ouvrière.

L'association se donne les objectifs suivants : tenir une permanence d'accueil, d'écoute et de conseil en matière de contraception pour les couples et pour les femmes. À ses débuts elle compte . Elle est financée par la Caisse d'allocations familiales d'Ille-et-Vilaine à partir de 1968. Ses membres dirigeants s'appuient sur des ressources humaines de l'École nationale de la santé publique devenue l'École des hautes études en santé publique, implantée à Rennes depuis 1962, pour développer la formation des hôtesses d'accueil à partir de 1967. Parmi ces hôtesses d'accueil on trouve Soizic Cahn (nom de naissance Françoise Planeix), Monique Poupaud-Jourden, Maryvonne Gallier, Annie Debroise et Dominique Garnier.

À la fin de le Planning familial d'Ille-et-Vilaine déménage en même temps que le syndicat Force ouvrière au 16 rue Thiers, dans les mêmes locaux que la Fédération Léo Lagrange. Des permanences d'accueil sont tenues quotidiennement au local. D'autres permanences s'ouvrent dans d'autres lieux : 73, avenue Aristide Briand (), 13 rue de Lorraine dans le quartier de Villejean ().

Années 1970

Maintien de l'implication dans la contraception et l'éducation à la sexualité En 1971 l'ensemble du Mouvement français pour le Planning familial obtient l'agrément Éducation populaire.

Le Planning familial d'Ille-et-Vilaine fait sa première intervention d'éducation à la sexualité dans un établissement scolaire en 1970. D'autres séances d'information se tiennent dans les foyers de jeunes travailleurs, à la faculté de médecine, à l'ENSP, au centre pénitentiaire pour femmes de Rennes, au supermarché Mammouth (par l'intermédiaire de la section interne de la CFDT) et dans des réunions de voisinage.

L'information sur l'accès à la contraception est toujours une des activités principales du Planning familial d'Ille-et-Vilaine, qui ouvre une permanence dédiée à l'Hôtel-Dieu en 1971. Le gynécologue Michel Bohec, qui a rejoint l'association en 1970 et en devient rapidement vice-président, y intervient toujours en binôme avec une conseillère.

Le Planning familial d'Ille-et-Vilaine et la mobilisation pour le droit à l'avortement Alors que le Mouvement français pour le Planning familial a décidé de rejoindre la cause de l'avortement lors de son congrès de , officiellement le Planning familial d'Ille-et-Vilaine ne s'engage pas dans la mobilisation pour le droit à l'avortement et se positionne à la fois contre la répression de l'avortement et contre l'utilisation de la méthode d'avortement pas aspiration, dite méthode Karman. Ce choix s'explique d'une part par la stratégie légaliste et de reconnaissance par les pouvoirs publics qu'ont mené ses premiers dirigeants, et d'autre part par souhait que les médecins gardent un rôle dans la réalisation des avortements, ceci du fait de l'implication du gynécoloque Michel Bohec dans le bureau de l'association. Cependant à partir de 1973 certains de ses membres apportent leur aide à des jeunes femmes en les informant sur les possibilités d'avorter en Angleterre. Monique Poupaud-Jourden et Dominique Garnier ont participé à ces actions. Celle-ci explique : . Par ailleurs certaines de ses militantes ont toutefois admis avoir pratiqué des avortements clandestinement, en dehors des activités officielles du Planning familial. Une des seuls exceptions à ce soutien clandestin à la cause de l'avortement et à la cause des femmes est la participation du Planning familial d'Ille-et-Vilaine à la manifestation à Rennes en soutien d'Annie Ferrey-Martin, arrêtée à Grenoble pour avoir pratiqué des avortements.

L'engagement de l'association pour l'application de la loi sur l'Interruption volontaire de grossesse Pour l'année 1975 le Planning familial d'Ille-et-Vilaine se donne pour objectif prioritaire de faire appliquer les lois et les circulaires existantes, dont la loi sur l'interruption volontaire de grossesse dite loi Veil, promulguée le . Dans un reportage diffusé sur régions le , Monique Poupaud-Jourden note que . En effet, les médecins du service gynécologie-obstétrique du Centre hospitalier régional de Rennes (site de l'Hôtel-Dieu) s'appuient sur la clause de conscience pour refuser de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse. Présidé par le maire de Rennes Henri Fréville qui en tant que sénateur a voté pour la loi, le Conseil d'administration de l'hôpital, dont André Cahn fait partie, est quant à lui favorable à l'application de la loi. En attendant l'ouverture d'un service, les femmes d'Ille-et-Vilaine continuent d'avorter par elles-mêmes ou par d'autres, ou doivent continuer à aller en Angleterre, aidée en cela par le Planning familial, qui à ce moment-là le fait officiellement. Grâce à des médecins d'autres spécialités qui viennent faire des vacations à l'hôpital le service d'IVG finit par ouvrir le à l'Hôtel-Dieu.

Développement territorial Cette même année 1975, deux groupes locaux se créent : un à Redon, dont les membres tiennent des permanences au centre social Guy Pabois, et un à Saint-Malo qui s'implante d'abord dans le quartier de la Découverte puis déménage près de la gare, au 10 rue Ernest Renan.

Le tournant de 1976 Deux événements majeurs se produisent en 1976 pour le Planning familial d'Ille-et-Vilaine. Tout d'abord, grâce au soutien de Simone Iff, les conseillères, qui sont toutes des femmes, contestent l'autorité, la place et le rôle d'André Cahn, le président fondateur. Celui-ci quitte le bureau de l'association et Maryvonne Gallier est élue présidente. Ensuite, cette équipe féminine obtient pour le site de Rennes l'agrément de Centre de planification et d'éducation familiale (aujourd'hui Centre de santé sexuelle), ce qui lui permet d'ouvrir des consultations médicales, en plus des moments d'écoute et des temps d'information sur la sexualité. L'association installe ce centre dans un nouveau local, au 9 place de Bretagne.

Années 1980 Le Planning familial d'Ille-et-Vilaine applique localement la décision prise par le niveau national du mouvement de soutenir la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981.

Années 2010 Le Planning familial d'Ille-et-Vilaine organise un colloque régional sur la contraception le à Vannes.

L'association célèbre ses 50 ans en 2015.

En l’université populaire du Mouvement français pour le planning familial a eu lieu à l'Institut d'études politiques de Rennes. Le Planning familial d'Ille-et-Vilaine y a présenté ses actions menées en collaboration avec des associations LGBTQIA+ locales pour la santé sexuelle et pour mettre en place un lieu d'accueil sécurisant pour les personnes LGBTQIA+.

Années 2020 Auparavant situé sur la dalle de Bourg-l'Évêque, le Planning familial d'Ille-et-Vilaine acquiert en 2024 ses propres locaux pour un montant de au boulevard de la Tour d’Auvergne afin de garantir son autonomie dans la poursuite de ses actions pour la santé sexuelle et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Bibliographie

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Références

Liens externes

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