Clovis Constant, né le à Saint-Juire-Champgillon (Vendée) et mort le à Nantes, est un homme politique français, maire socialiste de Nantes de 1944 à 1945, député de Loire-Inférieure à l’Assemblée nationale constituante de 1945.

Biographie Postier et syndicaliste Après avoir été reçu au concours du surnumérariat, il entre aux Postes et télégraphes avec le grade de commis des PTT. Nommé au central télégraphique du Havre (Seine-Maritime), il s'implique aussitôt dans les mouvements de grève qui secouent les PTT en 1909. Le Havre est un des lieux où la grève est la plus forte. Mais elle n'est pas autorisée aux fonctionnaires : à la fin du conflit, en mai 1909, Clovis Constant est l'un des 800 postiers révoqués par le gouvernement Clemenceau. Réintégré en 1910, il reste un militant syndical des PTT, membre de la fédération postale de la CGT. Il est mobilisé durant la Première Guerre mondiale.

Membre de la SFIO et résistant À son retour à la vie civile, il est nommé à Nantes et adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO)Cf. site Assemblée nationale.. Il s'implique aussi dans le mouvement mutualiste, devenant président de l'Union des sociétés mutualistes des PTT de Loire-Inférieure. Sur le plan professionnel, il atteint le niveau de chef de sectionLivre doré, page 96..

À la déclaration de guerre il est secrétaire de la section nantaise de la SFIOYves Laurent, page 66.. Sous l'Occupation allemande, il participe à la Résistance. Du fait de la disparition de responsables plus importants, soit fusillés (Alexandre Fourny, Albert Vinçon…), soit neutralisés (Auguste Pageot...), il est, en 1943-44, de fait responsable de la fédération de Loire-Inférieure en tant que correspondant de Tanguy Prigent du Conseil national de la Résistance (CNR). Son bras droit est Georges Briand, secrétaire de la fédération de Loire-Inférieure. Dans la Résistance, il appartient au mouvement Libération-Nord (pseudonyme : « Antoine »Site des Archives municipales.), dont il devient vice-président. Il passe dans la clandestinité en Cf. site de l'Assemblée nationale.et à cette occasion se met en relation avec Gilbert Burlot, membre du réseau Eleuthère. Ce dernier lui donne des informations relatives aux rafles prévues par les allemands permettant de prendre les mesures préventives afin d'empêcher des arrestations.

Après la constitution du Comité départemental de Libération en , les premiers membres ayant subi la répression allemande, il y entre comme représentant de la SFIO et en devient vice-présidentYves Laurent, page 66. Date précise à déterminer. Le CDL est un organisme à composition instable, en raison des nombreuses arrestations. en , aux côtés d'Auguste Péneau (CGT) et de René Bernier.

Après la libération de Nantes (), le pouvoir légal est assumé par le CDL, puis par le Commissaire de la République de la région d'Angers, Michel Debré (Alain Savary à partir du ). Le , un nouveau préfet de Nantes est nommé, Alexandre Vincent. Le , la municipalité Orrion est révoquée et une nouvelle Délégation municipale nommée avec Clovis Constant à sa tête.

Maire de Nantes (septembre 1944-mai 1945) Le , le préfet installe la Délégation municipale provisoire. La commission comprend dont 3 autres socialistes : Georges Briand, Alexandre Gosselin et Jean Lepage.

En , le congrès national de la SFIO prononce l'exclusion des de 1936, qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain le , dont 3 Nantais : Auguste Pageot, maire de Nantes de 1935 à 1940, Maurice Thiéfaine, Eugène Le Roux et le Nazairien François Blancho. Seul ce dernier sera réintégré ultérieurement dans le partiYves Laurent, page 76..

Le mandat assez court de Clovis Constant est marqué par des événements symboliques : la réinstallation du buste d'Ange Guépin sur la place Delorme le (son buste de bronze ayant été fondu au début de l'Occupation)Yves Laurent, page 71. ; la visite à Nantes du général de Gaulle les 14 et , au cours de laquelle Clovis Constant reçoit des mains de De Gaulle la Croix de l'Ordre de la Libération et la Croix de guerre 1939-1945 décernées à la ville de Nantes..

Lors du premier tour des élections municipales en , la liste de la SFIO devance la liste radicale (André Morice), mais est derrière la liste communiste menée par Jean Philippot du Front national. Au second tour, ces trois listes fusionnent dans une liste d'Union patriotique républicaine et antifascisteYves Laurent, page 81. sous la direction de Jean Philippot. Clovis Constant devient simple conseiller municipal.

Carrière ultérieure Le , premier de la liste présentée par la SFIO (19 % des voix, derrière la liste de droite), Clovis Constant est élu député à la première Assemblée constituante avec Jean Guitton, de Saint-Nazaire. Clovis Constant est membre de la Commission des PTT (et des moyens de communication).

Mais, aux élections suivantes le , il n'est que second derrière Jean Guitton, seul élu socialiste, la liste n'obtenant que 15 % des voix.

Il est de nouveau sur la liste SFIO pour les élections législatives de , mais en quatrième position.

En 1958, il se présente aux élections législatives comme suppléant d'André Routier-Preuvost, secrétaire de la fédération SFIO de la Loire-Atlantique, mais celui-ci échoue, comme c'était d'ailleurs prévisible.

Décès Il meurt le à Nantes, et est inhumé deux jours plus tard dans le cimetière Miséricorde (AL-2-1). Il est alors domicilié avenue Costes-et-Le Brix..

Décorations Chevalier de la Légion d'honneur Médaillé de la Résistance avec rosette Médaille de la Liberté (États-Unis)

Hommages Le boulevard Clovis-Constant, à Nantes (quartier Procé-Dervallières) lui rend hommage.

Voir aussi Bibliographie René Blanchard, Le Livre doré de l’Hôtel-de-Ville de Nantes, Imprimerie Salières, Nantes, 1951 Dictionnaire des parlementaires français, 1940-1958.(Tome 3). La Documentation française, Paris, 1994. Liman Nikolaï, La mairie de Nantes face à l'occupation allemande (1940-1944), mémoire de Master 2 d'Histoire préparé sous la direction du Professeur Monsieur Stanislas Jeannesson, Université de Nantes, 2021, 302 p. Yves Laurent et François Naud, Le Cœur et la passion. Chronique du parti socialiste en Loire-Inférieure Loire-Atlantique 1936-1988, ACL Éditions, Saint-Sébastien-sur-Loire, 1988 , catalogue SUDOCYves Laurent (1952-1991) était le maire socialiste de Saint-Sébastien-sur-Loire et le suppléant de Jacques Floch, député de la .

Articles connexes Liste des députés de la Loire-Atlantique Liste des maires de Nantes Liens externes

Notice biographique des archives municipales de Nantes Nantes Patrimonia : https://patrimonia.nantes.fr/home/decouvrir/themes-et-quartiers/aout--septembre-1944-la-municipa.html (Rédaction : Nikolaï Liman)

Notes et références

Catégorie:Naissance en octobre 1888 Catégorie:Naissance en Vendée Catégorie:Maire de Nantes Catégorie:Syndicaliste français des PTT Catégorie:Député membre de la Section française de l'Internationale ouvrière Catégorie:Député de la Loire-Inférieure (Assemblée constituante de 1945) Catégorie:Résistant français Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette Catégorie:Décès en octobre 1964 Catégorie:Décès à Nantes Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière Miséricorde