Le Sculpteur au travail. Portrait de Gérôme est un portrait du peintre et sculpteur français Jean-Léon Gérôme, réalisé en 1891 par le peintre parisien Fernand Cormon. L’œuvre est conservée au musée Jean-Léon Gérôme de Vesoul (Haute-Saône)..

Description La toile représente Gérôme en plan américain, debout devant une selle de sculpteur en bois sur laquelle repose une réduction de sa sculpture Bellone, qu’il est en train de peindre et une pipe. L’artiste tient une palette dans la main gauche et un pinceau dans la main droite, soulignant la double identité de Gérôme comme peintre et sculpteur. L’arrière-plan se compose de faïences décoratives et, sur la gauche, d’une bibliothèque aux contours volontairement flous, qui contribue à mettre en valeur la figure du modèle. La composition met l’accent sur l’acte de création et sur le dialogue entre peinture et sculpture. À droite se trouve l’arrière d’un cadre de toile reposant contre un meuble. La signature de l’artiste figure sur la barre centrale du cadre. La toile mesure 130 centimètres de hauteur pour 100 centimètres de largeur.

Contexte artistique Au milieu du , la sculpture polychrome est perçue par de nombreux artistes et critiques comme une menace esthétique majeure, susceptible d’entraîner une supposée « fin de l’art ». La crainte d’une porosité entre un art jugé populaire et celui présenté au Salon alimente de vifs débats, notamment autour d’un réalisme illusionniste considéré comme trop facile. À l’exception de quelques pionniers, la polychromie appliquée à la sculpture moderne rencontre jusqu’aux années 1880 une forte hostilité, en particulier de la part des sculpteurs et de la critique conservatrice. Parallèlement, les découvertes archéologiques qui se multiplient au début du confirment progressivement la polychromie de l’architecture et de la sculpture antiques. Ces avancées nourrissent les controverses esthétiques sur l’usage de la couleur dans la sculpture moderne. Dès 1815, Quatremère de Quincy propose ainsi une restitution du Jupiter d’Olympie, célèbre sculpture chryséléphantine de Phidias, combinant or et ivoire. À partir des années 1890, Jean-Léon Gérôme, peintre profondément marqué par l’archéologie gréco-romaine, se consacre tardivement à la sculpture polychrome, privilégiant une polychromie dite « artificielle », notamment le marbre peint. Ses œuvres sont alors largement critiquées et souvent jugées affectées ou de mauvais goût. Gérôme, figure emblématique de l’académisme, demeure néanmoins l’un des plus fervents défenseurs de la polychromie en sculpture, position qu’illustre indirectement le portrait peint par Fernand CormonNotice du musée d'Orsay..

Notes et références

Catégorie:Tableau de Fernand Cormon Catégorie:Tableau réalisé en 1891 Catégorie:Portrait d'homme du XIXe siècle Catégorie:Sculpture dans la peinture Catégorie:Atelier d'artiste dans la peinture Catégorie:Œuvre conservée au musée Jean-Léon-Gérôme