La Commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public est une commission d'enquête parlementaire française créée par l'Assemblée nationale le à l’initiative du groupe Union des droites pour la République (UDR), classé à l'extrême droite. Ayant pour objectif annoncé d'examiner la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public français, elle est détournée par son rapporteur, Charles Alloncle, qui en fait une tribune de l'extrême droite contre l'audiovisuel public.

Contexte thumb|alt=logo de France TV|Logo de France TV, l'une des principales entités de l’audiovisuel public français. Prenant comme prétexte une vidéo publiée par le site d’extrême droite L'Incorrect montrant un échange entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen avec des responsables du Parti socialiste (PS), où ils paraissent cibler Rachida Dati, Éric Ciotti, président de l'Union des droites pour la République (UDR), parti d'extrême droite allié au Rassemblement national, décide d'utiliser son droit de tirage annuel pour créer une commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public...

La commission est présidée par Jérémie Patrier-Leitus député du parti de centre-droite Horizons. Son rapporteur parlementaire est le député Charles Alloncle du parti d'extrême droite UDR..

Avant le début des auditions, Charles Alloncle met en exergue le coût et remet en cause la neutralité de l'audiovisuel public, dans un contexte où le Rassemblement national (RN) et l'UDR ont inscrit dans leurs programmes la disparition du service public via la privatisation de ses chaînes de radio TV et radio.. Sophie Taillé-Polian fait part de ses craintes sur la manière dont seront menées les auditions, mettant en avant le fait qu'elle est la seule personnalité issue de la gauche au bureau de la commission... Elle pointe le risque que la commission soit dirigée . Le président de la commission estime en revanche que la commission ne sera pas .

Déroulé des auditions et réactions Déroulé des auditions La commission d'enquête débute par l'audition, le , de Martin Ajdari, président de l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ARCOM), lors de laquelle Charles Alloncle pose une batterie de questions teintées de suspicions..

Les auditions sont marquées par de nombreuses altercations., entre le rapporteur et les personnes auditionnées d'une part, entre lui et différents membres de la commission d'autre part.

Les méthodes d'insinuation et de mise en cause des témoins par le rapporteur sont dénoncées par une multiplicité d'intervenants et d'observateurs.... La députée Ayda Hadizadeh (PS) l'accuse de confondre commission d'enquête et tribunal et de . Pour un autre député membre de la commission, le rôle de celle-ci est dénaturé, alors que l'examen du volet financier était pourtant légitime. Le député Philippe Ballard (RN) estime quant à lui que le rapporteur et qu'il . Charles Alloncle se défend en déclarant et qu'il ne répond à aucun .

En , la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (EPR), le rappelle à l’ordre par courrier en lui reprochant des .. Éric Ciotti considère que ce courrier constitue et que la présidente serait sortie .

Suspension des travaux face aux critiques Le , face aux critiques venant de toutes parts sur les méthodes du rapporteur, le président décide d'une suspension des travaux. Il est proposé de décidées au sein du bureau. Il est demandé à Charles Alloncle, qui s'y engage, de cesser de commenter en direct sur Twitter les propos des témoins. Un rappel à l'ordre lui est fait sur son rôle, qui est de représenter l'assemblée et non son seul point de vue personnel dans les médias. Il lui est aussi demandé de et de mettre à disposition des membres de la commission les documents qu'il exige des personnes auditionnées lorsqu'il cite ces documents dans ses propos.

Reprise des travaux, et des critiques Le , la commission reprend ses auditions..

L'attitude de Charles Alloncle est de nouveau critiquée, y compris par plusieurs députés membres de la commission d'enquête. Le député Erwan Balanant (DEM) la qualifie de .. La députée Ersilia Soudais (LFI) relève l’attitude du rapporteur en estimant qu'il , ainsi que le déroulement de la commission. Selon Télérama, Charles Alloncle aurait un consistant . Le président de la commission évoque des avec le rapporteur. Il regrette la transformation des auditions en ..

Charles Alloncle s'attaque le à Banijay, la société dirigée en France par Alexia Laroche-Joubert, qui produit de nombreuses émissions culturelles et de divertissement telles que Taratata, Fort Boyard, N'oubliez pas les paroles, Prodiges, etc. : il juge que le groupe France télévisions est trop dépendant de cette société, et que le concours de drag queens, Drag Race France, diffusé sur France 2 et France.tv Slash, a franchi . L’émission enregistre un record d’audience sur la plateforme numérique de l'audiovisuel public et touche un public plus jeune qu’à l’habitude, avec une moyenne de 35 ans. Pour le président du groupe Banijay, il est nécessaire de ne pas proposer des programmes uniquement destinés à des « bourgeois conservateurs » comme lui-même est devenu, mais, la télévision étant payée par l'ensemble des Français, .

Lors de son audition, le milliardaire et actionnaire de Mediawan, Xavier Niel, accuse le rapporteur d'avoir transformé la commisson d'enquête en cirque... Auditionné par la commission le , l'animateur de télévision Nagui est qualifié par le rapporteur de , sur la base d'interprétations de chiffres contestées par l'intéressé. Il estime en retour avoir été et accuse Charles Alloncle d'avoir à son encontre..

Certaines des personnes auditionnées sont par ailleurs accusées de , à l'instar de Rachida Dati. et des journalistes qu'elle accuse de subornation de témoins, le président de la commission écartant finalement l'accusation pour les deux parties au nom de leur bonne foi respective.. C'est le cas aussi d'un syndicaliste dont les propos, reconnus comme faux par le président de la Commission, ont été rapportés en février par Charles Alloncle sur Twitter.. Lors de l'audition finale de la présidente de France Télévision, Delphine Ernotte concède des améliorations possibles en cas de pantouflage, mais dénonce (Le Monde note qu'en effet le rapporteur a posté sur X plus de au sujet des auditions, soit 99 % de son activité sur ce réseau.). Elle met par ailleurs en avant les chiffres présentés et réitérés par le rapporteur sur une supposée augmentation de la dotation publique de France Télévisions. et soupçonne le rapporteur de ..

Tentatives d’ingérence dans la commission parlementaire

Selon Le Monde, la direction des affaires institutionnelles et réglementaires de Lagardère News, contrôlé par Vincent Bolloré, a rédigé certaines questions hostiles posées par certains députés pendant les auditions notamment à Delphine Ernotte et Sibyle Veil, qui avaient précédemment critiqué CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche. Charles Alloncle a lui-même reçu ces listes de questions mais dément les avoir utilisées. Jérémie Patrier-Leitus confirme cette .. Lagardère News et Charles Alloncle sont visés par une plainte contre X déposée devant le Parquet national financier par l’association AC !! Anti-Corruption pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence ».. Le Parquet national financier classe sans suite cette affaire le 24 juillet 2026. Rapport et propositions Une synthèse du rapport est publiée aux députés membres de la commission le .. Le rapport est adopté le à 12 voix pour, 10 contre, 8 abstentions., il est mis en ligne le sur le site de l'Assemblée nationale.. Les motivations des abstentionnistes sont que mais que le publier permet de le combattre. +Résultat du vote sur la publication du rapport.PositionGroupeNIRésultatsGDRLFI-NFPEcoSSOCLIOTDemEPRHORDRUDRRNPour00001Laurent Mazaury.001Jérémie Patrier-Leitus.2François-Xavier Ceccoli, Virginie Duby-Muller.1Charles Alloncle.6Roger Chudeau, Christian Girard, Laurent Jacobelli, Kévin Pfeffer, Emeric Salmon, Anne Sicard.1Véronique Besse.12/31AdoptéContre1Emmanuel Maurel.3Nadège Abomangoli, Thomas Portes, Aurélien Saintoul.2Sophie Taillé-Polian, Jérémie Iordanoff.4Belkhir Belhaddad, Dorine Bregman, Stéphane Hablot, Ayda Hadizadeh.0000000010/31Abstention000002Sophie Mette, Erwan Balanant.5Céline Calvez, Sandra Marsaud, Denis Masséglia, Christopher Weissberg, Caroline Yadan.1Béatrice Piron.00008/31Non-votant01Sylvie Ferrer.00000000001/31 Dans l'avant-propos au rapport signé par le Président de la Commission Jérémie Patrier-Leitus, celui-ci accuse Charles Alloncle de vouloir à la privatisation de France Télévisions et Radio France. Il indique que l'objectif de Charles Alloncle était de jeter sur le secteur audiovisuel. Dans le corps du rapport, Alloncle juge que l'audiovisuel public est en et ne répond plus aux , par manque de neutralité et de contrôle, de conflits d'intérêts et de coûts trop importants. Il pointe des écologiques, de la , à l'égard du RN chez certaines figures de la télé ou de la radio publiques, ou . Il vise les , de l'État et de la Cour des comptes parmi .

Il y émet 69 recommandations, parmi lesquelles une réduction de plus d'un milliard d'euros sur quatre milliards du budget de l'audiovisuel public, la suppression de France 4 et France TV Slash., la fusion de France 2 et France 5, celle de France 24 et France Info, celle d'ici et de France 3 Régions, la suppression de l’une des formations musicales de Radio France, la nomination des patrons de Radio France, France Télévisions et l’Institut national de l'audiovisuel par le président de la République française, comme c'était le cas jusqu'en 2013...

La moitié de l'économie budgétaire serait ré-affectée à , l'autre au désendettement de la France. Par ailleurs, côté radio, il préconise la suppression de la station Mouv' et la fusion des deux orchestres de formations musicales de Radio France pour réaliser 13 millions d’euros d’économies<ref name="Inrock".

Réactions Sébastien Lecornu, Premier ministre, considère que le rapport est et qu'il . Jordan Bardella réaffirme la volonté du Rassemblement national de privatiser l'audiovisuel public si son parti arrive au pouvoir, tandis que pour Mathilde Panot de LFI, il faudrait au contraire un service public .

La présidente de France Télévisions qualifie ce rapport d'.

Le , LaScam, la Société civile des auteurs multimédia, publie un contre-rapport montrant que le Service public de l’audiovisuel coûte /an/Français, que . Pour elle, la diminution demandée de trois quarts du budget des jeux télévisés est une absurdité économique, sachant qu'ils rapportent 30 % des recettes publicitaires et permettent de financer les missions non-rentables telles que les documentaires, émissions pour enfants sans publicité, journaux régionaux, etc.

Notes et références Notes

Références

Articles connexes Commission d'enquête parlementaire en France France Télévisions Radio France Commission d'enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité

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