Otto Riesser, né le à Francfort-sur-le-Main et mort le dans la même ville, est un pharmacologue et physiologiste allemand d'origine juive.

De 1921 à 1928, il travaille comme professeur de pharmacologie et directeur de l'institut à l'Université prussienne de Greifswald, puis au même poste à l'Université silésienne Friedrich Wilhelm jusqu'en 1934.

En 1934, il est limogé suite aux lois de Nuremberg ; il est engagé à l'Institut suisse de recherche sur le climat et la médecine de haute montagne, à Davos. En , il émigre aux Pays-Bas, où il obtient un poste à l'Institut de pharmacothérapie de l'Université d'Amsterdam.

Il retourne en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale et participe à la reconstruction de l'enseignement supérieur en Hesse et à la recherche pharmacologique en Allemagne.

Biographie

Famille Ses parents sont l'économiste financier Jakob Riesser et son épouse, Emilie, née Edinger. Dans sa famille, figurent Gabriel Riesser, membre de l'Assemblée nationale de Francfort et frère de son grand-père paternel, et Ludwig Edinger, neurologue et neuroanatomiste, frère de sa mère. La fille de Ludwig, Tilly Edinger, était sa cousine. Hans Eduard Riesser, le frère cadet d'Otto Riesser, fut diplomate au ministère des Affaires étrangères de 1918 à 1933, puis de 1950 à 1955.

Formation Otto Riesser obtient son diplôme du Gymnasium français de Berlin en 1900. Un an plus tard, il commence des études de chimie à l'Université Friedrich Wilhelm de Berlin et à l'Université Ruprecht Karl de Heidelberg ; il y étudie également la médecine de 1903 à 1908.

À Heidelberg, il obtient son doctorat en 1906 sous la direction du futur prix Nobel Albrecht Kossel, avec une thèse de chimie physiologique. Il obtient son doctorat en sciences naturellesPhilosophische Dissertation: Zur Kenntnis der optischen Isomeren des Arginins und des Ornithins. ..

Vie professionnelle Sur la recommandation de Kossel, il entre en 1909 à l'Institut de chimie médicale et de pharmacologie de l'Université Albertus de Königsberg, dirigé par Max Jaffé. Il travaille sous la direction d'Alexander Ellinger et obtient son doctorat en médecine en 1911Medizinische Dissertation: Zur Chemie des Uroroseins. .. En 1913, il est nommé maître de conférences en chimie médicale.

Première Guerre Mondiale Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, Otto Riesser s'engage volontairement dans l'armée allemande. Il exerce comme médecin dans des hôpitaux de campagne, est démobilisé en en raison d'une grave surdité, dont il souffrait depuis sa jeunesse.

Il succéde à Ellinger, devenu professeur de pharmacologie à la nouvelle université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le-Main en 1914, et obtient, à l'été 1916, son diplôme de maître de conférences en pharmacologie à Francfort.

Des volontaires initialement jugés inaptes au service sont ensuite recrutés ; Riesser sert comme médecin de bataillon de jusqu'à la fin de la guerre. Il est décoré de la Croix de fer de deuxième et de première classe.

Durant l'été 1918, restant dans l'armée, il est nommé professeur associé à Francfort, où il collabore brièvement avec Werner Lipschitz.

Entre deux guerres En 1919, il intégre l'Institut de physiologie végétative de l'Université de Francfort, dirigé par Gustav Embden, où il obtiendra son diplôme d'enseignement en physiologie.

En 1921, Otto Riesser est nommé professeur de pharmacologie et directeur de l'Institut de pharmacologie de l'Université de Greifswald, succédant à Hugo Schulz. Quatre ans plus tard, il refuse un poste à Francfort, où il avait été nommé pour succéder à Ellinger, en raison de désaccords entre la faculté de médecine de Francfort et le ministère prussien de l'Éducation. Il accepte une chaire à l'Université de Breslau en 1928, succédant à Julius Pohl à la chaire de pharmacologie et à la direction de l'Institut de pharmacologie. Son successeur à Greifswald fut Paul Wels .

Après la prise de pouvoir par les nazis, la loi pour la restauration de la fonction publique est promulguée. Riesser, avec le dermatologue Max Jessner, est l'un des deux professeurs d'origine juive de la faculté de médecine de Breslau à ne pas être touché par les licenciements, en raison de son service pendant la Première Guerre mondiale.

Durant l'été 1934, il est démis de ses fonctions de professeur et de directeur de l'institut. Un transfert à la Maison Georg Speyer à Francfort ne se concrétise pas en raison des lois de Nuremberg. Elles entraînent également son renvoi définitif de l'Université de Breslau en .

L'exil Riesser se rend en Suisse ; au début de l’année 1936, il prend la direction du département de chimie physiologique de l’Institut suisse de recherche sur le climat et la médecine de haute montagne, situé à Davos. Sa famille le rejoint l’été suivant. Privé de passeport à la suite d’un décret émanant d’Heinrich Himmler, il est contraint de retourner à Francfort à la fin de l’année 1937. Durant les pogroms de novembre 1938, il est brièvement incarcéré. Il émigre aux Pays-Bas en .

Il y obtient un poste à l’Institut de pharmacothérapie de l’Université d’Amsterdam, dirigé par Ernst Laqueur ; il poursuit ses travaux dans un laboratoire de sa ville natale de Naarden.

Après guerre En , il revient à Francfort pour retrouver sa famille demeurée en Allemagne, son épouse n’étant pas d’origine juive. Il exerce, de à , les fonctions de conseiller spécial pour la culture et l’enseignement au ministère d’État de la Grande-Hesse ; sa mission est de reconstruire les universités.

Il est ensuite nommé maître de conférences en pharmacologie et en physiologie à l’Université de Francfort, où il assure provisoirement, au début de l’année 1949, la direction de l’Institut de pharmacologie.

Publications et recherches Otto Riesser a publié plus de 160 ouvrages. Ses recherches portaient notamment sur la production de créatine dans l'organisme et la physiologie musculaire.

Au début des années 1920, il est le premier à découvrir que l'acétylcholine provoque la contraction des muscles squelettiques et que cette contraction s'accompagne d'une dépolarisation de la membrane cellulaire. Il soupçonne que la cible de ce processus était ce que le physiologiste britannique John Newport Langley avait alors nommé « substance réceptrice », aujourd'hui connue sous le nom de « récepteur nicotinique » de la plaque motrice.

Les recherches d'Otto Riesser étaient étroitement liées à celles d'Otto Loewi. Lorsque Henry Hallett Dale a ensuite décrit l'acétylcholine comme neurotransmetteur dans le muscle squelettique, il a systématiquement fait référence aux travaux de Riesser.

Fonctions honoriques De 1911 à 1932, Otto Riesser a siégé au comité scientifique de l' Association allemande des médecins du sport. En 1932, il est élu à l'Académie allemande des sciences Leopoldina. Son adhésion lui est retirée en 1938 en raison de ses origines juives.

En , il est élu président de la Société allemande de pharmacologie. Durant la dernière année de sa vie, il est corédacteur de la revue de pharmacologie Naunyn-Schmiedebergs Archiv.

Otto Riesser fut membre de la Burschenschaft Allemannia Heidelberg dès le début de ses études en 1900, puis de la Burschenschaft Gothia de Königsberg . À Greifswald, il présida temporairement l' Association des anciens membres de la Burschenschaft.

Il donna sa leçon inaugurale à Francfort en 1916 sur L'exercice physique à la lumière des recherches physiologiques et pharmacologiques ; il encouragea le sport étudiant dans les universités où il travailla.

De 1913 à 1932, il enseigna les « Fondements biologiques de l'éducation physique ». Vers 1930, lorsqu'un nouveau mouvement paramilitaire gagna en popularité, il s'efforça de rassembler les étudiants de toutes tendances politiques. Lors de la controverse sur l'antisémitisme au sein de la Burschenschaft allemande à partir de 1931, il défendit les membres juifs de l'association, sans obtenir gain de cause. En 1934, il démissionne volontairement.

Papiers personnels Dans ses archives, se trouvent un curriculum vitae de sept pages et un Aperçu de mes souvenirs de ma carrière scientifique, de 36 pages, publié en 1998 par le pharmacologue mayanien Erich Muscholl. Il les a rédigés en 1944 à Naarden, durant son exil aux Pays-Bas. Le récit d'Otto Riesser montre qu'il se considérait comme un libéral national et qu'il resta toute sa vie attaché à son identité allemande, aux principes des fraternités étudiantes et à l'idéal olympique.

Vie privée Il s'est marié à Königsberg en 1911. Ils ont une fille. Son épouse, meurt trois ans plus tard d'une tuberculose rénale.

En 1919, il se remarie. Sa seconde épouse a deux enfants d'un précédent mariage ; ils auront deux enfants ensemble.

Oeuvres Manuel de physiologie normale et pathologique. Volume 8. Berlin 1925 (en tant que co-auteur) Le corps et le travail. Manuel de physiologie du travail. Berlin, 1927 (en tant que co-auteur). Pharmacologie et prescription des médicaments : manuel. Berlin et Vienne, 1935. Pharmacologie musculaire et son application au traitement des maladies musculaires. Berlin, 1949.

Références

Annexes Bibliographie .

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Liens externes

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