La mort de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, néofasciste, néonazi et catholique traditionaliste âgé de , survient le à Lyon à la suite d'un traumatisme crânien infligé, deux jours plus tôt, par des militants antifascistes qui le frappent au sol après une rixe.
Le , le collectif fémonationaliste Némésis tente de perturber le déroulement d'une conférence tenue par l'eurodéputée Rima Hassan, membre de La France insoumise (LFI), à l'Institut d'études politiques de Lyon, en organisant un « happening » à proximité. Un groupe de militants d'ultradroite, dont Quentin Deranque fait partie, se tient aux alentours, en support du collectif. Une « rixe » éclate entre ces derniers et un groupe de militants antifascistes. Peu après, Quentin Deranque, isolé avec deux membres de son groupe, est frappé au sol et reçoit de multiples coups à la tête. Après s'être relevé, confus, il refuse de se rendre à l'hôpital et quitte les lieux. Victime d'un malaise plus d'une heure après les coups reçus, il est pris en charge par les secours avec un pronostic vital engagé. Il meurt deux jours plus tard des suites d'un traumatisme crânien.
Peu de temps après les faits, le collectif Némésis et l'avocat de la famille de Quentin Deranque accusent d'anciens militants du groupe d'extrême gauche la Jeune Garde antifasciste d'avoir tendu un guet-apens à la victime. Cette version génère de vives réactions politiques, ainsi qu'un fort écho médiatique en France, dans le contexte de la campagne des élections municipales de 2026.
À la demande du député Éric Ciotti, une minute de silence est observée à l'Assemblée nationale le . Cet hommage parlementaire effectué trois jours seulement après le décès de Quentin Deranque est rapidement dénoncé puisque plusieurs enquêtes journalistiques remettent progressivement en cause la présentation initiale des événements et le profil politique de la victime. En réalité, celui-ci est un néonazi et néofasciste engagé, loin de l'image initiale de jeune étudiant catholique et pacifiste dessinée par le collectif Némésis. Plusieurs éléments contredisent également la version de Némésis sur la responsabilité des affrontements entre les deux groupes de militants, le collectif d'extrême droite s'étant plusieurs fois coordonné avec des groupes d'ultradroite lyonnais afin de provoquer des échauffourées avec des militants de gauche.
Durant l'enquête préliminaire, une dizaine de militants proches des mouvements antifascistes sont interpellés pour homicide volontaire et violences aggravées. La plupart d'entre eux sont mis en examen et placés en détention provisoire, parmi lesquels deux assistants parlementaires du député LFI Raphaël Arnault, membres de la Jeune Garde. À la suite de cela, LFI fait l'objet de critiques en raison de ses liens avec la Jeune Garde.
Deux enquêtes sont menées en parallèle : une première visant les militants antifascistes pour « meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées », par trois juges d'instruction, dans le but d'identifier les auteurs des coups portés à Quentin Deranque et à d'autres personnes. Une seconde enquête, préliminaire, est menée par le procureur de la République de Lyon, autour des violences imputées aux militants d'ultradroite le . La disjonction est contestée par les avocats de la défense.
En septembre 2026, le procureur de Lyon met cinq nouvelles personnes de la mouvance antifasciste en examen pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit », et quatre également pour « violences aggravées », portant le total à 14 suspects poursuivis.
Victime
Quentin Deranque naît le à Perpignan d'une mère péruvienne et d'un père français. Sa famille déménage ensuite à Saint-Cyr-sur-le-Rhône. Il est d'abord étudiant en mathématiques puis après trois ans de césure, entame à l'âge de un BUT science des données à l'université Lumière-Lyon-II, en alternance à la SNCF... Selon plusieurs proches, il est un grand lecteur de philosophie, d'histoire et de théologie..
Des amis d'extrême droite nationaliste, royalistes et antisémites de la section de Vienne de l'Action française reconnaissent des actions nocturnes de collage d'affiche avec lui. L'Action française revendique l'avoir compté parmi ses militants, avant de se rétracter... Au printemps 2024, il proteste contre l’adoption en première lecture de la loi sur l’euthanasie.
En , il cofonde le groupuscule néofasciste « Les Allobroges », basé à Bourgoin-Jallieu. Il participe avec ce collectif, le au rassemblement néofasciste et néonazi du Comité du 9-Mai. L'événement est qualifié par Mediapart, d'. Les Allobroges, qui partagent des positions suprémacistes et opposés à l'immigration, entretiennent des liens avec d'autres groupuscules néofascistes de la région, dont les membres d'Audace Lyon et les Bayards Grenoble, ainsi qu'avec les hooligans des Bourgoin Defenders. Selon StreetPress, l'activité locale du groupuscule reste limitée et se résume principalement à des collages et des tags...
Audace Lyon .., de la mouvance nationaliste-révolutionnaire, salue sur Instagram, , puis confirme à l'AFP la participation du jeune homme de boxe et de footing. Le Monde indique que le groupe, créé pour , fait selon ses propres termes de l’entraînement à l' un pilier de son engagement, afin de le terrain lyonnais face aux antifascistes. Deranque participe aussi jusqu'à la semaine précédant sa mort aux entraînements « aux techniques de combat » d'Audace Lyon..
Mediapart lie plusieurs de ses amis avec l'extrême droite radicale. L'un de ses colocataires est impliqué dans une expédition punitive menée par le Bastion social en 2018, et l'un de ses meilleurs amis, Vincent Claudin, est un militant néofasciste tendance nazie, lecteur d'Adolf Hitler et de Joseph Goebbels, ancien de Lyon populaire et assistant parlementaire de la députée Rassemblement national (RN) Lisette Pollet.. L'avocat de la famille souligne que Quentin Deranque n'a jamais été mis en cause pour des faits de violences et que son casier judiciaire est vierge.. Cependant, sa mère s'inquiète à plusieurs reprises auprès de lui de ses fréquentations, ce qui le recentre sur ses activités paroissiales plutôt que militantes.
Idéologie Quentin Deranque est un militant identitaire nationaliste d'extrême droite de la mouvance nationaliste-révolutionnaire., proche des mouvements néofascistes............
Il est décrit par ses proches comme . Le journaliste Sébastien Bourdon, spécialiste de la mouvance d'extrême droite, estime que son parcours illustre une tendance à l', soit la circulation des jeunes militants entre différentes familles de l'ultradroite malgré leurs divergences idéologiques. Selon Le Monde, c'est et un qui .
Mediapart identifie plusieurs des comptes utilisés par Quentin Deranque sur le réseau social X, avec lesquels il publie entre 2023 et 2026 de très nombreux messages racistes, antisémites, négationnistes et néonazis, glorifiant le fascisme, dont il se revendique, s'affichant en nostalgique du nazisme, dont il appelle au retour, et adoptant un positionnement suprémaciste blanc.. Il s'affirme aussi en faveur de ... Il déclare notamment , , , , le RN a été fondé par des SS , Simone Veil, une .. Quentin Deranque affirme que Mein Kampf est un ouvrage et . Un proche de Quentin Deranque confirme que ce dernier est bien l'auteur de ces messages..
Religion Converti au catholicisme. intransigeant., il est un fidèle de plusieurs églises catholiques traditionalistes. dont la fraternité Saint-Pierre où la messe est dite en latin et est engagé dans la vie paroissiale... Il est décrit comme un missionnaire et fidèle des conférences du Cercle Saint-Alexandre, où des religieux forment à la théologie de jeunes croyants lyonnais. Il est un habitué du pèlerinage de Chartres, évènement qui rassemble tous les ans de nombreux catholiques traditionalistes.
D'après l'une de ses amies, . Ainsi, sans être formellement membre d’Academia Christiana, il participe régulièrement aux événements de l'organisation catholique intégrale et identitaire, qui refuse toute relégation de la vie chrétienne uniquement à la sphère intime...
Événement Contexte militant à Lyon La mort de Quentin Deranque s'inscrit dans un contexte d'affrontements violents récurrents entre l'extrême droite et l'extrême gauche à Lyon... Un magistrat déplore la banalisation de ces rixes qui, .. Selon Romain Jeanticou, la banalisation des discours d’extrême droite dans le débat public joue particulièrement un rôle dans les violences politiques..
Le , Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur du gouvernement Bayrou prononce la dissolution de Lyon populaire pour l’ultradroite pour apologie de la collaboration avec le nazisme et incitation à la discrimination et la violence envers les étrangers, les juifs et les personnes homosexuelles.... Le même jour est également prononcé la dissolution du collectif la Jeune Garde antifasciste, lui reprochant d'organiser en .. Un recours contre cette dissolution pend devant le Conseil d'État au moment des faits.
Extrême droite
La ville de Lyon est considéré comme le de l’extrême droite, où toutes les tendances sont implantées. Plusieurs organisations y disposent d'un local, le Parti populaire français, d’inspiration fasciste, le Parti nationaliste français, les royalistes de l’Action française, le Groupe union défense (jusqu'en 2024), Génération identitaire (2012-2021), le Bastion social (2017-2019), Les Remparts (2021-2025), suivi par Lyon populaire (2019-2025) et d'Audace Lyon. Certaines violences ponctuelle d’individus issus de divers courants de l’ultradroite sont revendiquées sur les réseaux sociaux sous l’appellation . Plusieurs militants sont condamnés pour des violences en réunion unis par ...
Antifascisme
Du côté de l'extrême gauche, plusieurs organisations antifascistes sont créées en réaction à la présence de l'extrême droite., la Section carrément anti-Le Pen, le Collectif de vigilance 69 (2010-2014), le Groupe antifasciste Lyon et environs (2013-2023)., la Jeune Garde (2018-2025) plusieurs membres sont également condamnés pour violences. Se présentant comme un groupe d'autodéfense, la Jeune Garde se rend visible dans les médias, une approche institutionnelle. qui la distingue de la plupart des groupes antifascistes, davantage portés sur l'action directe. Elle essaime dans plusieurs villes françaises, sans occuper une place centrale au sein de la mouvance antifasciste lyonnaise selon des observateurs du milieu. Arnault est élu député La France insoumise en 2024.
Contexte politique Rima Hassan est une personnalité politique très fréquemment ciblée par l’extrême droite. Les renseignements territoriaux étaient avertis depuis plusieurs jours du projet d'happening de Némésis devant l'Institut d'études politiques de Lyon (IEP). Aucune présence policière visible n’est présente à proximité de l'IEP..
Affrontements du 12 février 2026 vignette|redresse|gauche|Bâtiment pédagogique de Sciences Po Lyon dans lequel se trouve l'amphithéâtre Marcel-Pacaut, où s'est déroulée la réunion publique, rue du Professeur-Charles-Appleton. Le , une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan est prévue à à l'IEP, sur le thème des « relations entre l’Union européenne et les gouvernements européens dans le cadre du conflit au Proche-Orient » et organisée par l’association étudiante Euroka. Encadrés par six personnes du service d'ordre de l'IEP, de l'établissement participent à l'événement au sein de l'amphithéâtre Marcel Pacaut..