Jean-Jacques Castoldi, né le à Genève (alors dans le département du Léman en France) et mort le dans le même lieu (en Suisse), est un juge et un homme politique suisse d’origine italienne. Il est membre du Conseil national de 1848 à 1851 et membre du Conseil d'État du canton de Genève de 1852 à 1857.
Biographie Jean-Jacques Castoldi est le fils de Joseph Castoldi, négociant originaire de Milan, et de Louise Michel. Il naît et est élevé à Genève par une « mère pieuse et protestante ». Ses parents ont des idées libérales, ils prénomment leur fils en référence au célèbre Jean-Jacques RousseauArchives d'État de Genève, base Admémar, décès en 1871 (E.C. Genève décès 74 N°439).. Il devient bourgeois de Genève en 1827, il est donc naturalisé suisse. Il épouse Jeanne Lailsard ou Laillard, marchande de mercerie, d’où quatre filles, toutes mariées entre 1864 et 1871. Avec l’orthographe « Jeanne Lailsard »..
Jean-Jacques Castoldi étudie la théologie à Genève, puis le droit aux universités de Genève et de Paris. Sa thèse de droit obtenue en 1830 à Genève est intitulée Dissertation sur l'hypothèque légale du mineur et de l'interdit sur les biens de leur tuteur.. Il travaille comme avocat dès la fin de ses études en 1830 et « se fait rapidement une réputation d'avocat progressiste ».
Il est professeur de droit pénal et de droit romain à l'Académie de Genève en 1847.., selon une autre source il aurait décliné des propositions pour une chaire de professeur à l'université en 1847 et 1849.. Jean-Jacques Castoldi est membre de la Société suisse des carabiniers de 1849 à 1851.
vignette|gauche|upright=0.75|Tombe de Castoldi au cimetière des Rois. De 1852 à 1869, il est juge à la Cour de cassation cantonale, soit durant . Lorsqu’il démissionne en 1869, le Grand Conseil vote à l’unanimité pour , sans succès..
De 1852 à 1857, il est le premier genevois à siéger au Tribunal fédéral., qui est de 1848 à 1874 une structure non permanente composée de et .
Jean-Jacques Castoldi meurt le , au 12 rue Pierre-Fatio (immeuble au nord du Rond-Point de Rive). Il est enterré au cimetière des Rois qui est alors géré par l’Hôpital général de Genève et réservé aux seuls protestants (jusqu'en 1876).
Une nécrologie est publiée dans la Gazette de Lausanne où il est affirmé que Castoldi était .
Lutte contre la peine de mort Jean-Jacques Castoldi est connu en particulier pour sa lutte contre la peine de mort à Genève. Il est impliqué comme politicien ou comme avocat lors de plusieurs procès visant des criminels. Depuis 1799, les exécutions se font par décapitation avec une guillotine sur la place Neuve. Les trois dernières exécutions du temps de Castoldi ont lieu en 1850 (Richard), 1861 (Vary) et 1862 (Elcy).
En 1850, Louis-Frédéric Richard est condamné à la peine capitale, son recours en grâce au Grand Conseil fait l’objet de débats repris dans le Journal de Genève, Castoldi plaide longuement , il défend la différence des rôles entre tribunal et parlement : . Puis il tient compte du contexte social : . Finalement il appelle à un progrès et un modèle qui viennent d’en haut : . La proposition de commuer la peine en travaux forcés à perpétuité est refusée par contre 10..
En 1858, c'est en tant qu'avocat à la Cour d’assises que Jean-Jacques Castoldi défend un portefaix accusé du meurtre d’un autre portefaix à la route de Vésenaz. L'accusé s’est . L’homicide volontaire est reconnu par la Cour, mais avec des circonstances atténuantes. L'accusé est condamné à cinq ans de prison et à de dommages-intérêts pour la veuve et ses enfants mineurs..
L'avocat de Vary en 1861 est Jean-Antoine Amberny. Celui-ci affirme que Castoldi, avec sa voix « éloquente » et , mais Vary l’a écarté ainsi que quatre ou cinq autres avocats, ce qui n'a pas été dans son intérêt..
En 1862, Jean-Jacques Castoldi défend Maurice Elcy, coupable d’un meurtre en 1861 au parc des Bastions. Plusieurs témoins s’expriment lors du procès qui se déroule les et . Le meurtre ne fait pas de doute, mais selon le code pénal genevois de l'époque, il n'était pas passible de la peine capitale si aucun autre crime n’avait été commis dans le même contexte. Le témoignage d’une mendiante muette, en langue des signes, est capital pour que le vol soit aussi reconnu. Castoldi tente de montrer les faiblesses de ce témoignage, et appelle à la clémence dans l’intérêt de la famille de l'accusé. Il n'est pas suivi par le tribunal. La Cour de cassation rejette une demande de révision et le Grand Conseil refuse de commuer la peine en travaux forcés à perpétuité par contre 31. Elcy est le dernier condamné à mort dans un procès civil à Genève, il est exécuté le ...
Le canton de Genève abroge la loi sur la peine de mort en 1871Mention d’un article d’époque par : ..
Carrière politique vignette|Caricature de Jean-Jacques Castoldi, 1860. L’engagement politique de Jean-Jacques Castoldi se déroule durant une période de « révolutions ». D'abord autour des luttes pour la création d’un conseil municipal électif pour la ville de Genève, en 1841 (il est membre de « l’Association du Trois Mars ») ; ensuite dans le cadre de l’essor des radicaux et des importants troubles qui se suivent dès (barricades, assaut manqué des troupes gouvernementales à Saint-Gervais, Conseil général au Molard, dissolution du Grand Conseil). Jusqu’en 1861, Genève traverse une période de grands changement institutionnels et urbains sous le régime fazyste – Association du Trois Mars et Constituante de 1841-42 p. 94-106 ; Gouvernement provisoire de 1846 p. 118 ; constitution de 1847 p. 184 ; élection des conseillers nationaux de 1848 p. 192 ; «Gouvernement réparateur» de 1853 p. 209... Au moment de l’exécution de Elcy en 1862, Jean-Jacques Castoldi aurait été , selon le journaliste Jean-Noël Cuénod.
Au niveau communal, Jean-Jacques Castoldi siège au conseil municipal (législatif) de Genève de 1842 à 1843, de 1848 à 1850 et de 1851 à 1853.
Au niveau cantonal, il est membre du gouvernement provisoire en 1846-1847. il est élu au Grand Conseil en 1846, où il siègera plus de , jusqu'à sa mort.. De 1853 à 1855, il est également conseiller d'État chargé de la Justice et de la Police au sein d’un gouvernement dit « réparateur ».
Il participe à la rédaction des versions successives de la constitution du canton de Genève : en 1842 (Conseil constitutionnel), en 1847 (commission du Grand Conseil), et à nouveau en 1862 (Assemblée constituante, révision totale de la constitution de 1847) dans le cadre du « Cercle de la Ficelle » qui réunit des indépendants aux idées diverses mais se situant politiquement entre les conservateurs (les anciennes familles) et les radicaux..
Au niveau national, Jean-Jacques Castoldi est élu au Conseil national en 1848, mais ne se représente pas trois ans plus tard.
Il est qualifié de « radical modéré », de « radical »., ou encore de la « gauche libérale »Voir la Liste des conseillers nationaux du canton de Genève.. Il est d'abord membre du parti radical de James Fazy, puis il prend ses distances et se rallie aux indépendants. Il continue à défendre ses idées libérales à sa manière.
Hommages En 1980, le Conseil d’État baptise « Chemin Castoldi » un chemin de la commune de Chêne-Bougeries.
Bibliographie . Référence : CH BGE Rec Le Fort 25..
Notes et références
Voir aussi Peine de mort en Suisse
Liens externes
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