L’université de Bordeaux (UBx) est une université française fondée en 1441. Elle dispose de plus de et en droit, médecine, sciences politiques, sciences, psychologie, technologie et sciences humaines.

Il s'agit de la plus grande université de Nouvelle-Aquitaine. Elle est installée à Bordeaux, notamment sur le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan, mais aussi dans les villes d'Agen, de Périgueux et d'Arcachon. Elle dispose des labels d'Initiative d'excellence (Idex), Laboratoires d'excellence (Labex), Équipements d'excellence et coordonne l'alliance universitaire européenne Enlight depuis le /.

Parmi les meilleures universités au monde, en 2021, elle se classe à la place des meilleures universités françaises selon le . et université au niveau mondial en 2017 selon le classement de Shanghai..

Il existe deux universités dans la métropole de Bordeaux depuis 2014, l’université de Bordeaux et l’université Bordeaux Montaigne.

Histoire Antiquité romaine Alors que Bordeaux s’appelait encore Burdigala, et qu'elle se retranchait progressivement derrière de solides remparts pour se protéger des invasions, une première université fut fondée en 286. La ville, après avoir perdu son importance économique, devint un centre administratif. Le but de cette université était de faciliter le recrutement des administrateurs, qui se devaient d'être lettrés et habiles à parler. La nouvelle université comptait seulement deux facultés, une pour la grammaire, qui permettait de s'initier aux langues grecque et latine, et une faculté de rhétorique, où étaient enseignés l'éloquence et les commentaires des textes classiques. Le rayonnement de cette nouvelle institution attira des lettrés du nord de la Gaule, de Syracuse (actuelle Sicile) ou d’Athènes (Grèce). Parmi ses professeurs, appelés rhéteurs, on trouve le célèbre poète Ausone qui a y aussi été élève. Également Sulpice Sévère y fondera une méthode historique scientifique.

La Révolution En 1441, la ville de Bordeaux étant sous domination anglaise, les « escholiers » bordelais ont des difficultés à se rendre à l'université de Paris. La ville désire donc créer sa propre université. À la demande de l’archevêque de Bordeaux, le pape Eugène IV crée un studium generale (théologie, droit, médecine et arts) sous l’autorité de Pey Berland. Après la guerre de Cent Ans, l’Aquitaine passant au domaine du roi de France, l’université passe peu à peu sous le contrôle du pouvoir royal. Mal équipé et sans traditions, cet organisme n’a qu’un faible rayonnement. Nombre d’étudiants bordelais vont, comme Michel de Montaigne, suivre les cours de l’université de Toulouse ou de Montpellier. En réaction à l’insuffisance du collège des arts de l’université, la Jurade crée le Collège de Guyenne en 1553.

François de Foix fonde une chaire de mathématiques en 1591.

L’université ne connaît pas de développement lors de la Renaissance, et en 1709, Laplace écrit au contrôleur général des finances : « Le Collège des lois de Bordeaux est entièrement désert et abandonné par la négligence des professeurs du droit à y faire leur devoir ». L’opposition entre le collège des Jésuites et l’université ne cesse de s’accroître jusqu’à la suppression de la Compagnie de Jésus. À partir de 1713, l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux constitue le pôle savant et artistique de la ville.

En 1793, la Convention supprime les universités. L’école centrale de Bordeaux, qui la remplace est inaugurée le dans les bâtiments du collège de Guyenne.

Empires et Restauration Les facultés sont rouvertes par Napoléon , elles constituent la partie de l’enseignement supérieur dans l’Université de France (grande administration de l’éducation). Durant la monarchie de Juillet, de nombreuses facultés sont ouvertes, mais elles se contentent d’assurer la collation des grades. Le , dix-sept facultés des lettres, dont celle de Bordeaux, sont supprimées..

La faculté de théologie, inaugurée en 1808, n’a d’abord que trois chaires. Il faut attendre 1847 pour qu’elle retrouve les six chaires qu’elle avait avant la Révolution. À partir de 1839, elle est installée dans les mêmes locaux que les facultés de lettres et de sciences. Les cours sont interrompus entre 1848 et 1853. Le cardinal Donnet s'emploie à faire venir des professeurs compétents. La faculté est supprimée en 1855..

Le , le conseil municipal de Bordeaux accepte la proposition de Salvandy de créer à Bordeaux des facultés des sciences et des lettres. L'ordonnance du rétablit la faculté des lettres et crée celle des sciences. La faculté des lettres est dotée de cinq chaires : philosophie, histoire, littérature ancienne, littérature françaises et, ce qui constitue une innovation, littérature étrangère. La faculté des sciences inclut six chaires : mathématiques pures, astronomie et mathématique rationnelle, physiques, chimie, zoologie et physiologie animale, botanique, minéralogie et géologie. Les deux facultés sont inaugurées le , installées dans une annexe de l'hôtel de ville. Malgré des professeurs de renom comme Francisque Michel, l'activité scientifique de ses facultés est assez faible..

L'École élémentaire de médecine de Saint-Côme, située 42 rue de Lalande à Bordeaux, est fondé en 1793 par Moulinié. Elle est renommée en 1814 École royale de médecine de Bordeaux par le duc d'Angoulême. En 1821, le Pr Brulatour devient directeur de l'école, et le Pr Elie Gintrac (1791-1877) le secrétaire. Ils élaborent un projet de fusion des deux écoles de médecine qui co-existent alors à Bordeaux : l'école royale où l'enseignement est essentiellement théorique, et l'école de l'hôpital Saint-André fondée en 1797, où l'enseignement est essentiellement clinique. La fusion est actée le par une ordonnance royale, la nouvelle école est nommée École royale secondaire de médecine.. En 1840, l'école change de statut et devient l'École préparatoire de médecine et pharmacie. En 1846, Gintrac succède au Pr Mabit en tant que directeur de l'école de médecine, fonction qu'il conserve jusqu'à sa retraite en 1871. Il obtient des crédits pour agrandir les locaux de l'école par l'architecte Burguet. Il crée un musée et une bibliothèque médicale, à laquelle son fils lègue 1200 livres après son décès.

Troisième République Fermée depuis 1793, la faculté de droit est rouverte en 1870. Elle s’installe à proximité de la cathédrale Saint-André de Bordeaux en 1873. Fernand Faure enseigne l’économie libérale et Léon Duguit le droit international.

Pendant les 25 ans (1846-1871) où Gintrac assure la direction de l'École préparatoire de médecine et pharmacie, son principal objectif est d'obtenir sa transformation en faculté de médecine, au même titre que celles existant à Paris, Lyon et Montpellier. Cet objectif est atteint en 1874, où l'école est transformée en faculté mixte de médecine et de pharmacie par la loi du et le décret du . Henri Gintrac (1820–1878), fils d'Élie Gintrac, est le premier Doyen de la faculté, mais meurt très rapidement après sa prise de fonction. Paul Dénucé (1824-1889) lui succède jusqu'en 1885, où il démissionne pour raison de santé. En 1885, à l'âge de 37 ans, Albert Pitres est sollicité par le recteur de l'académie pour devenir Doyen de la faculté de médecine et pharmacie. Il est élu le et occupe cette fonction jusqu'en 1898, puis de 1904 à 1915. Les locaux des anciennes écoles de médecine et de chirurgie étant trop exigus pour accueillir 83 professeurs et plus de mille étudiants, Pitres consacre une grande partie de son mandat de doyen à convaincre les autorités municipales et nationales de bâtir un campus universitaire pour la nouvelle faculté. Il obtient gain de cause grâce une intervention déterminante du président de la République Sadi Carnot. Le campus est bâti place d’Aquitaine (actuellement place de la Victoire) entre les rues Élie-Gintrac et Paul-Broca, dans un bâtiment construit par Jean-Louis Pascal (1876-1888, 1902-1922Anne-Richard Bazire, Jean-Louis Pascal et la création de la salle des périodiques de la Bibliothèque nationale (1883-1936), Livraison d'histoire d'architecture, , 2001, ). Ce bâtiment imposant regroupe salles d'enseignement, laboratoires de recherche, et musées. L'inauguration du campus universitaire a lieu le en présence du Président Sadi Carnot, de nombreux ministres, et de toutes les personnalités officielles de la ville de Bordeaux, donnant lieu à une très grande fête populaire, au cours de laquelle Pitres est nommé chevalier de la Légion d'honneur. Les travaux des professeurs de la faculté ont une grande notoriété (Eugène Azam et Albert Pitres sur l’hypnotisme, Emmanuel Régis sur les maladies mentales, Xavier Arnozan sur la dermatologie, Jean-Alban Bergonié sur la cancérologie).Concernant la faculté des sciences, le et le , le conseil municipal adopte le projet de l’architecte Charles Durand (1824-1891) visant à transférer les facultés sur le terrain du lycée du couvent des feuillants, lui-même déplacé au collège des jésuites. Les travaux commencés à la fin 1880 sont terminés au printemps 1885. Le nouveau bâtiment, situé cours Pasteur, est attribué aux facultés le . En 1877, des maîtrises de conférences et de nouvelles chaires sont créées. Le premier titulaire de la chaire d’astronomie physique, Georges Rayet fonde l’observatoire de Bordeaux à Floirac en 1878. Il est rattaché à l’université le . Un professeur de chimie, Ulysse Gayon fonde l’école de chimie en 1891 pour soutenir l’agriculture et le commerce bordelais.

La loi du , due à un ancien professeur de la faculté des lettres de Bordeaux, Louis Liard, constitue l’université de Bordeaux avec ses quatre facultés : lettres, droit, sciences, médecine et pharmacie. Les facultés se développent et de nouvelles chaires sont ouvertes. La faculté des lettres compte onze chaires au début du , dont celle d’histoire de Bordeaux et du Sud-Ouest de la France ouvert en 1891 avec l’enseignement de Camille Jullian. Émile Durkheim enseigne la sociologie entre 1887 et 1902.

Au début du , l’université compte quelques milliers d’étudiants et se situe au quatrième rang des universités françaises. En , lors de la Première Guerre mondiale, les bâtiments universitaires sont réquisitionnés par le gouvernement replié à Bordeaux. Pendant l’entre-deux-guerres, les effectifs augmentent d’un peu moins de 50 %, l’université de Bordeaux a des liens particuliers avec l’Outre-Mer et ses facultés organisent le baccalauréat pour le Maroc, le Sénégal. Avec la Seconde Guerre mondiale, les locaux abritent à nouveau le gouvernement. Puis pendant l’Occupation, les bâtiments sont utilisés par les Allemands, les étudiants sont menacés par le STO et le régime de Vichy révoque certains professeurs.

Quatrième République vignette|Le sceau de l’université de Bordeaux entre 1441 et 1793. Au milieu du , l’université compte , ce qui la situe au deuxième rang des universités françaises derrière Paris. Ils sont répartis entre les facultés de droit (29 %), médecine (28 %), lettres (23 %) et sciences (15 %). Au début des années 1960 les effectifs d’étudiants sont à et à la veille de 1968 , le nombre d’enseignants augmente lui aussi de manière spectaculaire. De plus la parité de sexe est atteinte en 1968, alors qu’on comptait en 1945 deux fois plus de filles que de garçons chez les étudiants. Face à ces transformations, les locaux deviennent trop petits et la plupart des facultés déménagent vers un nouveau campus : le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan (sciences en 1960, droit en 1966-67, lettres en 1971). Dans le même temps des annexes s’installent à Pau, mais aussi au Maghreb et aux Antilles. C’est dans ce contexte qu’éclatent les événements de mai 68. À Bordeaux, les facultés sont occupées, la faculté de lettres est le pôle majeur de la contestation, elle sera occupée jusqu’au .