L'Armée dominicaine (en ) est la branche terrestre des forces armées dominicaines.

L'Armée dominicaine est composée de hommes répartis dans six brigades d'infanterie, une brigade d'appui au combat et une brigade de soutien, ainsi que d'un escadron d'hélicoptères.

Histoire Contexte historique

L'île d'Hispaniola est un lieu important durant la période coloniale, elle abrite le tribunal de Saint-Domingue à partir de 1551, le premier en Amérique et dont la juridiction s'étend dans toutes les Caraïbes. Après des décennies de disputes pour l'île entre l'Angleterre, la France et l'Espagne, En 1697, par le traité de Ryswick, l'Espagne cède l'ouest de l'île à la France avant de lui céder le reste en 1795 par le traité de Bâle. En 1809 les Espagnols récupèrent la souveraineté sur l'île avant de la perdre aux indépendantistes en 1821, l'année suivante, Haïti l'annexe, jusqu'à son indépendance en 1856. En 1861, la république dominicaine, ruinée par la guerre et menacée par Haïti se fait annexer par l'Espagne jusqu'à son indépendance définitive en 1865.

Cette histoire militaire chaotique et violente de la République dominicaine et la frontière mal définie avec Haïti cause de nombreuses tensions sur l'île.

Armée coloniale En 1738, la garnison coloniale est réformée pour mettre fin à de nombreuses absurdités (inégalité des forces et des revenus selon les lieux, pas de standards sur les tenues). Cette réforme inclut la création d'un bataillon fixe, elle place aussi l'âge minimum des soldats à 16 ans pour les natifs d'Espagne et 20 ans pour les créoles. Les sous-officiers devaient désormais être capables de lire et écrire. Une académie militaire est également fondée sur l'île.

Quelques-unes des unités ayant fait partie de la capitainerie générale de Saint-Domingue : Le bataillon fixe de Saint-Domingue formé en 1738 et constitué de sept compagnies d'infanterie dont une de grenadiers, deux compagnies de cavalerie et une d'artillerie pour un total de 637 hommes. En 1771 deux compagnies d'infanterie sont ajoutées, en 1773 le nombre de compagnies est relevé à 12. Une compagnie d'artillerie formée au début du siècle et reste en service jusqu'au départ des Espagnols de l'île. Deux compagnies de cavalerie existant en 1720 et postées au Nord et au Sud de la frontière avec la partie française de l'île. Elles sont composées de "patriciens" locaux. La milice de Saint-Domingue n'est pas stationnée à un endroit précis de l'île mais envoyée là où elles est nécessaire, avant la réforme de 1738 elle est très désorganisée, c'est la seule unité à autoriser les Noirs et les Indiens Taïnos de s'engager.

En 1757, les troupes du bataillon fixe se mutinent, se retranchent dans la cathédrale et menacent de tuer leurs officiers si leurs trois ans de salaires impayés ne leurs sont pas versés, l'archevêque négocie et trois mois de salaire leur sont versés par les caisses royales et le reste est demandé au Mexique, les mutins sont pardonnés.

En 1772, les deux compagnies de cavalerie assignées au contrôle de la frontière sont remplacées par trois compagnies du bataillon fixe, alternant tous les six mois avec trois autres des douze compagnies de la brigade. Une compagnie de guides connaissant parfaitement les lieux est créée, ils s'avèrent très utiles pour aider l'infanterie dans ce rôle de contrôle de la frontière.

L'Espagne réduit graduellement son intérêt dans l'île et réduit les effectifs, en 1795 la colonie est cédée à la France, l'armée de Toussaint Louverture ne prend possession du territoire qu'en 1801. En 1810 un bataillon auxiliaire de troupes de Saint-Domingue est créé par le vice-roi Francisco Javier de Lizana avec deux compagnies de fusiliers et une de grenadiers de 100 hommes chacune, dans le but d'empêcher toute tentative de Napoléon de reprendre le territoire.

Occupation haïtienne

Au moment de l'invasion haïtienne, le régiment "Cantabria" et la compagnie d'artillerie se replient en Nouvelle-Espagne alors que le bataillon fixe est emmené à Port-au-Prince et massacré sous les ordres de Boyer.

Les forces haïtiennes qui occupent le pays sont constituées de 11 régiments pour un total de hommes, mal pays et peu disciplinés. La zone est dirigée par le général de division Borgella et la garnison est commandée par le brigadier général Boregrand assisté par le général Jousint et ses 400 hommes à Samaná, un autre brigadier général à Seibo avec 100 hommes et 80 hommes à Bayaguana sous les ordres d'un colonel. Santiago est occupé par le général Alexandre Morissette et 200 hommes.

Première République Guerre d'indépendance

vignette|Drapeau de la Première République dominicaine. L'armée nationale est formée par la loi 928 du . Cette composante terrestre est définie par la constitution de 1844 comme étant l'Armée de terre de la , en pratique elle est née suite aux évènements du

Les premiers membres de cette armée proviennent des , et régiments haïtiens composés majoritairement de Dominicains, opérant à Saint-Domingue pour les deux premiers et à Santiago pour le troisième. Ils furent également rejoints par des membres de la garde civique. Le patricien Juan Pablo Duarte les rejoint, et y fait carrière, il est considéré comme un des pères fondateurs de la nation.

Les victoires aux batailles de et Santiago les et montrent l'aptitude militaire des Dominicains, conseillés par des experts d'autres nationalités, principalement des Français.

Le le régiment Dominicano et le régiment Ozama sont formés à Saint-Domingue, composés de vétérans de la dernière campagne et organisés en deux bataillons, escadron de cavalerie et un bataillon d'ouvriers de l'arsenal. Ils agissent en rotation avec les troupes de l'armée expéditionnaire du Sud du général de brigade et celles de la frontière Nord du général de division Francisco Antonio Salcedo.

D'autres unités locales sont aussi créées : À Baní, Le bataillon Ocoa, composé de vétérans de la région et organisé en deux compagnies de fusiliers, une de chasseurs et une de grenadiers. Quatre compagnies sont aussi formées dans la ville. À San Cristóbal Le bataillon Nigua. Le régiment de Seibano formé de troupes de El Seibo et Hato Mayor. À Higüey, un bataillon. À Samaná, une compagnie d'artillerie. À Neyba, neuf compagnies dont une d'artillerie. À Puerto Plata, un bataillon et une brigade d'artillerie. À Santiago de los Caballeros, le régiment et une compagnie d'artillerie. À Azua, le bataillon Azuano. À San Juan de la Maguana, les compagnies San Juan et Los Llanos À La Vega, un régiment d'infanterie, une brigade d'artillerie et un escadron de cavalerie.

L'armée expéditionnaire du Sud disposait aussi de 5 bataillons.

Le décret 61 du établit la composition des unités, leurs uniformes et les bannières, donne des instructions sur l'usage des armes pour l'armée et pour la garde civique. L'infanterie est organisée en régiments de deux bataillons eux même divisés en six compagnies de 63 hommes, l'état-major de chaque bataillon est composé de 4 hommes. L'artillerie est organisée en brigades et en demi-brigades composées de 4 et 2 compagnies de 53 hommes respectivement, les états-majors des brigades sont composés de 4 hommes et ceux des brigades de 8. La cavalerie est organisée en escadrons eux-mêmes composés de compagnies de 53 hommes, l'état-major est composé de 3 hommes.

Cette année, en 1845, les principaux officiers de l'armée dominicaine sont : Le général de division Pedro Santana, président de la république et chef suprême de l'armée Le brigadier général , secrétaire d'état au cabinet de guerre et de la marine Le général de division , commandant de la province de Santo Domingo Le général de division Francisco Antonio Salcedo, commandant de la province de Santiago et responsable de la frontière Nord Le brigadier-général , commandant de la province d'Azua et de l'armée expéditionnaire du Sud.

Durant la période de la Première République (de 1844 à 1861), l'armée s'organise et gagne en efficacité, ce qui lui permet de vaincre les Haïtiens pendant les 12 années de la guerre d'indépendance, avec 4 campagnes et plus de 15 batailles remportées, parfois en grande infériorité numérique comme à la .

L'armée dominicaine dispose alors d'une bonne structure logistique, d'une bureaucratie efficace, d'une justice militaire rigoureuse, de bonnes structures d'entrainement. Cette bonne organisation est liée aux influences espagnoles mais des équipements d'origines diverses : espagnoles, françaises et même nord-américaines. La plupart des soldats étant des paysans car durant les campagnes, les champs et élevages se retrouvaient abandonnés, ce qui menait à des très fortes baisses de production, un système de rotation est donc mis en place pour avoir en permanence du labeur dans les champs.

Par le décret 664 du , la première académie militaire est créée avec une capacité de 50 étudiants sur deux ans, cette initiative est abandonnée après la décision d'annexer le pays à l'Espagne. Suite à cette décision, l'armée est démembrée et devient une simple réserve locale de l'armée espagnole, de nombreux soldats et officiers sont remerciés.

Armée de restauration

vignette|200px|Le jeune général Gregorio Luperón qui lança la rébellion visant à rétablir la souveraineté dominicaine.

Nombre de ces officiers et soldats licenciés par l'Espagne rejoignent les insurgés durant la guerre de Restauration, ce qui permet à ces insurgés d'avoir un bon commandement et des troupes expérimentées. Les deux armées, loyaliste et insurgée se combattent alors avec des doctrines similaires.

Le major-général Primo de Rivera commande les renforts espagnols avec le colonel Ferrer Mora comme chef d'état-major, il dirige une armée de ~ hommes et de 18 cannons.

Deuxième République Après la victoire des Indépendantistes en 1865 une seconde république est mise en place, et l'armée est renforcée par les gouvernements de Buenaventura Báez et de Ulises Heureaux pour stabiliser le pays et rester au pouvoir.

Le , juste après la restauration de la république, l'armée dominicaine est organisée comme suit :

Le général en chef de l'Armée est le président de la République L'état-major du président de la République est composé d'un chef d'état-major, d'un chef d'état-major adjoint, un commandant, deux capitaines, deux lieutenants et quatre sous-lieutenants ainsi que 6 guides. Un inspecteur général des armées et deux assistants. Deux généraux en chef des frontières avec deux assistants chacun. Cinq commandants en chef de province (Santo Domingo, Azua, Santiago, La Vega et El Seibo). Trente-quatre commandants pour les communes. Les arsenaux sont dirigés par un Directeur général responsable du parc, un chef de la sécurité, un chef des ouvriers, un lieutenant-secrétaire et 20 ouvriers. Sept commissaires organisateurs (Santo Domingo, La Vega, Puerto Plata, Santiago, Samaná, Azua, El Seibo) et sept secrétaires. Un corps de santé militaire et un hôpital militaire Deux bataillons d'infanterie (Le bataillon d'infanterie légère Ozama et le battalion de restauration Cazadores) chacun composé d'un colonel, 2 commandants, un adjudant-chef, un sous-lieutenant porte-étendard, 4 sergents joueurs de clairon, 6 capitaines, 6 lieutenants, 6 sous-lieutenants, 30 sergents, 12 joueurs de clairon, 24 caporaux et 300 soldats. Une brigade d'artillerie composée d'un colonel, deux commandants, un adjudant-chef, un sous-lieutenant porte-étendard, un sergent-major joueur de tambour, un officier instructeur, 4 capitaines, 4 lieutenants, 4 sous-lieutenants, 20 sergents, 4 joueurs de clairon, 32 caporaux et 200 artilleurs. L'armée auxiliaire : Un général en chef de l'armée auxiliaire, un secrétaire et 690 hommes distribués dans les différentes bases militaires et postes de commandement et assistant le reste de l'armée.

Le général Ignacio María González organise de nouveau l'armée, par le décret 1358 de 1874 il crée :