Le bataillon français de l'ONU (BF/ONU) fut un bataillon d'infanterie formé de militaires volontaires de l'armée française et de l'Union française issus de toutes les armes et des réserves qui intervint pendant la guerre de Corée (1950-1953).
Il est la principale composante des forces françaises dans la guerre de Corée.
Il fut envoyé par le gouvernement pour représenter la France dans les forces terrestres multinationales (constituées de contingents d'une vingtaine de pays, dont une grande partie en provenance des États-Unis) mandatées par le Conseil de sécurité des Nations unies dans sa résolution 83 du .
Historique vignette|Baraquement du bataillon français de l'ONU.
Le , le gouvernement dirigé par René Pléven, pendant la présidence de Vincent Auriol, organise la formation d'un bataillon formé de volontaires issus de régiments métropolitains, d'outre mer et des réserves dont le premier élément sera créé au camp d’Auvours (Sarthe) en , accueillant depuis le le régiment d'infanterie de marine. Le bataillon embarqua à Marseille le et débarqua à Fusan (Pusan) le pour être intégré au 23rd Infantry Regiment de la Second (Indianhead) Infantry Division des États-Unis.
Ses hommes étaient organisés en une compagnie de commandement, trois compagnies de combat et une compagnie de blindés. Les compagnies de combat étaient divisées en trois sections, chacune disposant d’une mitrailleuse de calibre .50 BMG et de trois mitrailleuses automatiques Browning, ainsi que d’une section de soutien munie de deux mortiers de et de deux canons sans recul de . La compagnie de blindés était composée d’une section de combat dotée de huit mitrailleuses de calibre et d’une autre section de combat dotée de quatre canons sans recul de . Une unité de remplacement forte de quatre cents hommes venait compléter ce déploiement.
Ses compagnies se composaient de profils particuliers : la première accueillait principalement des vétérans des troupes coloniales, la deuxième des vétérans de l’infanterie métropolitaine et la troisième, des parachutistes et d’anciens légionnaires. Des artilleurs et des spécialistes formèrent la compagnie de commandement, et la compagnie de blindés attira des recrues aux compétences particulières. La composition différente des compagnies apporta un motif de compétition entre elles, ce qui incita les soldats à se dépasser Le rôle du « bataillon de Corée » dans la guerre de Corée, Kenneth Hamburger ; Erwan Bergot, Bataillon de Corée, les volontaires français 1950-1953..
Afin d'adapter ses effectifs au format américain de Regimental combat team qui est celui du Régiment d'infanterie US, dans lequel il est intégré, le bataillon français créera une compagnie mixte comprenant des soldats coréens ROK (Republic of Korea) avec un encadrement français.
Il fut de tous les principaux combats jusqu'à la fin des hostilités, de leur baptême du feu à Wonju aux batailles de Twin Tunnels, Chipyong-ni et bataille de Crèvecœur (Battle of Heartbreak Ridge).
Le bataillon français de l'ONU a perdu au combat 269 volontaires français et 18 Coréens intégrés au bataillon tuésPlaque commémorative du bataillon de Corée qui se trouve au d'infanterie de marine à Auvours, photo prise le 16/05/2009 aux portes ouvertes du régiment., blessés (dont certains à plusieurs reprises), 12 prisonniers de guerre et 7 portés disparus.
Au total, Français se sont succédé dans les rangs du BF/ONU.
Le l'armistice est signé à Panmunjon.
Le , le bataillon français quitte les forces de l'ONU et embarque à Incheon pour l'Indochine.
Principaux combats vignette|Deux militaires français sur le champ de bataille. Situation militaire antérieure
Le , les Forces armées de la Corée du Nord (In min gun), puissamment armées, envahissent sans préavis le territoire de la Corée du Sud. C'est le début de la guerre de Corée.
Devant la supériorité écrasante de l'adversaire, les Forces armées de la république de Corée - baptisée ROK (Republic Of Korea) - dépourvus de moyens lourds et de blindés, perdent le combat.
Le 26, le Conseil de sécurité de l'ONU réuni en toute hâte prend une résolution appelant ses membres à fournir « toute l'assistance qui s'avèrera nécessaire » à la Corée du Sud.
Le les premiers éléments de la Division américaine stationnée au Japon débarquent en Corée. D'autres troupes alliées commencent à arriver. Mais les forces communistes du Nord continuent à déferler, écrasant tout ce qui offre une résistance organisée.
Début août, le blocus naval de la Corée est total.
L'aviation alliée embarquée ou opérant depuis le Japon a déjà effectué plus de missions de bombardement ou de soutien. Le front se stabilise enfin sur un périmètre de 160 sur accroché dans une boucle du fleuve Nakdong : le « périmètre de Pusan », autour de ce grand port du sud par où se déversent continuellement troupes et matériels.
Le , le plan 100, ou opération Chromite, imaginé par le général Douglas Mac Arthur, est déclenché : une impressionnante force amphibie débarque à Inchon, près de Séoul, plus au Nord, coupant les lignes de ravitaillement des forces communistes.
Les troupes de l'ONU passent à la contre-offensive. C'est la remontée vers le Nord. En deux semaines, les troupes de l'ONU et les ROKs s'emparent de Suwon et du terrain d'aviation de Gimpo.
Le fleuve Han est franchi et Séoul reconquise le . Les armées du Nord refluent en masse.
Le , l'ONU donne son accord tacite pour une mission vers le Nord.
Le la Division américaine, arrivée en Corée depuis le , franchit le 38e parallèle nord et entre à Pyongyang.
Le , une seconde force amphibie débarque à Wonsan sur la côte Est, où les ROKs l'ont précédée dans leur rapide avancée.
Fin octobre, les services de renseignements alliés savaient que l'Armée populaire de libération chinoise avait déjà amassé soldats à la frontière en vue de venir soutenir l'armée de Corée du Nord.
L'ONU interdira toute intervention aérienne sur le sanctuaire mandchou en territoire chinois. Le , l'ensemble des forces alliées progresse sur trois axes en direction du Yalu et font pression aux frontières mandchoues et soviétiques.
Dans la nuit du 24 au , combattants chinois attaquent violemment le corps d'armée des États-Unis à l'ouest et les forces ROKs et des Nations unies à l'est. Plus de combattants des Nations unies refluent vers le Sud en direction des ports de Wonsan et de Hungnam d'où ils seront évacués par l'US Navy. Séoul retombera aux mains des communistes fin décembre.
Le BF/ONU arrive
C'est dans ces conditions que, arrivé le à Pusan, le bataillon Français de l'ONU rejoint ses cantonnements à Daegu pour une période d'entraînement et d'instruction d'un mois et recevoir ses équipements. Intégré le au 23rd Infantry regiment US, qui fait partie de la Division d'infanterie US, il est engagé dans les violents combats en cours dans cette guerre de mouvement le . : à Wonju, le BF/ONU reçoit mission de couvrir le flanc de la Division en retraite. Cinq jours de combats ininterrompus allant jusqu'au corps à corps, les armes étant gelées. et : encerclés à Twin tunnels, le du RI US et le BF/ONU résistent victorieusement à la Division chinoise. Ce fait d'armes vaut au BF/ONU sa première Citation présidentielle américaine. 3 au : le RI US (dont le BF/ONU) s'empare de Chipyong-ni à plus de en avant des points de résistance de la Armée et, après trois jours d'encerclement (13 au ), permet la relance d'une contre-offensive. Ce nouveau fait d'armes vaut au bataillon français sa première citation à l'Ordre de l'armée française et sa deuxième Citation présidentielle américaine. 3 au : la prise de la cote 1037 par le BF/ONU ouvre la route d'Honchon et de Chuchon à la DI dans le cadre de l'offensive alliée d'hiver. : le BF/ONU franchit à son tour le et, le 8, arrive le premier aux réservoirs de Hwachon. 16 au : la Division d'infanterie parvient à briser l'offensive chinoise de printemps grâce en partie au sacrifice de la Section « Pionniers » du BF/ONU qui y gagne sa deuxième citation à l'Ordre de l'armée française. Passant à la contre attaque le RI franchit à nouveau le et le BF/ONU entre le premier à Inje. Ces actions successives valent au bataillon français sa troisième citation à l'Ordre de l'armée française et Citation présidentielle américaine. Octobre 1951 : après 3 semaines de combats, le RI s'empare au lance-flammes des avancées de la cote 851. À l'aube du , le dernier piton, Crève-cœur (Heartbreak ridge), tombe aux mains de la du bataillon français (le film documentaire Crèvecœur, sorti en 1955, est basé sur ces évènements). Le commandant de la compagnie, le capitaine Robert Goupil était mort au combat fin septembre. Consécutivement à l'ouverture des négociations d'armistice à Gaeseong, la guerre de mouvement se transforme en guerre de position. Le BF/ONU continue de prendre part à toutes les actions menées par la DI. Il est en ligne dans le secteur du Triangle de fer tenu par les troupes des Nations unies tandis que Pyongyang est revenu aux mains des communistes. Hiver 1951 - 1952 : le BF/ONU tient position à Gumhwa. Juillet - : sur White Horse et à T-Bone - Arrow Head, le RI est au centre face à une puissante attaque chinoise en direction de Séoul qui échouera. Plus de obus tirés par les automoteurs chinois tomberont en 24 heures rien que sur les positions tenues par les Français. Aux avant-postes, la section de pionniers, submergée et à court de munitions, se battra au corps à corps à coup de pelles. Contrevenant aux consignes, la section d'armes lourdes du BF/ONU se portera spontanément en appui décisif sur son flanc droit au bénéfice du Régiment de la Division d'infanterie coréenne en grande difficulté. Fait exceptionnel, le lieutenant « désobéissant » commandant ladite section d'armes lourdes, se verra, pour son action en faveur des Coréens, décerner la haute décoration « Ordre de mérite militaire HWARANG avec étoile d'argent » sur ordre du président de la république de Corée.
Ces actions vaudront au BF/ONU sa quatrième citation à l'ordre de l'armée française. Janvier 1953, le bataillon est à Songgok Juin 1953, le bataillon tient le secteur de Chumgasan à l'ouest de Gumhwa.
thumb|Cérémonie militaire franco-coréenne en commémoration de la bataille de Jipyeong-ri le 26 mai 2010. Décorations Le bataillon français de l'ONU en Corée 1950 - 1953 a obtenu : 4 citations à l'ordre de l'Armée française 3 citations présidentielles américaines 2 citations présidentielles de la république de Corée citations individuelles
Commandants de l'unité Général de corps d'armée Ralph Monclar (officiellement comme lieutenant-colonel) Lieutenant-colonel Francois Borreill Lieutenant-colonel de Germiny
Mémoire Monuments et rues Dans le de Paris, une place, la place du Bataillon-Français-de-l'ONU-en-Corée, et un monument dans le square attenant, perpétuent la souvenir de cette unité« Jardin du bataillon de l'ONU », sur paris.fr..
À Rezé (dans la banlieue nantaise), un rond-point rappelle aussi cette unité.
Un mémorial, dédié aux guerres d’Indochine et de Corée a été inauguré en 2001Le mémorial a été inauguré en 2001. dans la commune morbihannaise de Lauzach. Le mémorial possède une stèle à la mémoire des 9 morbihannais morts en Corée Le mémorial Indochine et Corée..
Un monument lui est dédié au camp d’Auvours près de la salle d’honneur du d'infanterie de marine.
Une plaque est apposée sous l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris le , elle est la seule dédiée à une unité spécifique à cet endroit.
Cimetière militaire des Nations unies Dans le carré français du cimetière du mémorial des Nations Unies en Corée (재한유엔기념공원), à Busan (Corée du Sud), reposent 44 soldats français.
Associations En France, la mémoire est perpétuée par deux Associations :