Patrizio Di Massimo, né en 1983 à Jesi dans les Marches, est un artiste contemporain italien vivant et travaillant à Londres. Reconnu comme l'un des peintres figuratifs italiens de la scène artistique contemporaine, il est connu pour ses autoportraits et ses portraits de proches, mêlant références à l'histoire de l'art européen, culture populaire et introspection personnelle.
Biographie
Formation
Patrizio Di Massimo naît en 1983 à Jesi, ville de la région des Marches en Italie. Il entreprend des études artistiques à l'Académie des beaux-arts de Brera à Milan entre 2003 et 2007. Durant cette période, il délaisse temporairement la peinture pour explorer d'autres médiums.
Il poursuit sa formation à Londres, où il obtient un à la Slade School of Fine Art en 2009. Il bénéficie également de résidences artistiques, notamment à De Ateliers à Amsterdam et à la Pinakothek der Moderne de Munich (Kunstzeitraum).
Carrière
Sa carrière internationale débute en 2009 avec sa première exposition personnelle institutionnelle à la Whitechapel Gallery de Londres, dans le cadre du programme . Il y présente , une œuvre vidéo explorant la colonisation italienne de la Libye, mêlant images documentaires d'archives et séquences tournées dans la Tripoli contemporaine.
En 2010-2011, il participe à l'exposition au Stedelijk Museum Bureau de Amsterdam, premier volet du interrogeant l'art contemporain à travers le prisme du postcolonialisme.
En 2012, il est sélectionné comme finaliste du au MAXXI de Rome, aux côtés de Giorgio Andreotta Calò, Adrian Paci et Luca Trevisani.
Le projet (2012-2013) marque un tournant dans sa pratique. Initié à la Villa Médicis de Rome puis présenté à Gasworks à Londres, ce cycle d'œuvres s'inspire d'un roman épistolaire érotique anonyme publié en 1828. À travers peintures, dessins, sculptures et papiers peints, Di Massimo interroge de manière critique les attitudes orientalistes et les stéréotypes de l'époque victorienne.
En 2021, le Castello di Rivoli Museo d'Arte Contemporanea lui commande , un cycle pictural site-specific pour la reliant le centre historique de Rivoli au château. Ce projet, réalisé en collaboration avec les étudiants de l'Académie Albertina, constitue l'une des commandes publiques de sa carrière.
En 2023, une rétrospective intitulée (2013-2023) est organisée aux Musei Civici di Palazzo Pianetti et à la Fondazione Cassa di Risparmio de Jesi, sa ville natale. Une monographie accompagne l'exposition, avec des textes de Barbara Casavecchia, Ludovico Pratesi et Massimo Vitangeli.
En 2025, il présente à l'Estorick Collection of Modern Italian Art de Londres, une intervention dialoguant avec la collection permanente du musée, ainsi que à la Galleria Gió Marconi de Milan.
Œuvre
Style et technique
Après avoir expérimenté la performance, la vidéo et l'installation durant ses années de formation, Di Massimo se consacre exclusivement à la peinture à partir du début des années 2010. Il développe une technique picturale utilisant le gesso non absorbant pour préparer ses toiles, appliquant des couleurs chaudes ou froides selon les besoins compositionnels. Il emploie notamment la technique du glacis.
Son esthétique mêle figuration et références à l'histoire de l'art italienne, notamment les tonalités baroques et le portrait dramatique. Ses influences déclarées vont de la Renaissance au Maniérisme, des artistes français du à la photographie contemporaine, en passant par Otto Dix et Walt Disney.
Thématiques
Le portrait et l'autoportrait constituent les sujets centraux de son œuvre. L'artiste se représente lui-même ainsi que son épouse, la curatrice Nicoletta Lambertucci, dans des mises en scène théâtrales.
Ses tableaux explorent l'intersection entre fantasme et réalité, entre identité personnelle et collective. Les thèmes de l'intimité, du désir, du pouvoir et de la masculinité traversent son œuvre. Il représente souvent ses sujets dans des situations de violence, d'intimité ou d'abondance, voilées de mystère.
L'artiste accorde une importance aux éléments décoratifs — coussins, rideaux, drapés — qui ne relèvent pas du simple ornement mais portent une signification sémiotique et spirituelle. Cette attention au pli fait écho à l'esthétique baroque, telle qu'analysée par Gilles Deleuze.
Processus créatif
Le processus créatif de Di Massimo comporte une dimension performative. Il organise des séances de pose photographiques avec ses proches, orchestrant chaque détail pour obtenir l'image désirée. Plusieurs essais sont souvent nécessaires avant d'atteindre le résultat souhaité, dans une action performative pouvant durer plusieurs heures.
Réception critique
La critique a souligné la « clarté picturale » de Di Massimo, décrite comme « une loupe capable de regarder dans les plis de la réalité ». Le critique d'ArtReview compare ses peintures à l'huile à des « machines bien huilées de jeu conceptuel », évoquant la commedia dell'arte italienne. Cette théâtralité assumée, où la libido apparaît comme une « prima donna », révèle les implications sadomasochistes de toutes les relations humaines.
Le projet a suscité des interrogations critiques sur l'ambiguïté de sa démarche. Frieze questionne ainsi : « L'utilisation de tissus et d'ameublement réduit-elle le harem à un scénario essentiellement domestique [...] éludant avec désinvolture ses répressions, son sexisme misérable ? Les lignes confiantes et souples des dessins et peintures de Di Massimo sont-elles trop ludiques, trop faciles, pour contenir un sujet aussi dense ? ». Cette tension entre séduction visuelle et charge critique constitue l'un des enjeux de son travail.
À propos de son exposition à la Galleria Gió Marconi de Milan en 2025, la critique note le contraste entre ses « images soignées et détaillées de personnes réelles soigneusement posées » et les œuvres plus troublantes de la collection permanente qui les entourent.
Expositions personnelles (sélection)
2025 : , Estorick Collection of Modern Italian Art, Londres. 2025 : , Galleria Gió Marconi, Milan. 2023 : (2013-2023), Musei Civici di Palazzo Pianetti et Fondazione Cassa di Risparmio, Jesi. 2023 : , ChertLüdde, Berlin. 2021 : , Castello di Rivoli, Rivoli-Turin. 2021 : , François Ghebaly, Los Angeles. 2019 : KURA, Fonderia Artistica Battaglia, Milan. 2019 : Palazzo Ducale, Gallerie Nazionali delle Marche, Urbino. 2014 : , Kunsthalle Lissabon, Lisbonne. 2013 : , Gasworks, Londres. 2012 : , Stedelijk Museum, Amsterdam. 2012 : , Villa Médicis, Rome. 2009 : , Whitechapel Gallery, Londres.
Expositions collectives (sélection)
2023 : , Triennale Milano. 2018 : EVA International, Limerick. 2017 : , Pirelli HangarBicocca, Milan. 2015 : Triennale de Milan. 2014 : M HKA, Anvers. 2013 : Fondazione Sandretto Re Rebaudengo, Turin. 2012 : , MAXXI, Rome. 2010-2011 : , Stedelijk Museum Bureau Amsterdam.
Collections publiques
Les œuvres de Patrizio Di Massimo figurent dans plusieurs collections publiques internationales, notamment celle du Centre Pompidou à Paris.
Publications
(2013-2023), Quodlibet, 2023. Textes de Barbara Casavecchia, Patrizio di Massimo, Ludovico Pratesi, Massimo Vitangeli.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste de peintres italiens Peinture figurative Art contemporain
Liens externes
Fiche artiste sur le site du Centre Pompidou
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