Eros Vecchi, né en 1902 à Mirandola et mort en 1941 à Keren en Érythrée, est un militant communiste italien.
Biographie
Militant communiste Fils de l’anarcho-syndicaliste Nicola Vecchi, Eros s’enrôle en 1919 comme légionnaire fiumains puis adhère en 1920 au Parti socialiste italien (PSI). Après la scission de Livourne, il rejoint le Parti communiste italien (PCI) puis, en 1922, s’expatrie en Russie, où il étudie jusqu’à devenir général de l’État-major de l’Armée rouge.
En 1927, il se transfère à Berlin, où il travaille comme traducteur pour le PCD’I. Il part ensuite vivre à Paris, où le Parti communiste lui confie la tâche de collaborer avec Alfonso Leonetti au sein de la section des relations internationales. Enfin, il s’installe en Belgique, où il est détenu pendant deux mois et expulsé en . Eros Vecchi travaille alors au centre communiste de Bâle, en Suisse, et au début de 1930, le Parti l’envoie en Italie comme responsable pour la Lombardie dans le cadre de la reconstitution du PCD’I à l’intérieur du pays.
Espion fasciste en France Au cours de l’été 1930, Vecchi change brusquement d’attitude et facilite l’arrestation de Camilla Ravera (le 9 ou le ) et de Bruno Tosin le à Arona, sur les rives du lac Majeur. Bien que n'ayant pas dénoncé Ravera et Tosin, Vecchi reconnaît avoir cédé, fin juillet, aux propositions de l’inspecteur Nudi et commencé à collaborer avec la police fasciste qui l'envoie à Paris comme informateur. vignette|377x377px|Eros Vecchi dans Le Populaire. En 1930, on dévoile sa couverture et, à Sartrouville, trois militants communistes galiciens tentent de le faire avouer et de le tuer, mais Vecchi survit. La police ayant ouvert une enquête, celle-ci découvre la véritable identité de Vecchi qui, selon Italia : bulletin d'information édité par la Concentration antifasciste, « appartenait au parti communiste sous le faux nom de Comino » et avait « même collaboré à la rédaction des journaux communistes Il Riscatto et La Vie prolétarienne, où il avait mené des campagnes violentes d'injures et de diffamations qui ont été, parfois, reproduites par les journaux fascistes ». Dans un article du Populaire intitulé « Provocateur et espion : voilà ce qu'était Vecchi», le rédacteur le décrit comme le « fils d'un traître très connu de la classe ouvrière, l'ex-organisateur syndicaliste Vecchi, passé au fascisme ».
Considéré désormais comme inutile par la police fasciste, Eros Vecchi s’installe au Luxembourg en 1931, puis à Francfort, où il monte une activité commerciale avec son père et collabore avec l'OVRA. Expulsé en 1932, il se rend ensuite en Allemagne. Au début de 1933, il revient en Belgique, mais en mai il est découvert et arrêté. Une fois libéré, au début de juin, il décide de retourner en Italie ; il est à nouveau arrêté et jugé par le Tribunal Speciale.
Fin de vie À partir de , Vecchi vit entre Mirandola et le Luxembourg sous la surveillance de Nudi et du même tribunal. En , il s’engage dans l'armée pour combattre en Éthiopie aux côtés de son père et de ses deux frères. À la fin de 1936, Vecchi obtient la carte du Parti national fasciste (PNF) et reste travailler en Érythrée jusqu’à sa mort.
Notes et références
Bibliographie Steven Forti, El peso de la nación : Nicola Bombacci, Paul Marion y Óscar Pérez Solís en la Europa de entreguerras, Universidade de Santiago de Compostela, 2014, p.22-23.
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