Karin Hausen, née le à Hambourg, est une historienne allemande. Elle est considérée comme l'une des pionnières de l'histoire des femmes et de l'histoire du genre.
Biographie Karin Hausen nait le 18 mars 1938, de parents qui n'ont pas pu faire d'études. Souhaitant d'abord étudier l'allemand et la biologie, elle réalise que cette combinaison est peu cohérente et se rabat sur l'histoire et l'allemand. Elle étudie l'histoire, la germanistique et la sociologie aux universités de Berlin, Marbourg, Münster, Paris et Tübingen.
À Marbourg, elle est témoin de biais misogynes envers les étudiantes, où elles ne sont pas prises au sérieux pendant les cours et sont prises à partie par les Burschenschaft ; cette expérience contraste fortement avec son passage dans un lycée pour filles. Lors de son semestre d'études à Paris, elle évolue dans un environnement cosmopolite avec de nombreux étudiants venus des anciennes colonies françaises et d'Amérique latine ; elle y découvre pour la première fois une critique de l'impérialisme américain.
En 1969, elle obtient son doctorat sous la direction de Gerhard A. Ritter à l'Université libre de Berlin.. Elle choisit de porter ses recherches de thèse sur le colonialisme allemand, notamment pour avoir la possibilité de se rendre en Afrique. Une longue hépatite l'empêche toutefois de se rendre au Cameroun et elle effectue son travail à partir de fonds en Allemagne.
De 1978 à 1995, elle est professeure d'histoire économique et sociale à l'Institut d'études historiques de l'Université technique de Berlin. Elle y fonde avec , et la , en 1995, le Centre d'études interdisciplinaires sur les femmes et le genre (ZIFG). Elle le dirige en tant que professeure d'études interdisciplinaires sur les femmes et le genre de 1995 à sa retraite en 2003.
Travaux Karin Hausen est une pionnière de l'histoire des femmes et du genre dans les pays germanophones. Ses travaux portent également sur l'histoire coloniale et l'histoire des techniques.
Les travaux de Karin Hausen portent initialement sur l'histoire de la famille et sur le partage des tâches du travail domestique. Son article publié en 1976, « Die Polarisierung der «Geschlechtercharaktere» – Eine Spiegelung der Dissoziation von Erwerbs- und Familienleben » (La polarisation des caractères attribués au genre reflétant la dissociation entre la vie professionnelle et la vie familiale) est un classique de la théorie féministe. Cet article est inspiré par la critique étudiante des institutions familiales. Elle passe d'une focalisation sur l'histoire de la famille à l'histoire des femmes suite à la lecture des travaux de Gerda Lerner et Michelle Perrot ainsi qu' à l'écoute des étudiantes féministes de son campus.
Elle travail sur l'histoire du quotidien, que ce soit dans ses objets comme la machine à coudre et la machine à laver, ou de commémorations comme la fête des mères ou la Volkstrauertag afin de montrer comment l'évolution de ces tâches ou évènements s'inscrit dans des transformations sociales plus larges.
En 1979, elle coécrit avec un livre sur la commune de Paris.
En 1986, elle assiste à une conférence de Helga Nowotny intitulée Wie männlich ist die Wissenschaft ? (À quel point la recherche est-elle masculine ?) qui s'attire des critiques de la presse, notamment du Der Tagesspiegel qui juge le sujet inepte. Hausen décide de contrattaquer en réalisant avec Nowotny un colloque entier sur le sujet, où les hommes sont pour une fois en minorité et les femmes majoritaires et publie un livre qui reprend les communications du colloque ; celui-ci rencontre un succès massif.
Avec Gisela Bock et Heide Wunder, elle fonde la collection « Geschichte und Geschlechter (Histoire et Genre) » aux éditions Campus Verlag et le Groupe de travail sur les études historiques des femmes en 1992. De 1995 à 2012, elle est co-rédactrice de L’Homme. Europäische Zeitschrift für Feministische Geschichtswissenschaft (« Revue européenne de l'histoire du féminisme »)Ehemalige Herausgeberinnen von „L'Homme Z.F.G.“ seit 1990. et elle est membre du comité consultatif de la revue Feministische Studien (Revue « Etudes féministes »).
Militantisme Lorsqu'elle étudie à Berlin-Ouest, elle participe aux manifestations du 1er mai devant le Reichstag pour la liberté de la ville. Lors de son semestre d'étude à l'automne 1961 à Paris, elle participe à un rassemblement à la Mutualité en protestation au massacre de manifestants algériens par la police du 17 octobre 1961, elle découvre comment l'engagement militant en France n'est alors pas incompatible avec une carrière universitaire, comme elle a pu le constater en Allemagne.
En 1962, elle participe à une campagne visant l'organisation d'un vote permettant de destituer un délégué de l' en raison de son appartenance à une Burschenschaf.
Vie privée Karin Hausen a une fille née en 1973.
Prix et distinctions
1998 : Prix des femmes de Berlin 2002 : Croix du Mérite de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne 2012 : Prix Robert René Kuczynski 2016 : Les sages de la ville de Berlin 2017 : Médaille Louise Schroeder Berlin 2021 : En reconnaissance de ses réalisations en tant que scientifique et chercheuse, un panneau d'exposition lui est dédié dans le cadre de l'exposition « Berlin – Hauptstadt der Wissenschaftlerinnen » pendant l'année où Berlin était Ville de la connaissance 2021.
Bibliographie
Notes et références
Liens externes
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