La chapelle Champlain est un édifice religieux aujourd’hui disparu de la ville de Québec. Reconstruite après l’incendie de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance survenu le .Annales manuscrites de l’Hôtel-Dieu de Québec (HDQ-F1-A5,1/1:1), volume 1, feuillet 14., elle a abrité les restes de Samuel de Champlain, fondateur de Québec et père de la Nouvelle-France, de 1640-1641.. à son démantèlement survenu entre 1661 et 1673 selon certaines sources., et aussi tardivement que 1682 selon d’autres sources.

La chapelle n’est mentionnée qu’à quatre reprises dans les sources du Les quatre mentions du :

 Catalogue des Chestiens & Catholiques trepassés, et enterrés au Cemetiere de Québec (21 mai 1641) : Lors de l’enterrement de François Derré de Gand, commis général de la compagnie des Cent-Associés, dans la chapelle auprès de Champlain. FamilySearch, Canada, Québec, Québec, Notre-Dame-de-Québec, registres paroissiaux catholiques Baptêmes, mariages, sépultures) 1621-1679, Microfilm , image 217 sur 512. Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle France, Relation de 1643, : À propos du décès survenu le 22 octobre 1642 du père Charles Raymbault et son enterrement dans la chapelle auprès de Champlain. « Document d’Ailleboust » (10 février 1649) : Document dans lequel le gouverneur de la Nouvelle-France Louis d'Ailleboust se réserve un terrain qu’on dit situé « contre la chapelle ». Musée de la civilisation, Collection du Séminaire de Québec, Fonds Georges Barthélemi Faribault, « Louis d’Ailleboust, gouverneur, réserve un emplacement près de la chapelle de Champlain », P29-Fonds Georges-Barthélémi Faribault / Documents Faribault, .  « Concession du 15 juillet 1661 par la Fabrique de l’église Notre-Dame de Québec d’un terrain de 12 perches et demie de superficie, près de l’église, à Mathieu Huboust de Longchamps » (15 juillet 1661) : Un terrain concédé par la fabrique Notre-Dame-de-Québec dont l'un des côtés fait face à la chapelle. HDQ-F1-K4,1/1:5, Fonds Monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec., et de nombreux doutes subsistent quant à l’emplacement précis où elle a été érigée. Tombée dans l’oubli pendant près de deux siècles, son existence suscite un regain d’intérêt au milieu du à la suite de la redécouverte de documents d’archives et de la mise au jour de vestiges archéologiques., donnant lieu à une controverse historiographique connue sous le nom de « querelle des antiquaires »...

Depuis le , plusieurs chercheurs ont entrepris des recherches documentaires et archéologiques, principalement en Haute-Ville de QuébecPaul Bouchart d'Orval, Le Mystère du tombeau de Champlain, Québec, Société nationale Samuel de Champlain, 1951.. Si certaines hypothèses ont donné lieu à des identifications et à des initiatives commémorativesInitiatives commémoratives : Notamment la plaque apposée en 1958 par la Commission des monuments et sites historiques ou artistiques sur les murs des 11 et 11½ de la rue De Buade., aucune n’a fait l’objet d’un consensus durable permettant d’établir avec certitude la localisation de la chapelle ni celle du tombeau de Champlain et de ses restes..

Contexte historique Durant la première moitié du , la ville de Québec constitue un établissement colonial et commercial encore peu développé sur les plans urbain et institutionnel.. Fondée en 1608Samuel de Champlain, Les Voyages du sieur de Champlain, Paris, Jean Berjon, 1613. , la colonie est administrée à partir de 1627 par la Compagnie des Cent-Associés« Acte pour l’établissement de la Compagnie des Cent-Associés pour le commerce du Canada contenant les articles accordés à la dite compagnie par M. le Cardinal de Richelieu », Article 3, 29 avril 1627, Edits, ordonnances, déclarations et arrêts relatifs à la tenure seigneuriale demandés par une adresse de l'Assemblée législative, Québec, E. R. Fréchette, 1852, , https://www.canadiana.ca/view/oocihm.61642/11., dans un contexte marqué par une faible population et des structures administratives en cours d’organisation, au sein desquelles les autorités religieuses occupent une place importante..

À partir de 1634, la vie religieuse de Québec s’organise principalement autour de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance, desservie par les jésuites, qui devient le principal lieu de culte et un centre missionnaire pour les habitants de la ville naissante., dont les infrastructures religieuses demeurent toutefois modestes et remplissent souvent des fonctions multiples, à la fois liturgiques, communautaires et funéraires.. Samuel de Champlain sera lui-même inhumé dans cette église, après son décès en ., avant que l’édifice ne soit la proie des flammes le .

Ériger des chapelles annexes ou des constructions attenantes aux églises correspond aux pratiques en usage en Nouvelle-France, adaptées des traditions européennes, et l’existence de la chapelle Champlain s’inscrit dans ce cadre institutionnel et religieux propre à Québec au ..

Fondation et construction La chapelle Champlain trouve son origine dans les événements survenus à la suite du décès de Samuel de Champlain, le à Québec. Les sources contemporaines indiquent que ce dernier est alors inhumé dans une chapelle associée à l’église Notre-Dame-de-Recouvrance.. Cette première chapelle ne semble toutefois pas constituer un bâtiment distinct et clairement individualisé dans la documentation du .

Le , un incendie détruit l’église Notre-Dame-de-Recouvrance ainsi que la résidence des jésuites qui leur servait aussi de magasin. Cet événement entraîne la perte de nombreux biens matériels, mais il semble que les restes de Champlain aient été épargnés. À la suite de ce sinistre, le gouverneur Charles Huault de Montmagny fera ériger une chapelle funéraire distincte destinée à abriter la sépulture du fondateur de la ville. Ce nouvel édifice, désormais désigné sous le nom de « chapelle Champlain » dans les documents officiels est achevé vers 1641-1642, marquant ainsi une volonté claire d’individualiser le lieu de mémoire dédié à Champlain.

Les documents du mentionnant la chapelle sont peu nombreux et ne fournissent que des indications limitées sur ses caractéristiques architecturales. Aucun plan, aucune description détaillée ni aucune mention explicite des matériaux ou des dimensions de l’édifice ne sont parvenus jusqu’à nous. Il est cependant plausible d’imaginer que la chapelle devait constituer une construction modeste, adaptée aux ressources et aux contraintes de la jeune colonie..

La chapelle Champlain demeurera en usage pendant quelques décennies, abritant les restes mortels de Samuel de Champlain, puis ceux de François Derré de Gand et du père Charles Raymbault décédés par la suite.. Elle subsistera jusqu’à son démantèlement, survenu entre 1661 et 1682, dans un contexte de transformation du tissu urbain et religieux de Québec. Les circonstances précises de ce démantèlement ne sont pas documentées dans les sources de l’époque, ce qui contribue aux incertitudes entourant l’histoire matérielle de l’édifice>.

Localisation générale La localisation exacte de la chapelle Champlain n’est pas connue avec certitude. Les sources du qui attestent de l’existence de cette chapelle ne fournissent aucune indication claire permettant de la situer dans l’espace urbain de Québec de manière définitive. Cette absence de données probantes explique en grande partie les débats historiographiques ultérieurs sur l’endroit précis où a pu être érigé cet édifice.

Les chercheurs s’accordent généralement pour le situer à proximité de l’église Notre-Dame-de-Recouvrance, principal lieu de culte de la colonie à partir de 1634, à laquelle il était vraisemblablement associé.

À partir du , les recherches érudites fondées sur l’étude des archives ont conduit plusieurs auteurs à proposer une localisation générale de la chapelle dans le secteur de la Haute-Ville.. Ces hypothèses reposent principalement sur l’analyse de documents fonciers, de descriptions anciennes et de la topographie historique du site. Elles situent la chapelle dans le périmètre ou à proximité immédiate de l’ancienne « réserve d’Ailleboust », un terrain d’environ un arpent que s’était réservé le gouverneur Louis d’Ailleboust en 1649, délimité par les actuelles rues De Buade, du Fort, Sainte-Anne et du Trésor..

En l’absence d’indications précises dans les sources de l’époque, la localisation exacte de la chapelle demeure incertaine, malgré les recherches documentaires et archéologiques menées aux .

Fonctions et usage La chapelle Champlain est étroitement associée à la sépulture de Samuel de Champlain et a principalement une vocation funéraire.. À la suite de l’incendie du qui a détruit l’église Notre-Dame-de-Recouvrance et la maison des jésuites, la chapelle où était inhumé le fondateur de Québec est reconstruite et apparaît comme étant le seul édifice rebâti sur le site. Elle accueillera à nouveau les restes du fondateur de la ville à partir de 1640-1641.

L’édifice semble avoir été conçu avant tout comme un lieu rattaché à la mémoire de Champlain plutôt que comme un espace destiné à un usage collectif régulier. Les sources disponibles ne mentionnent pas d’activité soutenue ou de fonction institutionnelle autre que celle destinée à la conservation de sépultures.

Associée à la figure de Samuel de Champlain, la chapelle acquiert vraisemblablement une portée symbolique au sein de la colonie. Toutefois, cette dimension mémorielle demeure peu documentée dans les sources de l’époque. La rareté des mentions et l’absence d’indices relatifs à un entretien durable indiquent que son importance restait limitée.

Au cours de la seconde moitié du , la chapelle semble perdre progressivement toute fonction identifiable et son démantèlement s’inscrit dans un contexte de réorganisation de l’espace urbain de Québec.

Historiographie et recherches L’existence de la chapelle Champlain et sa localisation précise ont longtemps fait l’objet d’un intérêt limité dans l’historiographie de la Nouvelle-France. Les sources du ne la mentionnent qu’à de rares reprises et sans indication topographique précise, ce qui contribue à un oubli progressif de l’édifice.

La redécouverte au et la « querelle des antiquaires » alt=Henri-Raymond Casgrain|gauche|vignette|230x230px|Henri-Raymond Casgrain alt=Charles-Honoré Laverdière|vignette|229x229px|Charles-Honoré Laverdière Au milieu du , la découverte de documents dans les archives de la fabrique Notre-Dame de Québec par les abbés Charles-Honoré Laverdière et Henri-Raymond Casgrain, ainsi que la mise au jour fortuite, au pied de l’escalier casse-cou, d’une voûte contenant des ossements, relancent l’intérêt pour la chapelle et pour la sépulture de Samuel de Champlain. Les deux abbés associent alors ces vestiges à la chapelle Champlain.

Cette interprétation donnera lieu à une controverse historiographique connue sous le nom de « querelle des antiquaires », opposant principalement Laverdière et Casgrain à l’imprimeur Stanislas Drapeau, ce dernier affirmant avoir été le premier à formuler l’hypothèse reliant ces vestiges à la chapelle.. La querelle, qui a fait l'objet de nombreux articles dans la presse et des brochures historiques, suscite un intérêt public important et ravive les débats entourant la sépulture de Champlain.

La découverte ultérieure d’un document d’archives interprété comme situant la chapelle dans le secteur du carré d’Ailleboust entraîne toutefois un déplacement des recherches vers la Haute-Ville de Québec.. C’est dans ce contexte que, dans le sillage d’Henri-Raymond Casgrain, qui a entre-temps modifié ses conclusions, d’autres chercheurs, dont Narcisse-Eutrope Dionne., Thomas O’Leary. et Ernest Myrand., proposent à leur tour diverses hypothèses de localisation.

Les recherches du